I. Tctradrachme de Syracuse, signé de Cimon
APEeOSA. Tête, vue de trois quarts, de la nymphe Aréthuse, les cheveux ondulés et rayonnants; sur le bandeau qu'on aperfoit au dessus du front, la signature de l'artiste. KIMCIN. Dauphins au pourtour. ^. xrPAKOEIQN. Quadrige au galop, à gauche ; une Victoire, debout dans les airs, s'apprâte à couronner l'aurige. A l'exergue, un épi.
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études approfondies de l'érudit ! Ne vous semble-t-il pas, Messieurs, que la Grande Grèce ei la Sicile étaient alors le théâtre merveilleux d'un miracle qui ne s'est renouvelé qu'une fois dans les annales de l'humanité :
c'est à l'époque de la Renaissance, alors que chaque ville, chaque bourgade de l'Italie avait ses écoles d'artistes en tous genres et ses Mécènes, assistait à cette émulation d'ateliers, source du progrès, qui a fait éclore tant de chefs-d'œuvre éternels 1
Les signatures relevées sur les médailles grecques de la plus belle époque nous permettent de soulever un coin du voile de la vie si obscure des graveurs, en nous montrant les plus renommés d'entre eux concourant à l'envi pour les mêmes sujets, comme si un thème officiel leur eût été imposé d'avance pour une exposition publique; ou bien appelés, parfois loin de leur patrie, par des villes diverses qut se disputent leur talent et sollicitent leur burin. De Syracuse, par exemple, Événète passe à
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Catane, à Camarina, à Rhegium; Proclès travaille pour Catane et Naxos, Arîstoiène pour Métaponte et Héraclée; parfois même, deux artistes collaborent à la gravure de la même pièce. Bref, en rapprochant dans nos médailliers ces joyaux sans prix, qui portent les noms des Cimon, des Événète, desHu- . cleidas, des Eumène, des Phrygillos, des Exakestidas et de trente autres, il nous est loisible de comparer et discuter leur manière, leur style, leur mérite réciproque, en un mot, comme nous jugeons les œuvres que nos artistes contemporains exposent dans nos Salons annuels '.
Œuvres d'art par elles-mêmes, les monnaies antiques nous conservent l'image et le
I. Fr. Lenormani, La monnaie dans l'antiquité, t. m, pp. i53 Cl suiv. ; Arthur J. Evans, ^j-i-acusan Médaillons and their engravers, Londres, 1893, in-8".
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DE MONNAIES ANCIENNES -J l
souvenir des autres œuvres d'art, dans le domaine de la sculpture ou de l'architecture. Les primitifs essais de la sculpture grecque, ces bornes plus ou moins grossièrement équarries, images des dieux dont on voyait encore, du temps de Pausanias, des échantillons traditionnellement conservés dans les plus vieux sanctuaires de la Grèce, ces brutales et curieuses images, dis-je, nous les voyons reproduites sur les monnaies.
A Byzance, Ambracie, ApoUonie, Mégare, c'est un cippe allongé, la première représentation de l'Apollon des carrefours [fig, 36] ' ;
Fie- 36 '
1 . Max. CoUignon, Histoire de la sculpture grecque, t. I, p. io3.
I. Drachme d'Ainbracie(Épire). Titc voilée de la nymphe Dioné, épouse de Zeus Dodonécn. ij. AM. initiales du nom d'Ambracie; pierre sacrée afFectanl
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à Céos, ce sont deux cônes rigides, géométriques, les figures ébauchées de 2eus et de Héra; à Pergé, à lasos, c'est ArtémJs sous l'aspect d'une poupée enfantine parée d'oripeaux '.
Voici venir, à présent, des représentants des différentes écoles. Le premier sculpteur de l'école d'Égîne, Smilis, avait exécuté pour l'Héraion de Samos, une statue que nous montrent les monnaies de l'île ', Un tétradrachme athénien nous donne quelque idée de ce qu'était la fameuse statue d'Apollon, érigée à Délos par Tektaios et Angelion \ L'Athéna Chalciœcos de Gitiadas, l'Apollon Didyméen, œuvre de Canachos, le Zeus Ithomatas du chef de l'école argienne, Ageladas; le groupe des Tyranoctones, exécuté
la forme d'un obélisque poGÉ sur une base et dont le sommet est orné de bandelettes. Couronne de laurier au pourtour.