Les collections botaniques du Musée royal de physique et d'histoire naturelle de Florence
Il y a environ dix-huit ans que dans mon Eloge de Philippe Barker Webb‘ j'ai décrit les riches collections botaniques qu'il avait généreusement léguées à notre Musée, ainsi que les herbiers qui rendaient encore plus important notre département botanique. Mais depuis cette époque toutes ces collections se sont tellement enrichies, que je crois utile d'en publier une nouvelle description, surtout à l’occasion du Congrès international de botanique qui va se réunir ici au mois de Mai prochain,” en y ajoutant aussi une notice des collections de produits végétaux, des plantes du Jardin botanique et des végétaux fossiles, dont la réunion forme un des Musées botaniques les plus riches et les plus complets de l’Europe. Je parlerai de chaque collection séparément, en commençant par l’Herbier central, qui a précédé toutes les autres collections.
1” Herbier Central.
Ce fut en Septembre 1841 que j’envoyai de Paris aux membres de la section botanique du Congrès des savants d'Italie réuni à Florence, un mémoire Sulla Botanica in Italia e sulla ne-
‘ Elogio di Filippo Barker Webb, in 4°, con un ritratto. Firenze, Tipografia Le Monnier, 4856. Il n’y en a plus d'exemplaires. ;
? Je témoigne ici toute ma reconnaissance au Conseil directif de l'Ecole (Istituto) des études supérieures et de perfectionnement, pour avoir voulu que cette publication fût faite aux frais de notre Musée, et pour être venu généreusement à mon aide pour le placement complet des collections botaniques.
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cessità di fondare un Erbario generale in Firenze," tendant à faire ressortir le besoin de se consacrer, plus qu'on ne l'avait fait jusqu'alors, à l'étude de la méthode naturelle, de lanatomie, de l’organographie, de la physiologie végétale et de la géographie botanique. Je tâchai d'y démontrer par conséquent la nécessité de connaître tout le règne végétal (car chez nous on s'était jusqu'alors presque exclusivement borné à l'étude des plantes du pays),et de former un centre botanique en Italie par la fondation d’un Herbier général à Florence, ville qui me paraissait réunir tous les éléments pour le succès de cette entreprise. Ma proposition, accueillie avec bienveillance et appuyée par les vœux des membres de la section botanique et du Marquis Ridolfi, Président général du Congrès, mérita la protection du Granduc Léopold If, qui ordonna la fondation de l’Herbier dans son Musée d'histoire naturelle, et se chargea de le maintenir généreusement à ses frais. C’est ainsi que prit naissance l’Herbier qui presque dès son origine fut appelé central. En cette occasion, voulant rétablir la chaire de botanique qui n’existait plus depuis de longues années dans le Musée, le Granduc daigna me nommer Professeur de botanique et m'appeler à la direction de l’'Herbier et du Jardin botanique. En arrivant ici en Avril 1842 je ne trouvai que quelques plantes conservées dans le Musée, savoir: celles rapportées du Brésil par Raddi, qui malheureusement manquaient entièrement d'étiquettes, et que j'ai tâché de nommer d’après les ouvrages du mème botaniste; les plantes que Raddi lui-mème avait recueillies en Egypte et qui avaient été illustrées par C. Savi ; une collection de plantes d'Allemagne donnée par S. A. la Granduchesse Marie Caroline, et les herbiers de Zuccagni et de Sestini, qui étant à peu près détruits par les insectes et n'ayant aucune indication de localité, ont été éliminés.”
© Sulla Botanica in Ilalia e sulla necessilà di fondare un Erbario generale in Firenze, Discorso diretto ai Botanici italiani radunati nel terzo Congresso scientifico in Firenze. Parigi, 4841 e Palermo, 4842.
* En 1844 j'ai trouvé dans une salle du rez-de-chaussée du Musée quelques paquets de plantes, qu’on avait envoyés depuis quelques années au Musée même: c'étaient des collections des plantes des Indes orientales par Wallich, de la Guyane et de Porto-ricco par des botanistes inconnus; toutes ces collec: tions ont été intercalées dans l'Herbier central.
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En commençant l'Herbier central j'ai cru de mon devoir de donner tout mon herbier, et cela non seulement afin que le nouvel herbier püût avoir ainsi tout de suite une certaine importance, mais encore pour y concentrer toutes mes forces et pour ne plus avoir un herbier privé, une fois que J'étais appelé à la direction d’un herbier public. Mon herbier, fruit de douze ans de voyages et de recherches, se composait alors d’une riche collection de plantes de Sicile, avec beaucoup de doubles qui ont été très utiles pour des échanges ; de différentes collections de plantes d'Europe que J'avais recueillies moi-mème ou reçues de plusieurs botanistes ; de plantes d'Afrique et d'Amérique que j'avais obtenues de différents voyageurs ; de la collection des Fumariées qui avait servi à mon travail sur les plantes de cette famille, et enfin de beaucoup de plantes cultivées dans les différents jardins botaniques d'Europe. Grâce à cet herbier et à l’empressement de beaucoup de botanistes d'Italie et de l'étranger, grâce surtout à la protection du Souverain, l’Herher central, quoique très jeune, prit place bientôt parmi les grands herbiers de l’Europe, place qu'il a su maintenir mème depuis, car nous n'avons jamais manqué du concours bienveillant de tous les botanistes et mème de dons ou de legs extrèmement précieux, tels que ceux de Webb, de Montagne, de Reboul, de Figari et de M. le Prof. Meneghini. Pour rendre nos herbiers utiles aux visiteurs et mème aux botanistes qui désirent les consulter, je crois bien de donner ici une indication de toutes les collections qu'on possède tant dans l’Herbier central que dans l’'Herbier Webb, rangées d’après les différents pays. De la sorte, il sera très facile à chaque botaniste, mème de loin, de connaitre les matériaux qu'il pourrait trouver à Florence, pour ses études, avant de se décider à les consulter. En laissant dans un chapitre à part la description de l'Herbier Webb, je donnerai ici quelques renseignements sur les autres collections dont il à été question ci-dessus. C’est à M. Joseph Meneghini, Professeur de Minéralogie et de Géologie à l’Université de Pise, qu’on doit toute sa collection des Algues, fruit de tant de soins et de recherches, et qui se compose d’à-peu-près 1500 espèces avec un grand nom-