‹ Les coccidés utilesChapitre 7 sur 21 · C. radiatus Costa, élat Jeune · texte numérisé non relu

C. radiatus Costa, élat Jeune

Columnea testudinata Targioni-Tozzetli.

Cette espèce est connue depuis bien longtemps. Théophraste (1) la mentionne déjà et lui attribue la rouille du Figuier et d’autres arbres. Fabio Colonna (2) la signale aussi ; il la décrit et la figure sous le nom de Lepas myrti, comme un animal « quod morbus est, aut scabies, sive impetigo arborum et fruticum, idemque animal est ex morbo myrti genitum testudinatum. » Ce même auteur remarque en effet fort bien les dessins en forme de tessellature qui font ressembler cet Insecte à une petite Tortue ; il se complaît à décrire son élégante carapace : animal « effigie testitudinis terrestris, illiusque more tabellis angulosis constructum, colore cinereo ad purpuram inclinante. »

Après Columna, Gestoni (3) et Boccone (4) parlèrent encore de

(1) Théophraste, De causis plantarum, lib. V.— De plantis, lib. IV.

(2) Columna, De purpura, p. 11. — Ch. VI : Lepas exotica et variegata et Lepas nova myrti morbus.

(3) Cestoni, Lettera ad Vallisnieri, — Vallisuieri, Opera pot. IL.

(4) Boccone, Museo, I.

la Cochenille du Figuier, à propos des ravages considérables dont elle est l’auteur. Puis, Bernard (1) donna sur cet Insecte des détails exacts et intéressants qu'Olivier reproduisit dans l’'Zncyclopédie méthodique. Aucun de ces auteurs ne parle du mâle.

L'espèce que nous décrivons ici vit en parasite sur le Figuier {(Ficus carica), comme le montre la fig. 3; on la rencontre aussi sur les Myrtes et sur le Petit-Houx (Ruscus aculeatus). Elle fait subir de graves désordres aux plantes sur lesquelles elle se fixe ; elle s'installe sur les feuilles, les rameaux, les fruits, et, sous son influence pernicieuse, l'arbre se dessèche et perd ses feuilles

prématurément.

Le Ceroplastes rusci (fig. 5) est donc au nombre des Insectes les

plus nuisibles. Pourtant, nous croyons devoir le mentionner dans ce mémoire, à cause de l’épaisse couche de cire dont il est habituellement recouvert (fig. 4). Cette Cochenille, qui est très abondante en Provence et dans tout le midi de l’Europe, donne à l’éther ou à l’eau bouillante 60 à 65 0/0 de son poids, d’une cire jaunâtre, ferme, complètement soluble dans l’éther, soluble en partie seulement dans Re et dont le point de fusion est compris entre 51 et 52° C

Fausto Sestini, qui en à fait une nu détaillée, lui assigne la composition suivante :

Matière soluble dans l'alcool à froid {céroléine).........,..... 51,3 Matière soluble dans l’alcool bouillant, fusible à 780C (acide CÉTOTIQUR TES eee ee ER MD Ce D SRE 42.7 Matière insoluble dans l’alcool, même bouillant (myricine ou palmitate de myricyle), fusible de 74:à 73°C.,.::,.:..:...... 35.2 Perte. :% 23% se SRE dE Us de ee GER TS 0.8

Cette cire diffère essentiellement de celle des Abeilles par une proportion beaucoup plus forte de céroléine, substance qui, d'après Gerhardt, ne serait point un composé défini. Du reste, le tableau comparatif ci-joint, fera bien ressortir les différences et les analogies.

Cire de l’Abeille. Cire de la Cochenille du Figuier. COrDISIDOS Ames an RE EU LS ER EN 51.33 p.100 Acide cérotique ..,..... 2 2 NP ER LES SN TE 2 12 Myricine impure....... 78 2) a PERCÉE + 35.2 FENTE AE ER PR, 211 0 PRE, sex NON 0.8

(1) Bernard, Mémoire sur le Figuier. Mém. de l’Académie de Marseille, p. 89, pl. I, fig. 14-21, 1773.

On fait venir à grands frais la cire que produisent certains Coccidés exotiques. Puisque nous avons chez nous un Insecte qui donne cette subslance en si grande abondance, pourquoi donc

Fig. 3. La Cochenille du Figuier.

Gravure extraite des Éléments de Zoologie de M. H. Sicard ‘J.-B. Baillière, éditeur).

ne tenterions-nous pas de le cultiver et de le propager ? L'industrie y trouverait un réel avantage et nos contrées méridionales,

l'Algérie, par exemple, pourraient se créer de la sorte d'importantes ressources. :

Fig. 4 Fig. 5.

Ceroplastes rusci adulte, d’après Si- | Ceroplustes rusci débarrassé de sa magnoret. tière cireuse. D'après Signoret.

CEROPLASTES CERIFERUS Signoret.

SYNONYMIE : Coccus ceriferus Anderson, Fabricius, Walker, Westwood. Columnea ceriferus Targioni-Tozzetti.

Cette espèce, originaire des Indes, a été signalée, pour la première fois, en 1791, par Anderson, qui en a laissé une monographie détaillée. Nous eussions consulté ce travail avec intérêt, mais nous n’avons pu le rencontrer dans aucune de nos bibliothèques, non plus que l’année 1853 de Gardener's Chronicle, où se trouve un mémoire de Westwood sur ce même Insecte. Faute de ces indications, nous serons donc très bref.

En 1794, G. Pearson publia dans les Philosophical Transactions une étude chimique de la cire produite par le Ceroplastes ceriferus : il donne à cette substance le nom de laque blanche (whitelac).

Cette cire est plus pesante que l’eau, adhère fortement aux corps avec lesquels elle est mise en contact ; elle ne blanchit, ni au Soleil, ni en présence du chlore ; elle ne se saponifie pas par la potasse ; elle se dissout abondamment dans l'alcool, avec lequel elle ne forme pas un bon vernis; elle fond dans l’eau à 63° C. A l'état sec, elle a un goût salé et amer, et est molle et flexible dans la bouche. Il ressort pourtant du travail d'Anderson que le goût de

cette substance produite récemment est si « délicieux », qu'il est difficile d'empêcher les enfants et les autres personnes employées à la recueillir, d'en manger.

, Les indigènes des environs de Madras, du moins au temps d'Anderson et de Pearson, recherchaient en effet cette substance comme aliment. Les observations d’Anderson portèrent sur de prétendus nids d'Insectes que les indigènes allaient chercher dans les bois et qu'ils mangeaient avec avidité : ayant examiné ces nids d’un peu près, il reconnut que ce n’était autre chose que le revêtement cireux qui recouvrait le corps d’une espèce de Cochenille inconnue jusqu'alors.

Le Ceroplastes ceriferus (fig. 6) vit sur le Celastrus ceriferus,

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