‹ Les ColibacilluriesChapitre 26 sur 40 · I. Manière de conduire le traitement d’une colibacillurie · texte numérisé non relu

I. Manière de conduire le traitement d’une colibacillurie

Voici de quelle façon nous concevons le traitement des colibacilluries.

I. IL FAUT, EN PREMIER LIEU, PRESCRIRE UN TRAITEMENT -n'’épreuve. — Notre maître le D' Chevassu insiste beaucoup sur la nécessité de ce traitement préalable. Il comprend les temps suivants

1°) Repos absolu au lit.

2°) Chimiothérapie. — De nombreux produits ont été proposés :

L'urotropine et ses dérivés ou succédanés : urolformine, uraseptine, urométine. '

L'urotropine peut être administrée par voie buccale où sous forme d'injections intraveineuses.

Le collargol s’administre sous forme de potions ou de pilules. |

On a également expérimenté : le septacrol, la trypaplavine, le mercuro-chrome, 14 gonacrine, certains Corps à l’état colloïdal (Or, argent, manganèse). Ces derniers produits sont encore à l'êtude. Nous ne retiendrons que le collargol et l’urotropine et ses dérivés.

Nous donnons la préférence à l'uroformine (1 gr. 5o par jour), en raison de sa double action antiseptique et acidifiante. Les fortes doses nous semblent devoir être proscrites, certaines vessies sensibles supportant mal le dégagement de formol consécutif au dédoublement de l’urotropine.

Certains auteurs, pour favoriser l’action de l’urotropine, meilleure en milieu acide, adjoignent une thérapeutique

acidifiante (acide benzoïque, etc..….). L'urotropine seule nous à donné des résultats très satisfaisants.

3°) Régime alimentaire : diète liquide, puis semi-liquide, lait, tisanes, eaux minérales, bouillon de légumes, puis potages, purées, et reprise progressive de l'alimentation.

4°) Surveillance des. fonctions intestinales. Il faut proscrire formellement les purgatifs violents et ne retenir que l'huile de ricin. Donner à faibles doses, de façon régulière, puis discontinue, elle améliore et régularise le transit intestinal dans de remarquables proportions. Elle ne traumalise nullement la muqueuse intestinale. L'huile de paraffine pourra être associéé à l'huile de ricin dont elle complète les effets ou qu'elle remplace dans‘les cas d'intolérance.

5°) S'assurer qu'il n'existe pas d’obstacle sur le trajet des voies urinaires basses : hypertrophie prostatique, rétrécissement, justiciables de traitements spéciaux.

- Très souvent, ce seul traitement d’épreuve entraîne la disparition complète et durable de la colibacillurie,.

Ce sont ces cas dans lesquels tous les traitements font merveille... parce que la colibacillurie aurait guéri spontanément. Ils sont l'expression de décharges bactériuriques qui n'entraînent pas de lésions durables au niveau des mu-

queuses urinaires. ’

IT. APRÈS ÉGHEC DU TRAITEMENT D'ÉPREUVE, IL'FAUT INSTI- TUER UN TRAITEMENT ÉTIOLOGIQUE SÉVÈRE. — On est en présence d’une colibacillurie rebelle.

1°) Faire une radiographie de l'appareil urinaire, pour s’assurer qu'il n’y à pas de lithiase concomitante. Il nous a été donné de voir plusieurs malades traités depuis fort longtemps pour des colibacilluries rebelles et chez lesquels

Et ee

une radiographie a dépisté une lithiase rénale latente, raison d'entretien des cultures colibacillaires.

2°) Faire de nouveaux examens histo-bactériologiques, pour s'assurer que le colibacille n’est pas associé à une autre infection urinaire (tuberculose rénale en particulier).

3°) Etudier de près le tube digestif. C'est l'intestin qui constitue le point de départ habituel de la colibacillurie. Il convient donc d'étudier minutieusement le tractus digestif PÊtE dépister la nature des troubles dont il peut être le

ège.

La constipation mécanique, fréquente, est justiciable d'un traitement prolongé par les huiles de ricin ou de paraffine ou par des laxatifs doux. Suivant les cas, il convient d'y adjoindre un traitement antispasmodique à base de belladone ou un traitement opothérapique pour lutter contre l'insuffisance sécrétoire (bile, pancréatine).

