‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 148 sur 246 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

lut une lettre ' où il accusait Blanqui d'être l'instigateur des troubles, u Déjà, ajoutait-il, il a été question de mettre ce chef de club et ses lieutenants, les citoyens Flotte et Lacambre, en état d'arrestation. Pour cela je demande que le Gouvernement provisoire veuille bien m'en envoyer l'ordre. Je prendrai les précautions nécessaires pour que ces arrestations soient faites sans éclat, s'il est possible. » Mais les membres du Gouvernement n'étaient pas d'accord ; Lamartine s'opposait à l'arrestation de Blanqui - ; elle lui semblait une faute qui n'aboutirait qu'à le grandir; de plus, il voulait arriver sans persécution d'aucune sorte à l'Assemblée nationale ; d'ailleurs, confiant dans l'influence qu'il croyait exercer sur Blanqui, il le craignait moins que ne le faisaient les autres membres du Gouvernement. Au milieu de la discussion, le Conseil reçut une nouvelle lettre de Caussidière ^ ; il insistait sur la nécessité d'arrêter Blanqui et signalait un complot qui devait éclater le lendemain. Cette insistance ne fit que rendre Lamartine plus opiniâtre dans sa résistance ; on dut voter ; Lamartine vota contre l'arrestation et refusa d'en signer l'ordre ; mais la majorité ne se rangea pas à son avis^, et Crémieux rédigea immédiatement le mandat d'amener ■*. Le lendemain, cependant, pendant la fête delà

1. l^ubliée par Garnier-Pagès (op. cit., t. V, p. 3'i-35j, avec la date du 19 avril, et par la Commission d'enquête (t. I", p. 171), avec la date du 19 mars, ce qui est évidemment une erreur, puisqu'il est question dans la lettre des événements du 16 avril.

2. Garnier-Pagc'S, op. cit., t. V, p. 86-37; Caussidière, op. cit., t. II, p. 5o ; Lamartine, op. cit., t. II, p. 202.

3. Publiée par la Commission d'enquête (t. I", p. 171), avec la date du 19 avril, par Garnier-Pagès (op. cit., t. V, p. 87), avec la date du 17 avril, ce qui est une erreur, puisque Caussidière en parlant dans cette lettre de la revue du 30 avril dit « demain pendant la revue » ; cette lettre est donc, comme la première, du 19.

4. Selon Garnier-Pagès (op. cit., t. V, p. 38], Lamartine et Albert repoussèrent l'arrestation, Louis Blanc et Ledru-RoUin la votèrent avec la majorité du Conseil. Selon Carteret (Commission d'enquête, t. I", p. 3^8), Louis Blanc aurait résisté opiniâtrement. Suivant Caussidière (op. cit., t. II, p. 5o), les signatures de Louis Blanc et d'.\.lbert, momentanément absents du Conseil, et celle de Lamartine, qui l'avait obtinément refusée, manquaient à l'ordre d'arrestation.

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