CHAPITRE nUATRIEME
C'est au milieu de cette surexcitation, de ces craintes exaspérées, de ces haines, que se réunit l'Assemblée nationale. Sa composition, ses premiers actes, son attitude déchaînèrent la crise que le Gouvernement provisoire avait réussi à conjurer. Tout de suite, il apparut que les clubs ne céderaient pas ; chaque jour leur irritation croissait avec l'irritation générale : elle devait aboutir à une manifestation tumultueuse, le i5 mai.
Avant même qu'elle ne se réunit, le club de la Révolution, si nous en croyons U Assemblée nationale*, adopta une mesure de défiance à regard de l'Assemblée : les mai, il vota à l'unanimité la proposition u d'inviter les membres du Gouvernement provisoire à conserver par mesure dictatoriale l'exercice du pouvoir exécutif, jusqu'à ce qu'ils aient vu l'Assemblée nationale à l'œuvre, jusqu'à ce qu'ils sachent si réellement elle mérite la confiance des Aurais républicains ».
Ce n'était pas là une motion inattendue ; on savait les clubs socialistes hostiles à l'Assemblée issue des élections d'avril. On allait même jusqu'à dire que ces clubs avaient songé avant les élections à ne pas accepter l'Assemblée si elle ne proclamait pas la République. C'est toujours la Société républicaine centrale que les accusations de violence visaient particulièrement et c'est à elle surtout qu'on prêtait des projets coupables contre l'Assemblée. Selon Degousée^, o des orateurs y posaient tous les jours cette question : si l'Assemblée nationale ne proclame pas la République, que faudra-t-il faire •* >^ Une telle question ne semble pas cependant avoir été réellement posée. « Violer l'Assemblée nationale, c'était abdiquer pour Paris cette dicta-