‹ Les Coaptations sexuelles des OniscoideaChapitre 69 sur 74 · I. — Résultats de l'étude anatomique · texte numérisé non relu

I. — Résultats de l'étude anatomique

Coaptation apophyse génitale-endopodites 1.

1. Cette coaptation existe chez les 7richoniscidæ : simple juxtaposition des trois organes chez certaines espèces ; engrenage des trois organes chez d’autres espèces. Dans ce dernier cas l’apophyse génitale ou les endopodites 1 sont seuls différenciés. k

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2. La méconnaissance de cette coaptation, jointe à une erreur anatomique sur la position respective de l'apophyse génitale et des endopodites 1 des 771choniscidæ, a conduit les systématiciens à employer une nomenclature impropre pour désigner les superfamilles des Æuoniscoïdea. J'ai dû en proposer une autre ren lbean le terme d'Endophora (Vernoerr) par le terme de Synocheta (= canaux déférents soudés) (7richoniscidiæ et Buddelundiellidie) et celui d'Embolophora (Vernoërr) par le terme de Crinochela (= canaux déférents distincts) (£uoniscoidea supérieurs).

3. Chez les Crinocheta os l’apophyse ,génitale est différenciée en même temps que les endopodites 1. Les détails complémentaires, bouclier de P apophyse génitale et lamelles latérales ventrales des endopodites 1, sont très voisins de ceux observés isolément pour la coaptation des Trichoniscidi.

4. L'union des trois organes varie suivant le niveau considéré; d’avant en arrière on observe une simple juxtaposition, puis un engrenage, un assem-. blage (union durable dans l'intervalle des mues) puis un engrepage avec ‘chez les formes supérieures, des dents d’engrenage semblables à celles des insectes.

5. Chez les formes inférieures appartenant à la famille des Scyphacideæ on observe soit une simple juxtaposition des trois organes (Deto) soit un engrenage (Scyphax, Armadilloniscus) annonçant la coaptation perfectionnée des formes supérieures.

6. Les études incomplètes d’ArcanGezt et de VerHOErr ont conduit ces deux auteurs à une interprétation fausse de la copulation.

Les endopodites 1 ne peuvent jouer en aucun cas le rôle d'organes copulateurs proprement dits et ne font que transmettre le sperme de l’apophyse génitale, solidaire de leur rotation lors de la copulation, aux endopodites 2 qui peuvent seuls pénétrer dans les orifices génitaux femelles.

Coaptation d'accrochage des endopodites 1.

7. Chez certains 7’richoniscidie et chez Deto, la coaptation par juxtaposition de l’apophyse génitale et des endopodites 1, incapable d’assurer la solidarité des trois organes pendant l'érection, est doublée d’une coaptation reliant solidement la partie proximale des endopodites 1. -

8. Les détails complémentaires sont des lamelles latérales dorsales existant indépendamment de toute coaptation chez de nombreuses espèces.

Appareil de rétention de l’appendix masculina.

9. Chez les 7richoniscidæ supérieurs et certains Crinocheta supérieurs, l'extrémité de l’endopodite du 2° pléopode est logée, à l’état de repos, dans une gouttière marginale de l’exopodite du pe pléopode fermée par l’enroulement des deux pellicules de chitine. Cette coaptation disparait chez les formes les plus évoluées des Crinocheta supérieurs.

Pinces préhensiles du°7e péréiopode.

10. Les différenciations composant la*pince préhensile du 7e péréiopode de certaines espèces s’observent isolément, ou simultanément mais en l’absence de toute coaptation, chez de nombreuses espèces voisines.

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Il. — Développement et étude expérimentale.

11. Pour toutes ces coaptations les détails complémentaires se développent chez le jeune soit côte à côte soit isolément pendant la phase de la croissance précédant la maturité sexuelle,

12. L'étude expérimentale du développement, de la régénération et du déploiement de chaque organe en l'absence de son vis-à-vis a établi que, même dans le cas d'un développement côte à côte (coaptation apophyse génitale-endopodites 1), il n’y a pas moulage réciproque initial.

13. Les formes correspondantes fondamentales peuvent ne réaliser qu'une coaptation grossière, ou aucune coaptation.

14. Dans tous les cas les formes correspondantes initiales, venant en contact l’une de l’autre après le rejet de l’exuvie (1re phase) se moulent étroitement lors du gonflement des organes (2e phase) et cette entrée en corrélation mécanique transforme la correspondance grossière en coaptation précise qui s’achève lors du dépôt des strates de chitine (3e phase).

15. Cette entrée en corrélation mécanique adapte les contours et peut créer des détails nouveaux qui ne participent pas toujours à la coaptation. La coaptation est d'autant plus précise que le moulage réciproque finalest plus accentué.

16. Pour certaines coaptations l’état parfait, acquis à la mue de puberté, ne se maintient pas au cours du développement ultérieur. La nature indépendante des deux moitiés de la coaptation se manifeste par une destruction partielle de leur correspondance consécutive à des allométries de croissance des organes complémentaires.

17. Dans des cas particuliers de la régénération J'ai pu réaliser une coaptation en tous points semblable à une coaptation naturelle reliant des appendices, de formes correspondantes, mais normalement séparés (endopodites 1 des Crinochela supérieurs).

III. — Formation et évolution de ces dispositifs anatomiques.

18. L’anatomie comparée des £uoniscoïdea révèle que les détails complémentaires peuvent exister indépendamment l’un de l’autre : soit isolément, soit simultanément mais sans se correspondre.

19. Les coaptations qui paraissent indispensables à l'animal (coaptation apophyse génitale-endopodites 1 ou son succédané l’accrochage des endopodites 1) existent chez toutes les espèces et présentent une évolution progressive continue parallèle à l’adaptation des espèces aux climats secs.

20. Par contre les coaptations dont l'utilité est très problématique (toutes les autres) sont soit très rares (pinces préhensiles), soit présentes irrégulièrement, à évolution faible suivie d’une régression totale (emboïtement des endopodites 1 des Scyphacidiæ, appareil de rétention de l'appendix masculina).

21. Une revue rapide des coaptations décrites chez d’autres groupes d'animaux (crustacés, insectes, mollusques céphalopodes) a permis de retrouver les principaux traits des coaptations sexuelles des ÆZuontscoïded.

22. La nature ectodermique des détails composant les coaptations, leur apparition brusque et tardive au cours de l’ontogénèse, leur existence indépendante dans des lignées parallèles, les rapprochent des produits de certaines mutations germinales.

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23. La réalisation d’une coaptation parfaite peut être envisagée comme résultant de la coexistence de détails apparus isolément et généralement à la même place chez certaines espèces (mutations homologues).

24. L’obtention d’une coaptation expérimentale reliant des organes de forme correspondante, mais normalement séparés, montre qu’une coaptation apparaît au cours de l’ontogénèse par suite de l’entrée en corrélation mécanique fortuite et heureuse d’ébauches indépendantes. |

25. Il est également possible que certains dispositifs coaptatifs soient sous la dépendance d’une mutation unique modifiant un détail préexistant tout en faisant apparaître le détail complémentaire (pinèe préhensile de 7richontscoides cadurcencis furcillatus).

26. La sélection darwinienne est seule capable de faire comprendre de façon rationnelle comment une telle disposition, qui peut être d'emblée fonctionnelle, peut être conservée et peut évoluer progressivement lorsqu'elle est utile, ou au contraire régresser au cours de l'ontogénèse ou de la phylogérèse quand elle est inutile.

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