SÉNÈQUE, Lettre
3. Pétrone, Satyr. (voir plus loin, page 53, la traduction complète de ce curieux passage) ; Perse, VI, 3 7.
4. c< Sed, per Deos immortales l Vos ego adpello qui semper domos, villas, signa, tabulas vestras, plures quam rempubli-
palais, leurs villas regoi^rent de tableaux et de statues. L'exemple était contagieux : on recourut aux proscriptions,' moyen commode de se former un cabinet ^ Des préteurs allèrent plus loin; ils spolièrent effrontément les provinces qu'ils étaient chargés d'administrer. Chacun voulait à tout prix avoir sa collection, c'était la mode. Ceux qui ne dépouillaient pas achetaient dans toute la Grèce, à Athènes surtout, oti la misère devint effroyable après le pillage de Sylla*. Et Cicéron lui-même, entraîné par le courant, Cicéron qui avait malmené si rudement les maîtres de la Grèce, se disait acheter par Atticus des statues et des peintures pour les nombreuses villas oti il allait se délasser de ses travaux, et pour Pompée, dont il voulait conserver la faveur.
Telle fut l'origine des collections religieuses, publiques et privées des Romains. Car, ainsi que nous
le faisons aujourd'hui dans nos églises, nos musées,
cam fecistis publiée egestatem, privatim opulentianiy» dit
Caton dans son discours contre Catilina. (Salluste, CatiLj 52.)
1 . Sylla mit à la mode les proscriptions. « Nam uti quisque domum, aut villam, postremo aut vas aut vestimentum alicujus concupiveraty dabat operam uti in proscriptorum numéro esset. j» (Salluste, CatiL, 55.)
2. La misère était aussi telle en Asie « par la cruelle avarice des fermiers, gabelleurs et usuriers romains, que les particuliers étoient contraint^ de vendre publiquement en commun les tableaux dédiés aux temples, les statues de leurs dieux et autres jo3f^ux de leurs églises. » (Plutarque, Amyot, LucuU lus, 35.) '
nos bibliothèques et nos cabinets, les Romains collectionnaient en l'honneur de la religion, pour le peuple et pour leur propre compte.
Je ne m'occupe ici que des collections particulières.