‹ Les Coaptations sexuelles des OniscoideaChapitre 41 sur 74 · Différents stades du développement · texte numérisé non relu

Différents stades du développement

Le développement de la coaptation s'effectue en l’espace de quatre mues séparées par des intervalles de 10 à 20 jours.

L’apophyse génitale apparaît à la 4° mue sous la forme d’une minuscule saillie semi-circulaire de la partie médiane de la membrane reliant le 7° stermite thoracique au 1°" stermite abdominal. Parallèlement les endopodites 1 s’allongent légèrement, tout en conservant la forme triangulaire qui caractérise les stades précédents et qui se perpétue sans grands changements chez les femelles. Les endopodites encadrent l’apophyse génitale. La moitié proximale de leur face interne entre en contact avec cet organe.

Examiné en coupes transversales sériées l’ensemble des trois organes offre l’aspect suivant : l’apophyse génitale présente une section triangulaire isocèle, dont les côtés sont accolés à la face interne des basipodites 1, puis des endopodites 1. Il s’agit là d’une coaptation par juxtaposition (fig. 134).

Les. canaux déférents, visibles dans les coupes proximales, s'estompent peu à peu dans les coupes suivantes : leur lumière centrale diminue et disparaît peu avant l’extrémité de l’apophyse. A ce niveau il n'y a plus à proprement parler de coaptation ; les endopodites 1 n’entrent en contact avec l’apophyse que par leur angle sternal-interne.

A la mue suivante — la 5° — les endopodites 1 et l’apophyse génitale s'allongent. L'apophyse se présente sous la forme d’une languette arrondie à son extrémité qui arrive au niveau du bord distal des exopodites r. Les endopodites r n’ont encore à ce stade

que la forme d’une simple lame triangulaire très étirée. Sur une petite portion de leur surface ventrale une mince rainure court le long du bord interne. Dans cette rainure vient se loger le rebord correspondant de l’apophyse génitale. En coupe transversale cette dernière apparaît triangulaire au niveau des basipodites, ses côtés sont accolés à la face interne de ces articles. Au niveau des endopodites, dans la partie proximale, la partie ventrale aplatie de l’apophyse fait légèrement saillie sur la fate interne des endopodites. C'est la première amorce du bouclier. Celui-ci se continue jusqu’à l’extrémité de l’apophyse en s’individualisant de plus en

Fig. 13. — Porcellio dilatalus. COAPTATION APOPHYSE GÉNITALE-ENDOPODITES 1 (Coupes transversales). a : 4e mue (X 214); b etc : 5e mue (X 166); mêmes notations que figure 1.

plus. Au niveau de la rainure submarginale des endopodites, qui présente en coupe l'aspect d’une encoche, le bord du bouclier est recourbé et se loge dans l’encoche. Au niveau de l’extrémité de la rainure l’angle ventral interne des endopodites présente en coupe l'aspect d’un condyle dont la tête est régulièrement arrondie. L’encoche, très réduite, est située à la base du condyle (fig. 13b etre}.

A ce stade les trois organes sont donc reliés par une coaptation par engrenage. I est à noter que les canaux déférents ne s’ouvrent toujours pas à l’extrémité de l’apophyse : leur lumière centrale disparaît peu avant cette extrémité. |

Chez certains individus, de taille plus forte, les endopodites 1 plus allongés présentent une ébauche de différenciation du côté

SO

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dorsal sous la forme de stries convergeant vers la pointe de l’arücle. L’apophyse, plus effilée, a une forme de fer de lance. Les bords de son bouclier pénètrent dans une rainure qui s’étend sur une plus grande longueur des endopodites : la moitié environ de leur course.

À la 6° mue lapophyse génitale prend sa forme définitive : bouclier en fer de lance, corps de l'apophyse globuleux terminé par une languette mince dépassant légèrement la pointe du bouclier. De même les endopodites 1 ont acquis la forme adulte et se terminent par un stylet effilé présentant du côté dorsal une gouttière spermatique bien individualisée. A ce stade apparaît dans la région proximale de cette gouttière le début de la rangée de soies en dent de scie (Führungssäge de Vernogrr). Le lorg du bord interne apparaissent les lamelles latérales creusées par une gouttière où se logent les bords recourbés du bouclier de l’apophyse génitale.

Examinée en coupe transversale la coaptation est très voisine de celle qui a été décrite chez l’adulte. La section des lamelles latérales affecte la forme d’un condyle à tête recourbée mais la base de celui-ci n’est pas étranglée entre le rebord du bouclier et le corps de l’apophyse : 1l y a simplement engrenage et non assemblage des trois organes.

A la 7° mue se complètent les différenciations amorcées précédemment : la gouttière spermatique dorsale est bordée du côté interne par une crête coiffée de soies acérées agglutinées en paquets.

C’est à cette mue que débouchent à l’extérieur les canaux déférents de part et d'autre de la pointe du bouclier de l'apophyse génitale à la base de la languette terminale.

Les trois organes sont coaplés partiellement par assemblage : une fois accolés, il devient impossible au bout de quelques jours de les séparer avec une aiguille sans déchirer la lamelle latérale des endopodites. Sur lanimal vivant du moins car sur des animaux conservés dans l'alcool les trois organes sont aisément séparés. Il semble qu'intervient, en plus de l’assemblage restreint à une zone encore peu étendue, un collage des trois organes par une substance visqueuse sécrétée par les glandes cutanées très abondantes chez les Oniscoïdes.

La 7° mue coïncide également avec l’apparition de la forme adulte des endopodites 2. Par contre aucun caractère sexuel secon-

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daire n'est encore visible sur les péréiopodes. Les brosses de soies des péréiopodes 1 et 2 apparaissent à la mue suivante, tandis que les 3° et 7° péréiopodes ne se différencient qu’à la 9° mue.

En résumé, étude du mode de développement de la coaptation nous a montré :

1° Une succession dans le temps chez un même individu des trois ‘formes de coaptation observées chez certaines espèces à l'état adulte: coaptation par juxtaposition} coaptation par engre- nage, coaptation par assemblage. Il semble donc exister un certain parallélisme entre le développement ontogénique et l’évolution phylogénique de la coaptation.

2° Une évolution simultanée des différenciations antagonistes des endopodites 1 et de l'apophyse .génitale. Ces formations apparaissant au contact l'une de l’autre, il semblerait que leur naissance ne pose pas de problème comparable à celui qu'ont signalé Cuénor et Corser (1931) chez les Insectes. Je reviendrai sur ce point lors de l’étude du mécanisme de formation des coaptations.

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