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dePausias, et les gens disent, admirant votre extase : « Ohf rhomme. habile, le fin connaisseur «en beaux ouvrages des peintres anciens 1 » Moi, si je m'arrête à contempler, le jarret tendu, les pochades belliqueuses dessinées à l'ocre, au charbon, oti Ton voit s'attaquer, se défendre et se frapper comme en un vrai combat les Fulvius, les Rutuba et les Placideianus : «Que £siis-tu là, paresseux? que « fais-tu là, maraud? — Je fais ce que fait mon « maître. »
Horace sentait vivement les belles choses et savait les savourer. Il a des vers charmants sur la peinture : vous souvenez-vous de ceux-ci?
a Tels tableaux vus de près flattent davantage, d'autres ont besoin d'être vus à distance. Ceux-ci aiment une sorte de demi-jour, ceux-là demandent le plein soleil, et ne redoutent pas l'œil perçant du critique. Les uns ne plaisent qu'une fois, les autres, on y revient sans cesse, ils plairont toujours'. »
Les œuvres modernes avaient aussi leurs collectionneurs. Les artistes à la mode étaient : Arcesilas^ dont nous avons parlé, grand ami de Lucullus et de César; il modelait admirablement et vendait ses terres cuites fort cher aux artistes mêmes; Timomaque, un peintre de Byzance qui travailla pour César; AreU lius, qui florissait sous Auguste, un des rares peîn-
!. Horace, Artpoét; et dans ses Êpîtres, II, a, en parlant des Grecs :
Suspendit picta vultum mentemque tabella.
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très nés en Italie; Lala, de Cyzique, une sorte de Rosalbà, qui excellaitdans le portrait, les portraits de femmes surtout; Sopolis et Dionysius, ses rivaux et ses contemporains. Parmi les petits maîtres^ Pyreicus, le Téniers de son temps : « boutiques de barbiers, de cordonniers, natures mortes, rien de gracieux comme ses petites compositions; » enfin, Pasis, qui modelait en terre des fruits, des raisins, des poissons , et les peignait ensuite avec une vérité surprenante ^
Les amateurs possédaient de bonnes copies qu'ils payaient fort cher. LucuUus avait fait faire à Athènes une copie d'un des cbefe-d'œuvre de Pau* sias, le portrait de sa maîtresse Glycère^. On sait aussi que la majeure partie des antiques conservées à Rome et dans les principaux musées ne sont que les copies des originaux grecs exécutées à Rome par des artistes grecs.
Mais on ne s en tenait pas là. Llndustrie de la contrefaçon se pratiquait en Italie, il y a dix-huit siècles, comme aujourd'hui, sur une large échelle. On &isait passer la copie pour Toriginal en y ajoutant la signature du maître; )'en ai cité un exemple
1. Pline, XXXV, 37, 4 1, 45. Les Grecs n'estimaient pas la nature du talent de Pyreicus, et appelaient les artistes de ce genre des rhyparographes, des peintres de sujets méprisar blés. Les Romains n'étaient pas si difficiles.
2. Germanicus avait deux coupes que Zénodore avait si parfaitement copiées d'après un modèle ciselé par Calamis, qu'il était impossible de distinguer l'orignal.
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à propos du Discobole de Myron^ On ne se foisait même pas scrupule de mettre la signature d*un maître au bas d*un ouvrage entièrement moderne : « Odifalsas inscriptiones statuarum alienarum, » dit Qcéron *, et Phèdre n'est pas moins explicite : « C'est ainsi, dit*il , que font de nos jours certains artistes qui trouvent un meilleur prix de leurs ouvrages en mettant la signature de Praxitèle sur un marbre moderne, celle de Scopas sur un bronze, de Myr(Hi sur une pièce d'argenterie, de Zeuxis sur un tableau^. »*
A côté des copistes, Rome avait d'habiles restaurateurs. Ces amas d'objets d'art expédiés de Grèce en Italie par des mains grossières et inhabiles avaient souvent à subir de cruelles avaries pendant le transport*, et tous les amateurs n'étaient pas aussi naï& que Mummius, le célèbre destructeur de Corinthe. Quand il fit embarquer pour Rome les merveilles enlevées à Corinthe, il avertit ceux qui devaient les transporter, qu'en cas d'accident ils auraient à les refaire à leurs dépens^.