‹ Les cloches de CornevilleChapitre 9 sur 78 · CR, SE · texte numérisé non relu

CR, SE

LE BAILLI

è di ns JEANNE.

+ C’est bon, on s’en va, monsieur le bailli. | ME MARGUERITE. Me Mais pas pour nous apprêter.

de Le # SUZANNE. 6 Ë ee Hi Non, pour raconter ça à tout le pays SRE GERTRUDE. | __ Vot servante, monsieur le bailli. F ie MANETTE, bas aux autres. | ea C'est égal, il est arrivé à propos, le baïlli. | au (Sortie générale). -3 Re PS F4 LS SCÈNE V à 1 fan | ASS LE BAILLI, GASPARD. TE VAT 4 LE BAILLI, L : Bête, faut-y qu'ilsoit bête. Oh! oui, elle avait bien raison | ; ce GASPARD, rentrant essoufflé. "4 à Eu 4 Ah! la misérable, mais je la rattraperai. AR. LE BAILLI.

or Fa Bah! empêcherez-vous les propos et ne sont-ils pas just1-"

fiés par la manière dont votre nièce elle-même vient de me

PP iCtraiter.

BAT + GASPARD. ec 4 Allez, allez, marchez, les jeunes filles sont toujours comm es ça, elles disent non ajpour qu’on di force à dire oui. D’ail-

£ : FA son innocence lui permettrait de vous le dire. ie LE BAILLI.

| Que bruit ae M. le bailli ?

LE BAILLI, 2

co Ne faîtes donc pas l’ignorant; on dit que Germaine aime , Jean Grenicheux. FER SF GASPARD. é Jean Grenicheux!.... ah! malheur... Jean Grenicheux, un propre-à-rien qui, de cocher qu'il était, quand ÿ n’gagnait pas grand’chose, s’est fait pêcheur d’écrevisses pour ne plus rien gagner du tout. Jean Grenicheux, un vaurien qui g: n’ pourrait pas tant seulement acheter la corde qui doit le. | pendre un jour. St LE BAILLI. Fr

C’est un vaurien, je vous laccorde; mais il est jeune, it est gentil garçon, et puis il a sauvé la vie à votre nièce, et : - dame. LÉ GASPARD.

nièce qu'il a énee Van auriez fait ça? J'aurai fait gas NS tout le monde aurait fait ça.

LE BAILLI, Tenez, maître Gaspard, quand j pense à tout ce que vous - avez fait d’ puis trois mois pour m’amener où je suis... GASPARD.

Quoi donc qu’ j'ai fait, M. le bailli ?

’ LE BAILLI

Eh morbleu! je puis être ridicule, mais je ne suis pas . aveugle, et pour vouloir que épouse votre nièce, il a fallu. - | 2

PRE r £

GASPARD

LE BAILLI. % Fee Je e vais vous le dire ce qu’il a fallu. Lorsqu'à à mon arrivée à - Corneville, où je venais remplacer votre ami Fabrice, l’an- | cien bailli, je vous ai demandé des renseignements sur le chà- = teau de nos anciens seigneurs, vous ne m'avez pas dit que K

séquestre mis sur les propriétés du marquis avait été levé PE

le roi lui-même.

GASPARD, à part.

D: it qu'y s mêle...

LE BAILLI

Et que voilà près de vingt ans que vous touchez dés baux et que vous administrez, en votre nom, des terres qui ne 7 ee appartiennent pas.

GASPARD, Et à qui donc qu’elles appartiennent? %

LE BAILLI, 4 ne qui ?

GASPARD

Ë AU marquis? Eh ben, où est-il, notre bon seigneur ? Si vous le savez, monsieur le bailli, rendez-moi le service de me le

| : dire. & \ LE BAILLI. ; Oui, oui, vous espérez que le marquis ne reparaîtra pas, et :

: à étest probable, il avait plus de soixante ams quand il s’est Las une de ce pays; mais il avait un petit-fils, il pouvait avoir . d’autres héritiers. Et si l’un d’eux venait vous redemander

des comptes...

