Weddington, Mélanges de numismatique, t. I
DE MONNAIES ANCIENNES 6l
Diodore de Sicile raconte que le roi de Salamine, Évagoras II, détrôné vers Tan 35o, alla réclamer la protection du roi de Perse, Artaxerxès III Ochus qui, n'ayant pu réussir à lui rendre Théritage de ses pères, lui donna en compensation un royaume asiatique : « Évagoras obtint du grand Roi, dit Diodore, une souveraineté en Asie plus considérable que celle qu'il avait perdue \ »
Aucun indice ne nous permettrait de soupçonner dans quelle partie de l'Asie occidentale le prince cypriote fut transféré, sans les monnaies de Sidon sur lesquelles nous avons reconnu l'abréviation de son nom en caractères phéniciens (fig. 3o). Ces pièces nous ont permis d'établir qu'Evagoras fut intronisé roi de Sidon, après que la grande révolte de la Phénicie de l'an 35 1 eut été réprimée par les troupes perses, et qu'il y régna trois ans jusqu'au moment où il fut
(1861), pp. I à 6 ; E. Babelon, Perses achéme'nides, Introd., p. Lxviii.
i.Diod. Sic, XVI, 46.
remplace par un prince de l'a dynastie nationale '.
Fig. 30 ■
Cent vingt-trois ans avant notre ère, le
roi de Syrie, Alexandre Zebina, assiégé dans
Antîoche et réduit aux expédients, prit le
I. E. Babelon, Mélanges numismatiques, t. H, pp. 1 29 et suiv. ; le mOme, Les Perses ackétnénides, Introd., pp. cïXM ci suiv.
3. Double siatère d'argent d'Évagoras II de Salamine, comme roi de Sidon (349-346). Galère phénicienne avec un rang de rameurs; au dessus, trois , traits (l'an 3 du régne d'Évagoras). ^. Les initiales du nom phénicien d'Evagoras. Le roi de Perse, Artaxerxès III Ocbus, dans son char trainé par trois chevaux et conduit par un aurige. Derrière le char, suit, à pied, le roi de Sidon.
parti d'aliéner, pour payer les troupes qui lui restaient, le trésor du temple de Zeus, et il alla jusqu'à enlever la Victoire, en or massif, que la statue colossale du dieu tenait sur sa main tendue en avant. Il essaya même, raconte Justin, de justifier ce sacrilège par une raillerie, en disant qu'il acceptait la Victoire que le dieu daignait lui offrir '. Y avait-il dans ce récit quelque amplification anecdotique de la part de Tauteur latin? on pouvait le soupçonner jusqu'à l'époque, toute récente, où a été retrouvé un exemplaire de la monnaie d'or que Zebina fit frapper ; elle a pour type la statue même de Zeus tenant la Victoire d'or sur sa main, et le caractère exceptionnel de cette pièce est encore mis en évidence par l'absence de tout monnayage d'or en Syrie,
I. Justin, XXXIX, 2 : a Ibi inops pecuniae, quum stipendia militibus deessent, in templo Jovis solidum ex auro Victoriae signum toUi jubet, facetis jocis sacrilegium circumscribens, nam Vicloriam commodatam sibi ab Jove esse, dicebat. »
dans le siècle qui précède ou celui qui suit le règne de Zebina '.
Fig. 3i »
Quand Mithridate, voulant chasser les Romains de TOrient, fit alliance avec Éphèse, avec Athènes, avec les Italiens même, les révoltés de la guerre Sociale, il envoya des subsides en or à tous ses alliés pour les aider à faire leurs préparatifs de