COLLECTIONS DE NOVELLES
La Collection Grecque des 168 Novelles, dont nous avons tenté d'écrire ici la monographie, ne nous est parvenue entière dans aucune de ses sources. Nous ne la connaissons que dans des versions où elle a subi des remaniements plus ou moins importants plusieurs siècles après sa composition au vi°siècle.
La version la moins modifiée et la plus ancienne nous est conservée dans un manuscrit de la fin du xn' siècle : le Marcianus 179 de la bibliothèque Saint-Marc de Venise. Au début du xvi' siècle ce manuscrit a été copié et c'est sur cette copie qu'a été faite l'édition des Novelles de Scrimger en 1558, qui livrait pour la première fois au public la version du Marcianus: Le manuscrit est actuellement dans la Bibliothèque
Vaticane, Palatino-Vaticanus 387.
Une deuxième version de la Collection Grecque, beaucoup plus remaniée, nous est conservée dans un manuserit du xiv® siècle, le Laurentianus LXXX, 4, de la bibliothèque Laurentienne de Florence. Comme le Marcianus, le Laurentianus à été copié au début du xvwi° siècle. IL le fut pour le compte de Lodovico Bolognini. Cette copie estactuellement à Bologne dans la bibliothèque communale : Bonontensis 1419. C'est elle qui servit à l'édition d'Haloander de 1531 où pour la première fois le texte grec des Novelles était publié dans la version du Laurentianus.
Enfin la troisième source de notre connaissance de la Collection Grecque est représentée par les Basiliques. Ce n'est plus ici un manuscrit unique mais un recueil officiel pour la compilation duquel les Novelles de Justinien ont été prises dans la Collection Grecque. Plus encore que dans les deux autres sources, l’état originaire de la Collection Grecque y a été modifié et altéré.
L'état de la Collection Grecque n’est pas le même dans ces trois sources. Et les différences que l'on remarque ne sont pas accidentelles. Dans chacune de ces sources la Collection Grecque a subi un ou plusieurs remaniements systématiques qui ont été faits à des époques et par des auteurs différents. C'est cette considération qui a dicté l'ordre que nous suivons pour l’étudier commodément. Chacune de ses versions, ou du moins les deux plus importantes, sont représentées par un manuscrit unique; notre étude prendra donc la forme d'une étude de manuscrits, du Marcianus d'abord parce qu'il représente l’état le plus ancien, du Laurentianus ensuite où la collection est plus altérée. Nous y ajoutons une étude des Novelles dans les Basiliques. Peut-être aurions-nous pu trouver un autre plan plus rigoureux. Car ce n’est pas précisément l’histoire de la Collection Grecque dans la jurisprudence byzantine que nous avons entendu faire. Nous avons voulu en quelque sorte en dresser l'inventaire exact et complet en profitant de toutes les ressources que les travaux eri-
tiques et philologiques de ses historiens et de ses éditeurs modernes ont mis à notre disposition. Mais les modifications considérables subies par la Collection dans chacune de ces versions atténuent ce qu'il y à d'artificiel dans le fait d’étudier séparément chaque source. Elles empêchent de tomber dans des répétitions inutiles. D'autre part le plan que nous avons suivi nous à permis de mettre en valeur des détails matériels, des parties accessoires (telles, par exemple, que les gloses) de la Collection qui ne sont pas sans intérêt pour la connaissance de l’état de son texte. Enfin ce plan est moins abstrait. En ne perdant jamais de vue les sources, il fera peut-être mieux apparaitre la réalité historique de la transmission jusqu'à nous de la Collection Grecque. Elle est actuellement reconstituée presque entièrement dans les dernières éditions qui en ont été faites. Nous allons examiner ici les matériaux de cette reconstitution.
Le Marcianus 1 79 et le Palatino-Vaticanus 387.