GASPARD

Eh ben, qu’ils viennent, qu'ils viennent donc, Jésus bons . Dieu de la miséricorde divine. Allez, allez, marchez, monsieur lebailli. C’qu’a fait le père Gaspard est honnêtement, loyalement et lég galement fait : Quand nos seigneurs ont quitté le er en me laissant de pleins-pouvoirs, les Espagnols et les . . Hollandais étaient à nos portes et j'étais resté seul pour dé-! |fndre le bien de nos maîtres. Il y a vingt ans de cela. Eh.

POP RES tige SNS à: 6.

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MAS. Pico ti ; Lab Le

bent qu ils reparaissent, et ir re fédrs terres, Par- ù

| gent de leurs fermages, avec les intérêts des intérêts, 1 res. ouveront tout! 4 CO

F2 LE PAILLI, 4 Tant mieux s’il en est ainsi, et ce que vous me dites-là va

me déterminer à faire un grand acte d’autorité,

GASPARD

Vous allez faire un grand acte? LT 0 LE BAILLI, ;

Je vais écrire à la Prévôté pour faire ouvrir les portes de ce château maudit.

GASPARD, Juste ciel, vous voulez déchaîner sur le pays les fantômes | qui sont là-dedans! mais il y a du danger.

LE BAILLI. PR Oh! je ne me fais pas plus brave que je ne suis, mais le danger je m'en moque... moralement, Ce n’est que physi- d quement qu’il m’effraye, toutefois, je conviens que ce que j'ai vu, vu de mes propres yeux, m'a terrifié. Ce château des anciens marquis de Corneville, dont les portes sont fermées depuis si longtemps, ce château est habité, c’est incontestable. < GASPARD. ®- S'il est habité. … Ah! tenez, Je ne suis pas un n poltron, moi,

Hollandais, ni les Espagnols ne m'ont fait peur, et que pas | DA un instant dans ma vie je n’ai reculé devant un danger. On vous dira même que lorsqu'une lumière est apparue pour la première fois aux croisées du château, on m'en a vu rire, A #1 ceux qui parlaient de revenants, je répondais : Allons donc, CA c’est des farceurs ou de hardis coquins qui ont un intérêt à nous faire peur, et alors. à la #”"e des plus braves du pays, j'ai : voulu chasser les bandits ou les mauvais plaisants, mais toutes

les portes étaient fermées, personne, depuis vingt ans, n'avait pu pénétrer dans le château, ni par la place, m1 par la rivière, -

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ni par 18 portes, ni par Lee enétiese A faut que ceux qu * l’habitent y viennent du ciel ou de l'enfer; alors j'ai eu peur comme les autres... Oh! votre idée n’est pas nouvelle, défunt l'ancien bailli voulait aussi prévenir la prévôté, mais les habi- -tants du pays l'en ont empêché. Les esprits ne nous font pas - de mal, n’cherctions donc pas à leur en faire. Ce serait Jouer

trop gros jeu, ne faites pas ça, monsieur le bailli, ne faites

. pas ça.

FE LE BAILLI

. Eh bien! si, Je le ferai, et bien plus, quand je pense que moi, un homme chargé de représenter le pouvoir, je me suis laissé ensorceler par une charmeuse qui fait de moi un 1mbécile, un être ridicule (répondant à une dénégation muette

de Gaspard), oh! je sais ce que je vaux, il y a des moments.

où je suis tenté d’aller ouvrir le château moi-même et tout seul, afin que les esprits m'empertent à tous les diables.

GASPARD

- Voyons, voyons, monsieurle bailli, calmez-vous, c’est Germaine qui vous met dans cet état-là. Eh ben, voyons, Germaine, ne l’épousez-vous pas dans trois jours? Sa robe de noce est prête.

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