‹ Les collections de monnaies anciennes, leur utilité scientifiqueChapitre 27 sur 31 · LES COLLE C · texte numérisé non relu

LES COLLE C

Vous savez de même, parti que la philologie (

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phique sur laquelle M. Henri de La Tour a disposé plusieurs centaines de monnaies gauloises; je me suis inspiré des réflexions que suggère cet examen dès le premier coup d'œii, pour formuler la thèse qu'on vient de lire. Sur les monnaies gauloises, voyez surtout H. de La Tour, Atlas de monnaies gauloises, Paris, 1892, in-folio de 55 planches.

I . Médaillon de bronze deTrcbonien Gatlus. JMP. CAES. C. VIBIVS- TREBONIANVS GALLVS AVG. Buste iauré de ["empereur, ij. IVNONI MAR- TIAL!. Temple rond de Junon Martialia, à Rome ; 19 milieu, la statue de Junon, assise, un paon à ses

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ms de localittis et des onnes qu'on a jusqu'ici

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naies mérovingiennes ';

ous, enBn, ont puisé les

plus utiles renseignements sur les origines

1. Médaillon de bronze de Julia Domna. IVLIA AVGVSTA. Busle de Julia Domna, tenant une corne d'abondance et une statuette de la Concorde. i(. VESTA' MATER. Temple rond de Vesta ; devant, un autel sur lequel sacrifient six vestales.

2. Voyez surtout le Catalogue de M. Prou : Les monnaies mérovingiennes de là Bibliothèque nationale, un vol. jn-S, \èqi.

de la féodalité dans la numismatique de Tépoque carolingienne '. Sans doute, la numismatique du moyen âge ne saurait être comparée à celle de Tantîquité, parce que les types monétaires s'immobilisent et que les documents écrits sont trop nombreux pour qu'on puisse espérer combler des lacunes historiques par les monnaies. Aussi est-ce à un autre point de vue qu'il faut se placer pour en tirer un parti scientifique.

L'histoire monétaire a, par elle-même, son attrait et son importance; et puis, n'est-il pas nécessaire à l'historien et à l'économiste, par exemple, de savoir exactement ce qu'étaient les variétés d'espèces monétaires qu'ils trouvent mentionnées dans les textes : le parisis, le tournois, Tagnel, le florin, le franc, l'esterlin, le gros, la pougeoise, le ducat, le sequin, la pistole, le

I. M. Prou, Les monnaies carolingiennes de la Bibliothèque nationale (Catalogue), un vol. in-S»,

marabotîn, pour ne citer qu'un bien petit nombre d'espèces, comparativement à toutes celles qui furent en usage ? Combien de gens s'imaginent que les monnaies d'or et d'argent de Philippe le Bel sont en métal altéré, parce qu'il est de mode de donner à ce prince l'épithète de faux monnayeur ' !

Mais voici. Messieurs, que nous touchons au seuil des temps modernes : le moment est venu de clore cette causerie un peu austère. Lorsque M. le Ministre de l'Instruction publique, par une insigne et trop bienveillante faveur, me fit l'honneur, il y a

I. Sur les opérations financières et monétaires de Philippe le Bel, voyez surtout F. de Saulcy, Philippe le Bel a-t-il mérité le surnom de faux monnayeur, dans la Bibliothèque de VÉcole des Chartes, t. XXXVIÏ, 1876.

quelques semaines, de me désigner pour prendre la parole dans cette solennelle réunion, et voulut bien m'inviter à occuper cette place, où m'ont précédé tant d'hommes éminents ou illustres, je me suis demandé, non sans inquiétude, de quel sujet je pourrais vous entretenir. Au risque de paraître prêcher pour mon saint, j'ai pensé à faire de la numismatique le terrain neutre sur lequel toutes les Sociétés savantes ne refuseraient pas de se rencontrer et de se donner la main. Figure de second plan, la numismatique se plaît à être l'humble servante de toutes les branches historiques qui ont en vous leurs représentants les plus autorisés. Elle départit sans ostentation ses inépuisables richesses, tour à tour à l'archéologie figurée, à l'iconographie, à l'histoire de l'art et des religions, à la mythographie, à Tépigraphie, à la philologie, à la chronographie, à la géographie comparée, à l'histoire des faits et des institutions, des idées et des mœurs, des modçs et des usages, à la métrologie, à

l'économie sociale, à Tethnographie. Je ne saurais trop insister sur ce point : en ce temps de recherches précises et de sévère critique, où chacun est forcé de s'enfoncer dans une spécialité étroite, parce qu'il vaut mieux être profond sur un point que superficiel en toutes choses \ une collection de monnaies anciennes est comme un immense dépôt d'inaltérables archives, où chaque spécialiste est assuré de trouver quelque élément utile à ses recherches. Voilà pourquoi je souhaiterais de voir les séries numismatiques se développer dans nos musées de province, qui ne doivent pas être de petits Panthéons de curiosités disparates, mais où il faut prendre à tâche de constituer de véritables suites de monuments utiles aux études scientifiques. En ce qui concerne les monnaies anciennes, tout le monde y trouverait son profit : artistes et

I. Comparez la réflexion de la Bruyère, au chapitre De la mode, t. II, p. 1 39 de Tédition G. Servois.

historiens, érudits et dilettantes ; • car ce microcosme des médailles — j'aurais voulu le démontrer plus amplement — est bien la plus complète et la plus fidèle évocation du passé que nous procurent les sciences historiques '.

.1. Les archéologues qui ont commencé leur éducation scientifique par l'étude de la numismatique, y ont puisé des éléments de critique et une sûreté de coup d'oeil qui les ont toujours le plus heureusement guidés dans leur carrière et dans les jugements qu'ils ont été amenés à porter sur les monuments les plus divers. C'est ce qu'a fait justement ressortir le biographe et le plus brillant disciple d'Adrien de Longpérier : « La connaissance presque absolument parfaite qu'il avait des caractères des médailles de chaque siècle, de chaque peuple, de chaque règne, lui a valu une bonne partie de ce coup d'oeil dont il était justement fier. Lui soumettait-on un monument quel qu'il fût : inscription, arme, vase ou pierre gravée, il se reportait mentalement à la médaille contemporaine, et presque toujours ce rapprochement quasi instinctif lui communiquait la lumière. » (G. Schlumberger, Œuvres de A. de Longpérier, Notice, t. I, pp. xiii-xiv.)

N'avons-nous pas, Messieurs, tous tant que nous sommes, pris plaisir, dans noire jeune âge, à feuilleter maintes et maintes fois quelqu'une de ces Bibles d'images qui, en nous berçant des plus délicieux récits, nous initiait à la culture intellectuelle et morale? Eh bien, Messieurs, je comparerais volontiers un médailller à une Bible dont chaque page est illustrée, et si l'Histoire, comme l'a définie MIchelet d'un mot sublime, est une résurrection, une suite de médailles anciennes est la riSsurrection du passé par les images.

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