‹ Les collections de monnaies anciennes, leur utilité scientifiqueChapitre 15 sur 31 · B. Head, Historia numorum, p · texte numérisé non relu

B. Head, Historia numorum, p

a. Tétradrachine de Syracuse. irPAKOElON. Tfile de la nymphe Aréthuse, diadémée, le chignon rassemblé dans une résille; au pourtour, des dauphins. 1^. Personnage vêtu du chîion lalaire et conduisant un bige que couronne une Victoire volant au dessus des chevaux ; à l'exergue, une sauierelle.

lions, OÙ toujours la grâce exquise s'allie à la noblesse de l'expression, à la pureté des lignes, à l'équilibre parfait de la composition.

Fig. 34 '

Comment parler dignement devant vous, Messieurs, de ces médailes que vous connaissez tous, que les Grecs ont faites si belles,

I. Décadrachme de Syracuse, signé du nom de Tarliste Événète. srPAKOLlON. Tête d'Aréthuse, à gauche, ceinte de roseaux; autour, quatre dauphins; à l'eïergue, EVAINE. ij. Quadrige au galop, l'aurige couronné par la Victoire; à l'exergue, un bouclier, des cnémides, un casque et une cuirasse, emblèmes d'uti triomphe militaire.

et qu'ils ont, — mus par un sublime instinct d'immortalité, — jetées à poignées, comme un solennel défi aux artistes de tous les

Fig. 35 ■

âges futurs; de ces médailles dont le charme intraduisible émeut toujours, soit qu'on se contente des impressions fugitives et superficielles du dilettante, soit qu'il s'agisse des

I . Tctradrachmc de Syracuse, signé de Cîmon. APEeOLA. Teie, vue de trois quarts, de la nymphe Arélhuse, tes cheveux ondulés et rayonnants; sur le bandeau qu'on aperçoit au dessus du front, la signature de l'artiste, KIMflN, Dauphins au pourtour. ^. ErPAKOSIÛN. Quadrige au galop, ù gauche; une Victoire, debout dans les airs, s'appreie à couronner l'aurigc. A l'exergue, un épi.

études approfondies de Térudit ! Ne vous semble- t-il pas, Messieurs, que la Grande Grèce et la Sicile étaient alors le théâtre merveilleux d'un miracle qui ne s'est renouvelé qu^une fois dans les annales de l'humanité :

c'est à l'époque de la Renaissance, alors que chaque ville, chaque bourgade de l'Iialie avait ses écoles d'artistes en tous genres et ses Mécènes, assistait à cette émulation d'ateliers, source du progrès, qui a fait éclore tant de chefs-d'œuvre éternels 1

Les signatures relevées sur les médailles grecques de la plus belle époque nous permettent de soulever un coin du voile de la vie si obscure des graveurs, en nous montrant les plus renommés d'entre eux concourant à l'envi pour les mômes sujets, comme si un thème officiel leur eût été imposé d'avance pour une exposition publique; ou bien appelés, parfois loin de leur patrie, par des villes diverses qui se disputent leur talent et sollicitent leur burin. De Syracuse, par exemple, Événète passe à

Catane, à Camarina, à Rhegium; Proclès travaille pour Catane et Naxos, Aristoxène pour Métaponte et Héraclée ; parfois même, deux artistes collaborent à la gravure de la même pièce. Bref, en rapprochant dans nos médailliers ces joyaux sans prix, qui portent les noms des Cimon, des Evénète, des Eucleidas, des Eumène, des Phrygillos, des Exakestidas et de trente autres, il nous est loisible de comparer et discuter leur ma-»

nière, leur style, leur mérite réciproque^ en un mot, comme nous jugeons les œuvres que nos artistes contemporains exposent dans nos Salons annuels '.

Œuvres d'art par elles-mêmes, les monnaies antiques nous conservent l'image et le

I. Fr. Lenormant, La monnaie dans Vantiquité, t. III, pp. 253 et suiv. ; Arthur J. Evans, Syracusan Médaillons and their engr avers ^ Londres, i892,.in-8*.

DE MONNAIES ANCIENNES Jl

souvenir des autres œuvres d'art, dans le domaine de la sculpture ou de Tarchitecture. Les primitifs essais dé la sculpture grecque, ces bornes plus ou moins grossièrement équarries, images des dieux dont on voyait encore, du temps de Pausanias, des échantillons traditionnellement conservés dans les plus vieux sanctuaires de la Grèce, ces brutales et curieuses images, dis-je, nous les voyons reproduites sur les monnaies.

A Byzance, Ambracie, ApoUonie, Mégare, c'est un cippe allongé, la première représentation de l'Apollon des carrefours (fig. 36)' ;

Fig. 36 *

1. Max. Collignon, Histoire de la sculpture grecque ^X. I, p. io3.

2. Drachme d*Ambracie(Épire). Tête voilée de la nymphe Dioné, épouse de Zeus Dodonéen. i{. AM. initiales du nom d'Ambracie; pierre sacrée affectant

à Céos, ce sont deux cônes rigides, géomé* triques, les figures ébauchées de Zeus et de Héra; à Pergé, à lasos, c'est Artémîs sous Taspect d'une poupée enfantine parée d'oripeaux '.

Voici venir, à présent, des représentants des différentes écoles. Le premier sculpteur de récole d'Égine, Smilis, avait exécuté pour THéraion de Samos, une statue que nous montrent les monnaies de l'île *. Un tétradrachme athénien nous donne quelque idée de ce qu'était la fameuse statue d'Apollon, érigée à Délos par Tektaios et Angelion ^.

L'Athéna Chalciœcos de Gitiadas, l'Apollon Didyméen, œuvre de Canachos, le Zeus Ithomatas du chef de l'école argîenne, Ageladas ; le groupe des Tyranoctones, exécuté

la forme d*un obélisque posé sur une base et dont le sommet est orné de bandelettes. Couronne de laurier au pourtour.

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