‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 209 sur 246 · CHAPITRE COQLIEME IQQ · texte numérisé non relu

CHAPITRE COQLIEME IQQ

Par suite d'options, de démissions, et d'une élection annulée, le département de la Seine se trouvait devoir élire onze représentants du peuple le \ juin.

Le parti socialiste n'oublia pas la leçon des premières élections ; une des causes de l'échec des candidatures socialistes à Paris avait été le manque d'union. Aussi l'idée d'adopter une tactique d'union était-elle très répandue dans le parti socialiste au moment des élections complémentaires'. Différents journaux la préconisaient 2.

La politique de fusion trouva cependant des adversaires dans le parti socialiste, notamment parmi les blanquistes 3, semble-t-il.

Au contraire la politique d'union fut soutenue par le club de la Révolution. Pour les élections d'avril il avait cherché à organiser un club central qui manifestât l'opinion des clubs démocratiques ; pour les élections complémentaires, il voulut faire mieux, unir les républicains de toutes nuances, sans distinction, républicains socialistes et républicains modérés.

« Il est indispensable que l'on s'entende pour n'avoir qu'une seule liste à présenter aux suffrages populaires, dit le citoyen

1. Les délégués du Luxembourg et des ateliers nationaux adhérèrent à la même liste (Vraie République et Représentant du Peuple, i" juin, etc.).

2. Père Duchéne, n° du 28 au 3o mai ; Travail, 3o mai et 1" juin ; Courrier français, 3 juin : Représentant du Peuple, 3 juin.

3. Le Père Dac/teAit" ayant, conformément à la politique d'union, remplacé sur sa liste Blanqui par Lagrange, Eugène Fomberteaux lui dit : «Encore quelques actes de condescendance comme celui que tu viens de commettre, et c'en est fait de toi. » {Père Duchéne, n' du 4 au 6 juin.)

Blanqui lui-même ne manifesta pas son opinion en juin ; mais en novembre il combattit la politique d'union (Cf. manuscrits, liasse I b^, p. 334, A l'union des vrais démocrates !). La constance avec laquelle Blanqui s'était, dès le début de la Révolution, déclaré partisan de la politique d'homogénéité permet de croire que c'est aussi cette tactique qui lui semblait devoir être adoptée en juin.

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Jouy', et, pour cela, je demande que tous les républicains vraiment démocrates, qui vont se mettre sur les rangs, s'engagent à se désister pour ceux d'entre eux qui, dans les élections préparatoires, auront réuni le plus de suffrages ; sans quoi je ne les crois pas dignes d'être honorés du nom de démocrates. » Le citoyen Langlois alla plus loin : n II faut que tous les républicains se réunissent, malgré les nuances qui peuvent les séparer, dit-il. C'est la République qui est en question ; n'abandonnons pas la République aux républicains du lendemain... Il y a lutte : d'un côté la République, de l'autre la royauté... Si donc nous ne choisissons pas dans notre propre parti, nous serons battus ; or, notre parti, c'est avant tout la République ; hé bien ! Le National est évidemment pour la République ; je propose donc aux journaux de notre couleur, aux socialistes, de faire alliance avec Le National ; c'est de la politique, c'est de la bonne politique. Oublions nos querelles de famille, pour nous unir contre l'ennemi commun. » — u Plus de cette manie d'exclusion qui n'aboutit que contre nous, dit Landolphe. A quoi bon faire chapelle à part, et élever autel contre autel ; c'est impolitique et maladroit. Liguons -nous pour sauver la République; l'union fait la force... En conséquence, citoyens, pour repousser toutes les restaurations possibles : empire, royauté ou régence, votons pour des républicains non socialistes plutôt que de laisser mettre en question l'existence de notre chère République. »

Seul le citoyen Sédailles combattit la tactique d'union - : « Pas de transaction, pas de fusion, dit-il ; il y a incompatibilité complète entre Le National et La Réforme ; et si la République est compromise. Le National doit l'avoir sur la conscience. »

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