SCENE
CAROLINE, à p»rt.
Papa a l’air bien disposé;... si j’osais... (Haut.) Petit père, te souviens-tu du bal de bienfaisance auquel tu m’as menée cet hiver?...
MOU LI NARD
Ah! oui!... le bal des comptables... J’y ai attrapé une indigestion de sirop de groseille... On n’oublie pas ces choses-là.
CAROLINE
Te souviens-tu d’un jeune homme avec qui j’ai valsé trois fois ?
MOULIN ARD
Non, je n’ai pas remarqué.
CAROLINE
Eh bien, as-tu remarqué chaque fois que nous sortons, un jeune homme qui se trouve là... par hasard?...
MOULIN ARD
Ah çà ! où veux-tu en venir ?
CAROLINE
Peut-être a-t-il des intentions...
MOULINARD.
Quelles intentions? t’aurait-il adressé la parole... par hasard ?...
CAROLINE
Oh ! non!... il est bien trop timide...
MOULIN ARD
Eh bien ! alors ?
CAROLINE
Eh bien!... il n’ose pas, voilà tout!...
MOULIN ARD
Qu’est-ce qu’il n’ose pas?... tu es là à tourner autour du pot;... tu m’ennuies à la fin...
CAROLINE
Ah ! si tu te fâches...
MOULINARD.
Bon! voilà que je me fâche à présent!... Les enfants sont étonnants, ma parole d’honneur;... parce que tu as rencontré un monsieur au bal des comptables, te voilà à supposer des choses... Veux-tu que j’aille lui tirer les oreilles ?
CAROLINE
Oh! papa!... Un jeune homme qui a l’air si distingué...
MOULINARD.
Ma fille! apprenez que par le temps qui court, ça ne signifie absolument rien. Aujourd’hui, quand un gredin monte sur l’échafaud, tous les journaux vantent sa distinction...
VOIX d’olympe, dans U coulisse, i droite'
Caroline ! Caroline !