Les entéro-côlites sont justiciables d'un régime sévère, de l'administration de ferments lactiques, de poudre’ de

charbon. :

Certains cas relèvent nettement de cures hydrominérales visant l’état digestif.

Rechercher et traiter les infections parasitaires. ‘Un examen radiologique du tube digestif décèle parfois

des lésions ayant échappé à l'examen clinique. Certaines relèvent de la chirurgie : coudures, ptoses, appendicite chronique. |

AA): Re que le colibacille n'est pas à point de départ extra-intestinal. |

Rechercher s’il n’a pas été pratiqué d’explorations, de cathétérismes au niveau de l'appareil urinaïre, interroger le malade au sujet d'infections antérieures locales et générales, examiner l'appareil génital, regarder la gorge.

Bien souvent, ce seul traitement étiologique entraîne des guérisons durables.

Dans d’autres cas, le caractère rebelle de la colibacillurie nécessite une thérapeutique dirigée contre l'appareil urinaire.

- III. APRÈS ÉCHEG DU TRAITEMENT ÉTIOLOGIQUE, ET TOUT | EN POURSUIVANT CELUI-CI, IL EST INDISPENSABLE DE FAIRE UNE EXPLORATION DES VOIES URINAIRES. — Cette exploration aura pour but de rechercher en quel endroit de lappareil urinaire le colibacille a colonisé, et s’il existe des lésions qui en favorisent la pullulation.

Tantôt la vessie présente des Aion importantes, tandis que les échantillons urétéraux sont limpides et amicrobiens : il s'agit d’une colibacillurie entretenue par des lésions prostatiques ou vésicales. Tantôt, les échantillons urétéraux sont infectés, avec ou sans.lésions vésicales concomitantes : il s'agit d’une colibacillurie entretenue par des lésions pyélo-rénales.

IV. ÎL EXISTE DES LÉSIONS URÉTRO-PROSTATIQUES. — ]l faut en préciser la nature et se comporter suivant les cas

Les urétrites sont justiciables des grands lavages, des in-

Jections, des dilatations, des massages sur béniqués.

Les rétrécissements sont à traiter de la façon habituelle par dilatations lentes ou urétrotomie interne, selon les cireonstances. | ;

L'hypertrophie prostatique relève de la chirurgie, à moins d’une contre-indication tenant à l’état général, à une autre affection concomitante, à un âge trop avancé.

Les prostatites sont de traitement difficile et souvent décevant. On les traite habituellement au moyen de massages de prostate — à pratiquer avec douceur — de dilatations, d'instillations à l’argyrol, au nitrate d’argent.

On aura recours avec avantage aux suppositoires à l'ichtyol, à l'onguent mercuriel et surtout aux lavements chauds.

. Le bain rectal, sous forme d'un lavement quotidien de 100 gr. d'infusion de guimauve, à la température de 45”, est un agent puissant de décongestion prostatique. Sous son action répélée, nous avons souvent observé je ramollissement graduel de prostates très indurées.

Les lésions de lurètre prostatique (infections glandulaires, vérumontanites, cavernes prostatiques) sont à traiter par les procédés endoscopiques. Les cautérisations médicamenteuses, l'étincelage et la fulguration au moyen de l’urétroscope et de l’urétrocystoscope de Mac: Carthy, — sont les agents les plus utiles de ce traitement. |

V. LA CySTOSCOPIE RÉVÈLE DES LÉSIONS VÉSICALES. — Il est des cas dans lesquels on découvre d'emblée d’importantes lésions : calcul, diverticule, tumeur vésicale. Chacun de ces cas relève d’un traitement spécial (cystostomie: pour calcul vésical, étincelage, fulguration ou cystectomie pour tumeur vésicale) (obs. 18).

Parfois, il n'existe que des lésions de cystite, sans infec: tion urétérale concomilante. Il s’agit là d’une cystite résiduelle, comparable à celle qui survit à la tuberculose rénale, ou d’une cystite de nature exogène. Il convient, dans ces cas, de faire un traitement local : lavages de vessie ou instillations.

a) Les lavages se font au moyen de nitrate d'argent (1 p. 4000), d'oxycyanure de mercure (même dose), de protargol (x p. 5oo).

b) Les instillations, utiles en cas de cystite intense, sont faites au moyen d'huile goménolée (0 p. r00) ou de bleu de méthylène (1 p. 100).

Page 1