Du moins, il le restaura entièrement et l'embellit
4. L'histoire de l'Hermaphrodite est piquante. Cette statue tut découverte par des religieuses, qui la cédèrent au cardinal Borghèse, à la condition qu'il restaurerait la façade de leur église. Des Borghèse, l'Hermaphrodite passa au Louvre. Ampère, III, 379.
avide et l'impatiente attention de cette femme; le petit coquin lui trousse un mensonge avec des yeux en dessous, d'un air plus que sournois* »; — le Gaulois mourant, un des plus beaux ouvrages de l'antiquité, au Capitole ; — Vénus et l'Amour du Belvédère; — quatre figures de granit rouge, « quatre magots égyptiens d'un style roide et sec , comme toutes les statues de ce pays-là, mais cependant pleins de feu^ » ; une splendide colonne en albâtre oriental placée au milieu de la Bibliothèque Vaticane, les belles balustrades en jaune antique de Saint- Pierre in Montorio, quelques peintures intéressantes, les Niobides qui existaient encore au xvi* siècle et ont disparu depuis,' enfin plusieurs marbres de la villa Ludovisi dont les jardins ont remplacé en partie ceux de Salluste^.
A la mort de Salluste, ses propriétés du Quirinal tombèrent dans le domaine impérial*. Auguste s'y
1. De Brosses, lett. Bç. Winckelmann voit dans ce sujet Oreste et Electre.
2. De Brosses, lett. i4. Ces morceaux sont probablement postérieurs à Salluste, et ont été placés dans ces jardins par les Empereurs.
3. Winckelmann, liv. VI, 2. L'obélisque des jardins Ludovisi est celui de Salluste.
4. Salluste ne laissa pas d^enfents; il avait épousé Terentia, la femme répudiée de Cicéron. Son petit-neveu, qu'il avait adopté, hérita de son nom et de ses biens, * sauf le Quirinal, et devint, après Mécène, l'ami et le confident d'Auguste. Tacite, Ann,, III, 3o. Pline parle de ses mines de cuivre (œs Sallustianum , XXXIV, 2), et Horace lui a adressé une belle ode (II, 2).
plaisait beaucoup et y donna des fêtes, une surtout qui fit du bruit, le souper des Douze Dieux ^
Auguste avait été grand collectionneur d'objets d'art du temps qu'il s'appelait Octave; une fois empereur, il ne s'en occupa plus. Aux statues et aux tableaux, il préférait les beaux jardins, les allées couvertes, les bosquets ombragés, et n'était curieux que de pièces rares d'histoire naturelle*.
Af^cène n'était pas plus amateur que son maître; il possédait de petits jardins sur l'Esquilin^, une villa à Tibur; mais aucun objet d'art n'est cité comme ayant passé par ses mains. Mécène est tout à la politique; son patronage des belles-lettres ne fut peut-être qu'un moyen de gagner les Romains au nouveau régime, en le faisant célébrer par d'immortels poètes.
Et Virgile, Horace, Ovide, TibuUe, Properce, étaient-ils des collectionneurs? Assurément non , ils n'étaient pas assez riches pour acheter des chefsd'œuvre et ils se contentaient d'en créer. Nous ver-
1. Suétone, Oct., 70. Vespasien et Aurélien surtout embellirent beaucoup ces jafdins.
2. Suétone, Oct., 72, 73.^Les ossements d'hommes ou d'animaux gigantesques, par exemple. Auguste fit déposer dans les jardins de Salluste les squelettes de deux géants, Pusio et Secundilla. Dans une des fouilles faites à cet endroit, on a découvert une tête énorme en marbre, que l'on suppose être le portrait même de ce Pusio. De Brosses, Vie de Sali.) Pline, VII, 16. Pline attribue à ces géants plus de dix pieds romains (environ trois mètres).
■ 3. Horace, I, Sut. 8.
rons qa' Horace était un connaisseur délicat en antiques , subtilis veterum judex et callidus , et qu'il aurait aimé à se procurer les beaux ouvrages des maîtres anciens pour lui et pour ses amis.
ce Je donnerais de bon cœur à mes amis, dit-il, des coupes et des bronzes antiques; je leur donnerais ces trépieds, la récompense des héros de la Grèce, et votre part ne serait pas la moindre, Censorinus, si je possédais les chefs-d'œuvre de Par* rhasius et de Scopas, dont le génie savait animer k marbre et les couleurs, et en tirer un mortel ou un dieu. Mais je n*ai point de semblables trésors, et votre goût, votre fortune ne vous ont pas laissé manquer de ces merveilles délicates. Vous aimez les vers, je puis vous donner des vers*. »
Enregistrons en passant dans notre galerie ce Censorinus, « Né pour gagner tous les cœurs*,» Censorinus s'était étroitement lié avec Hprace. Il habitait au Palatin, dans la maison de Cicéron qu'il avait achetée ; il aimait les arts, et sa mort fut un deuil pour toute la ville 3. Nous n'en savons pas davantage sur son compte, mais voilà une épitaphe dont bien des honnêtes gens se contenteraient.
Asinius Pollion, orateur et consul, un des der-