‹ Les collections botaniques du Musée royal de physique et d'histoire naturelle de FlorenceChapitre 20 sur 57 · PRE · texte numérisé non relu

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Toutes les familles des plantes cryptogames sont riche- * ment représentées surtout dans l'Herbier central ; je me borne par conséquent à noter les collections suivantes de cryptogames qui sont conservées à part:

Desmazières. Plantes cryptogames de la France.

Erbario Crütogamico Italiano. 1°° et 2°° séries.

Eulenstein Th. Diatomacées.

Müller J. D. Diatomacées.

Par le tableau comparatif que je viens d'exposer des deux grands herbiers que l’on conserve dans notre Musée il sera facile de reconnaître que les deux herbiers ne sont pas également riches en plantes des mêmes pays, mais que l’un et l’autre se complètent. L’Herbier central est supérieur à l’Herbier Webb par la richesse des plantes d'Europe, de l'Afrique centrale et australe, de l'Orient, de la Sibérie, de la Mandchourie, de la Chine, du Japon, des Indes Orientales, de la Nouvelle Hollande, de l’île de Van Diémen, de la Nouvelle Zélande, des régions arctiques et boréales de l'Amérique, de la Californie, du détroit de Magellan, etc. Pour quelques uns de ces pays, comme pour l’Europe et surtout pour la Scandinavie et l'Italie ainsi que pour l'Afrique centrale, l'Herbier central est peut-être le plus riche des herbiers connus. L’Herbier Webb au contraire est plus riche en plantes d'Espagne et du Portugal, des Iles Canaries, de Madère, de Porto Santo, des Açores, du Maroc, de la Sénégambie, de la Guinée, des Antilles, de la Nouvelle Grenade, du Pérou, de la Bolivie, du Brésil, des Iles Philippines , des Moluques, des Iles de la Société, des Iles Sandwich, etc. Néanmoins il y a encore quelques lacunes dont il sera facile de se rendre compte par notre tableau, et que je m'efforce de combler: je saisis cette occasion pour prier tous les botanistes des différents pays de vouloir nous venir en aide avec leur générosité bien connue.

3° Herbiers et Manuscrits anciens.

Herbier Cæsalpin. — Un de mes désirs les plus ardents, dès ma nomination à la chaire de Botanique dans notre Musée, était

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de réunir, quand l’occasion se serait présentée, les herbiers des anciens botanistes toscans qui avaient tant contribué au progrès de la science.Je me suis hâté, par conséquent, de prier le Granduc de vouloir permettre que l'Herbier de Cæsalpin, qu'on conservait alors dans sa Bibliothèque du Palais Pitti, fût transporté dans les salles de botanique de notre Musée, ce qui me fut gracieusement accordé en Janvier 1844. On connaît l’histoire de cet herbier précieux que Cæsalpin forma pour Monseigneur Alphonse Dei Tornabuoni, comme le prouve une lettre du 44 Septembre 1563 écrite de Pise par Cæsalpin lui-même et qui se trouve au commencement de cet herbier. On sait qu'il fut conservé d’abord dans la famille Pandolfini qui en hérita de Monseigneur Tornabuoni, et plus tard par la famille Nencini jusqu’à l’année 1818. À cette époque le Granduc Ferdinand IT en fit l’acquisition pour sa Bibliothèque où on permettait aux savants de le consulter. Tout l’herbier était alors réuni en un seul volume in-folio relié en parchemin. Comme les échantillons des plantes avaient un peu souffert, j'ai eu soin de les faire empoisonner avec une solution de sublimé corrosif pour en arrèter les dégâts; j'ai aussi fait mettre une feuille de papier entre une plante et l’autre et relier tout l’herbier en trois volumes en maroquin rouge tel qu'on le voit maintenant. Cet herbier précieux se compose de 266 feuilles qui portent un, deux ou plusieurs échantillons de plantes, collés sur le papier mème comme on le voit dans les anciens herbiers et comme du reste le font même à présent les botanistes anglais; chaque plante porte son nom en grec, en latin et en italien. Il y a aussi des index de noms des plantes en plusieurs langues; le tout écrit de la main de Cæsalpin lui-mème. Les espèces, qui sont au nombre de 768, sont rangées d’après la méthode de Cæsalpin, quoique cet herbier ait été fait vingt ans avant la publication de son célèbre ouvrage De plantis, ce qui le rend encore plus précieux, sans agiter ici la question s’il est ou non le plus ancien des herbiers connus : Certes, dans tous les cas, il est le plus précieux de tous les herbiers anciens, grâce à la savante impulsion que noire illustre compatriote a donnée à la science par sa méthode, qu'on peut considérer comme la première méthode naturelle.

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Plusieurs botanistes ont publié des notices sur cet herbier: Brocchi, Bertoloni, etc. M. Th. Caruel‘ l'a illustré par un travail consciencieux en donnant des détails sur l’état de conservation de chaque exemplaire, et en y ajoutant l'indication de Cæsalpin et le nom que la plante porte dans l’état actuel de la science. J'ai cité et je cite les plantes de cet Herbier dans ma Flora Italiana.

KHerbier et manuscrits Micheli. — L'année suivante, en 1845, le Granduc Léopold daigna sur ma proposition acquérir au prix de 2000 écus toscans (12,000 francs) pour notre Musée, l’herbier et les manuscrits de l'illustre botaniste Pierre Antoine Micheli, le père de la cryptogamie, que Boerhave nomma mortalium Omnium in pervestigändis stir pibus sagacissimum et auquel d’autres ont donné les noms glorieux de Lynx de la Botanique, de Précurseur de Linné etc. Ces collections précieuses étaient alors dans la famille Targioni, car Jean Targioni, célèbre naturaliste du siècle passé et élève affectionné de Micheli, les avait acquises en 1738, un an après la mort de son maître, avec tout le Musée Micheli, pour conserver à la Toscane ces trésors scientifiques. Il mit en ordre les manuscrits qu'il croyait pouvoir publier, mais il en fut empèché pendant quelques années par ses nombreuses occupations, et ensuite il ne le jugea plus convenable à cause des ouvrages qui venaient alors de paraître sur les mèmes familles de plantes illustrées par Micheli. À la mort de Jean Targioni tous ces trésors passèrent à Octavien son fils, et plus tard à Antoine son petit-fils. C’est de celui-ci que grâce à la munificence du Granduc ils purent être enfin acquis par notre Musée botanique. L’Herbier Micheli n’était pas alors tel que son auteur l'avait laissé à sa mort, car on y avait incorporé les herbiers Targioni, et le tout avait été rangé d’après le système de Linné. Pour tâcher de remettre l’herbier Micheli à peu près dans son ancien état, J'ai dejà en partie séparé les plantes qu'il avait recueillies dans ses nombreux voyages et décrites dans ses ouvrages classiques et celles reçues de botanistes contemporains, tels que Scheuchzer , Petiver, Sherard, etc., de celles de Targioni et

1 fllustratio in hortum siccum Andreæ Cœsalpini, Florenti, 1858,

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