B. Head, Histoiia numoium, p. g
Civiz,'i„C,oo^\i:
venirs pittoresques des fêtes olympiques, delphiques, isthmiques, néméennes ou autres, que rappellent nos Expositions univer-
Fig. So '
selles ou régionales. Dans cent autres, ce seront, au contraire, des emblèmes caractéristiques de la faune ou de la flore de telle ou telle région : le bœuf zébu dans certaines
I . Grand bronze d'Hadrien. HADRIANVS AVGVS- TVS. Buste lauré d'Hadrien, à droite. i{. COS. III. P. P. Vaisseau sur la voile duquel on lit ; FELICI- TATI. AVG. ; il y a un double rang de rameurs; on distingue le pilote assis sous l'acrosiolium; à l'arrière, la stylis et un étendard; k la proue, une statue de Neptune.
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provinces asiatiques; l'éléphant indien ou syrien, l'éléphant africain; le chameau en Arabie, le silphium en Cyrénaique, le gland
Fig. 5. ■
en Arcadie ; le cheval et le palmier à Carthage et en Numidie ; l'hippopotame, l'uraeus, le lotus et le crocodile en Egypte'.
Les modes vous intéressent-elles? Voulez-vous connaître les transformations de la coiffure féminine en Grèce ou à Rome, et les suivre, pour ainsi dire à chaque prin-
1. Monnaie il'argent du sairape Oronie frappée à Clazomêne, en 363 avani J.-C. Hopliie grec agenouillé et combattant avec sa lance en se couvrant de son bouclier, tf. OPONTA. Demi-sanglier, ailé, type ordinaire des monnaies de Clazomène.
2. Imhoof-Blumer et O. Keller, Tier utid PJian- ^enbilder anfMunjen und Gemmen, Leipzig, 1889,
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DE MONNAIES ANCIENNES gS
temps, comme dans un journal de modes
parisien ? voyez, par exemple, les monnaies de Syracuse ou celles des impéra
maines, et vous serez émerveillés de l'infinie variété, de la science, de l'ingéniosité
I. Médaillon de bronïe, de Cyzique, à È'effigie de Commode. A. AVP. kohoaoc. kaicap. tep. ceb.
VOC. (AoOïlO! ASp+iXio; Kri|i06o4 Kaioip Tipiiivixoî re«»9ioO uids). Busie de Commode. ^. KrzlKKNUN t(EOK0(pi.)v). Galère sans voiles, avec huit rangs de
l'acrostolium, on enseignes.
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de ces édifices capillaires, toujours élégants, — parfois artificiels, — entremêlés de perleset de pierreries, soutenus par des sphendonés, des résilles, des bandelettes, des diadèmes, et qui justifient si bien ce mot d'Ovide, qu'il serait plus aisé de compter les feuilles d'un chêne ou les abeilles de l'Hybla, que les variétés de coiffures imaginées par les raffinements de la coquetterie ; mais nous nous refuserons à croire, — parce que les monnaies n'en disent rien, — cet autre poète latin qui accuse des matrones romaines de frapper jusqu'au sang de malheureuses esclaves, pour une seule boucle mal agencée dans l'échafaudage de leur chignon.
. Monnaie de bronze frappée en Étruhe, dans i ville voisine du lac de Trasiniène, vers l'an 117
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DE MONNAIES ANCIENNES gS
Cîterai-je à présent des traits de mœurs et de caractère, des jeux de mots, des scènes
Fig, 5* '
familières ? Considérez, par exemple, la suite nombreuse des monnaies de la Repu" blique romaine. Des magistrats s'exercent parfois au calembour ou au rébus : Antistius Gragulus fait graver un geai sur ses coins
avantJ.-C. Tête de nègre. i{. Éléphant et une lettre étrusque. Celte monnaie semble faire allusion à l'éléphant que montait Annïba! à la bataille de TrasimÉne, en 117. L'éléphant et son cornac nËgre paraissaient alors, pour la première fois, en Ëtrune. I. Monnaie d'argent d'Aspendtis, en Pamphylie. Deux lutteurs nus, commençant le combat. i{.
EErFElIlr, nom pamphylien d'Aspendus. Frondeur debout ; dans le champ, la tricjuetra et une massue.
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monétaires; Malleolus y place un maillet; Furius Crassipes, un pied difforme; Vibius Pansa, un masque de Pan; Voconius Vitu-
Fig. 5 s ■
lus, un veau. C'était de l'esprit facile qui rappelle les types parlants de certaines villes grecques, comme le phoque à Phocée,
:. Denier d'argent de la Républiqui frappé au nom de Cn. Domitius Ahenobarbus, vers l'an 119 avani: J.-C. Télé casquée de la déesse Rome ; dans le champ un épi et la marque du denier. 4 CN. DOM- ROMA. {Cnaeus Domitius.
Roma), La Victoire dans un bige au galop. Sous le bige, on voil un guerrier romain qui combat un chien de grande taille ; c'est une allusion à la victoire que remporta le père du monétaire, en l'an 112 avant notre ère, à Vindelium, sur le chef arverne Bituii qui avait dressé des chiens de guerre.
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la pomme à Melos, le persil à Sélinonte, la rose à Rhodes, ou la grenade à Sidé. Mais que dites-vous de ces austères démagogues, de ces amis des Gracques, de Marius ou de Brutus, qui se forgent des titres de noblesse sur les deniers dont ils ont à surveiller l'émission, se targuent de descendre de rois ou même de héros légendaires, Numa, Ancus Marcius, Philippe de Macédoine, Faustulus, uniquement parce que le nom qu'ils portent semble favoriser ces prétentions aristocratiques ' ? Tous, ils voudraient avoir pour ami un Horace qui leur chante :
Mxcenas, atavis édite régi bus,
et nous, nous penserons avec philosophie, en envisageant notre histoire coniemporiane, que si quelque chose a changé dans
I. E. Babelon, Descript. hist. des »i République romaine, voyez aui familles Antîstii, Poblieia, Furîa, Voconia, Calpurnia, Marcia, Pompeie, etc.
