CHAPITRE DEUXIEME
niallienreiix paysans, réduits à la condition de serfs, deviendraient le marchepied des ennemis qui les oppriment et les exploitent.
Notre àme s'indigne à la pensée que les oppresseurs puissent ainsi recueillir le bénéfice ' de leur crime ; c'est un sacrilège de faire mentir à leur propre salut dix millions d'hommes, d'arracher à leur inexpérience la sanction de leur esclavage. Ce serait un défi par trop insolent aux barricades de Février.
Le peuple ne sait pas ; il faut qu'il sache. Ce n'est pas l'œuvre d'un jour, ni d'un mois. Lorsque la contre-révolution a seule la parole depuis cinquante ans. est-ce donc trop de l'accorder une année peutêtre à la liberté, qui ne réclame que la moitié de la tribune, et ne mettra pas, elle, la main sur la bouche de son adversaire-?
Il faut que la lumière se fasse jusque dans les moindres 3 hameaux *. il faut que les travailleurs redressent leurs fronts courbés par la servitude et se relèvent de cet état de prostration et de stupeur, où les castes dominantes les tiennent, le pied sur la tôte.
Et ne dites pas que nos craintes sont chimériques. Les élections, si elles s'accomplissent, seront réactionnaires. C'est le cri universel». Le parti royaliste, le seul organisé grâce à sa longue domination 6, va les maîtriser par l'intrigue, la corruption, les influences sociales ; il sortira triomphant de l'urne '^.
Ce triomphe ce serait la guerre civile, car Paris 8, le cœur et le cerveau de la France, Paris ne reculera pas devant le retour offensif du passé. Réfléchissez aux sinistres conséquences d'un conflit entre la population parisienne et une Assemblée qui croirait représenter la nation, qui ne la représenterait pas ; carie vote de demain sera une surprise et un mensonge.
Que votre prudence épargne à la France de tels périls ^. Laissez le peuple naître à la République ; il est encore emprisonné dans les langes étouffants "^ de la monarchie.
Ajournement des élections, c'est le cri des Parisiens ^^.