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le monde depuis deux mille ans, ce n'est pas, à coup sûr, le culte des ancêtres, mâme de ceux qu'on n'a pas.
Après Sylla et pendant tout l'empire, quelle incomparable galerie de portraits nous offrent les monnaies romaines! Sans ces effigies impériales comment auraît-on pu donner des noms aux statues de nos musdes? Et quant aux revers, ils constituent, par leur variété et leur précision chronologique, les archives officielles de l'histoire. Un règne comme celui d'Hadrien, par exemple, ne compte pas moins de 2,5oo revers monétaires différents, qui se répartissent en 1,600 pièces latines et 900 pièces grecques '. C'est donc une galerie de
m 55o revers monéariélcs; pour Ncron,
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2,5oo tableaux en miniature qui déroulent à nos regards les événements du règne, nous initient à la vie publique de l'empereur, nous le font suivre, étape par étape, dans ses expéditions et ses nombreux voyages, complètent le récit des historiens, le rectilient au besoin, ou nous aident à le mieux comprendre.
Un souvenir de l'expédition de Germanicusen Orient, en l'an iSde notre ère, nous est conservé par un denier qui porte d'un côté l'effigie de ce prince infortuné et, de l'autre, un tableau où l'on voit le général romain plaçant la tiare sur la tête d'Ariaxias qu'il vient de nommer roi d'Arménie '. Rappelez-vous, de même, les monnaies sans nombre qui commémorent les expéditions de tous les empereurs sur l'Euphrate ou
il en eïiste à peu près 3oo; pour Vespasien, 5io; pour Marc Auréle, 85o, elc.
r. Cohen, Monnaies impériales, t. 1, p. 225, n' 6; ceUe pièce unique vient d'entrer au Cabinet de
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lOO LES COLLECTIONS
sur le Danube, en Germanie ou en Afrique, et nous les montrent tour à tour haranguant leurs légions, combattant leurs ennemis, érigeant des, trophées, rentrant à Rome sur un char triomphal, élevant des arcs de triomphe, offrant aux dieus des sacrifices d'actions de grâces.
Mais, tout aussi bien que l'histoire milî- .
taire, l'histoire économique, administrative, juridique même, trouve dans cette suite monétaire son compte de renseignements.
Si Nerva rend moins tyrannique la perception de la capitation des Juifs, les monnaies nous l'apprennent par leur légende : Fisct Judaici calumnia sublata ; s'il lève l'impôt sur le transit des marchandises en Italie :
Vehicuhitione Italiœ remissa, nous disent les monnaies; s'il crée un magasin de subsistances pour le peuple, des bronzes sont :nde : Plebei urbanœ autour d'une gerbe au '. Antonin le Pieux
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fonde-t-il, en l'honneur de sa femme Faustine, une institution d'assistance publique : Puellœ Faustinianœ portent des pièces qui
t. Grand bronze de Tiius, frappe en 74 de notre ère, en l'honneur de la conquête de la Judée par ce prince. IMP' T- CAES- VESP- AVG- P- M- TR' P" P-P- COS- VLII {Imperator Titus Caeiav Vespasianus Augustus, pontifex maximus, tribunicia polestate, pater patrix, consul octavo). Teie laurée de Titus. 14. IVD- CAP' {Judaea capta). Palmier au pied duquel on voit une Juive assise sur des armes et pleurant, et un soldat juif, tes mains liées derrière le dos, son bouclier à terre.
reprdsenlent l'empereur ci l'impératrice accueillant des familles d'indigents.
Fig. 57 ■ I. Médaillon de Marc Aurèle frappé en l'an i58 de notre ère. M- ANTONINVS- AVG' ARM- PARTH- MAX. {Marcus Anloninus Augustus Armeiiiacus Parthicus Maximus). Buste de Marc Aurèle, cuirassé. i(. VOTA- PVBLICA. - TP- POT- XXII- [MP- [III. COS' m. {tribunicia poiestate vicesima secunda, impeiaior quarto, consul tertio]. Sacrifice accompli à l'occasion de vœui publics formés en l'honneur de Marc Aurèle. L'empereur debout verse des parfums sur un trépied; un victimaire immole un taureau ; deux joueurs de flûte, un enfant et d'autres personnages assistent à la scène qui se passe devant un temple.
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Spartien raconte qu'Hadrien, à l'occasion de son avènement, fit remise aux habitants de l'Italie de tout l'arriéré de leurs impôts, qui montait à des sommes énormes [ingénies summas remisit), et l'on brûla solennellement au milieu du Forum les registres où étaient consignés les noms des débiteurs (syngrapkis inforo divi Trajani incensis). N'est-il pas intéressant de rapprocher de ce récit les grands bronzes qui portent pour légende : Reliqua vetera sestertium novies milites abolita, et pour type, un licteur qui met le feu à un amas de titres de créances, aux applaudissements des citoyens '.
Néron se fait représenter instituant les exercices équestres appelés decursio, ou bien tel qu'il parut au théâtre en habits de femme et jouant de la lyre, comme Apollon (fig. 58). Domitien rappelle qu'il restaura le temple de Jupiter Capitolin, qu'il fit célébrer