‹ Les colonies allemandes et leur valeurChapitre 12 sur 17 · Kmq · texte numérisé non relu

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t Samoa

Chine | Territoire de Kiao-Tchcou . . .

Si ceS vastes territoires sont peu peuplés en comparaison de leur étendue, la raison en est que la plupart des colonies allemandes sont' situées dans la zone tropicale. Ces pays., où domine la forêt, sont peu propices à la formation de grosses agglomérations humaines; d’autre part, le climat humide et chaud rend impossible la constitution d’un peuplement européen important et stable. La population totale des colonies allemandes est d’environ 12 millions d’individus sur lesquels on compte 25.100 Européens. Ces divers éléments sont répartis de la manière suivante :

Afrique Orientale.... 7 . 51 1 . 000 individus

Cameroun 2.537.400 : —

Togo .<... 1.003.000

Afrique du Sud-Ouest 150.000 à 200.000

LES POPULATIONS ET LES PRODUCTIONS

Nouvelle-Guinée (chiffre approximatif) ...... 500.000 individus

Samoa 33.000 •

Tsing-Tao 60.000 —

L’élément européen, « en grande majorité allemand, de ces colonies atteignait en 1913 le chiffre de 24.389 individus, ayant plus que triplé en dix ans, 7.523 en 1902. Sur ce total on comptait 14.830 Européens en Afrique du Sud-Ouest et 5.336 en Afrique Orientale, contre 23.342 en 1912. Tel est le résultat des efforts tentés en vue d’attirer vers les colonies allemandes l’émigration métropolitaine et le fait que l’augmentation proportionnelle des femmes et des- enfants a été plus rapide que celle des immigrants mâles était considéré comme un symptôme satisfaisant du caractère de plus en plus sédentaire de cette population» (1). Les Allemands étaient particulièrement fiers du peuplement européen du Togo, qui, à la veille de la guerre, se composait de 368 blancs dont 320 Allemands.

Les races indigènes qui ont comme* habitat les colonies allemandes sont des plus diverses. On rencontre, en effet, dans les. colonies de l’Empire situées sur la Côte Ouest africaine les mêmes populations que dans, notre Afrique Occidentale Française et notre Afrique Équatoriale. C’est ainsi qu’au Cameroun l’élément indigène prédominant est constitué par les, Bantous dont un certain nombre de tribus habitent les vallées françaises du Bassin congolais, c’est ainsi également qu’au Togo les populations Ewés sont identiques à celles de notre colonie du Dahohiey.

Dans le Sud-Ouest Africain, les peuplades Ovembos, Herreros, ou Hottentotes, sont peu nombreuses, 30.000 individus au maximum, sœurs des races indigènes du territoire de l’Union Sud-Africaine.

En Afrique Orientale, la proximité relative des terres asiatiques a déterminé dans cette possession un courant d’immigration d’éléments arabes et hindous et c’est ce qui explique la présence 4de plus de 5.000 Arabes, de 8 à 10.000 Hindous et d’une nombreuse population métis de nègres et d’Arabes dénommés Souahélis. La race indigène comprend environ 3 millions d’individus formant des tribus Bantous, Wahéhés, Mafitis, Wahumas et Massais.

(1) Gaston Fidel : L’ Allemagne d’Qutre-Mcr, page 24.

Il est assez difficile de connaître le quantum exact de la population indigène des possessions allemandes du Pacifique. Pour la colonie de la Nouvelle-Guinée qui se compose du Kaiser Wilhelmsland, partie allemande de la Nouvelle-Guinée, de l’archipel Bismarck, des îles Salomon, des Carolines, des îles Palaos et Mariannes la population serait de 600.000 âmes, très mélangée, indigènes papous des forêts de la Nouvelle-Guinée et des archipels Bismarck, populations malaises, chinoises et métis des îles Carolines, Palaos et Mariannes, races maoris des îles Marshall et de l’archipel dés Samoa. Parmi ces sujets de couleur et de mœurs hétéroclites, l’Empereur Guillaume II pouvait jusqu’en ces derniers mois* se flatter de compter 60.000 Célestes qui formaient la population de Tsing-Tao.

Pouvait-on envisager la création d’un centre de colonisation dans les colonies allemandes? Il apparaît bien que non. En effet, les possessions allemandes étaient en très grande majorité des colonies d’exploitation, seuleS les Samoa, l’Afrique du Sud-Ouest et les 500 kilomètres carrés du territoire de Kiao-Tchéou peuvent être considérés comme colonies de peuplement, encore que dans ces terres lointaines l’élément européen soit bien clairsemé et ne puisse être en aucun point comparable à la colonisation française en Algérie ou en Tunisie. Sur le chiffre total de 24.389 Allemands qui, en 1913, résidaient dans les territoires coloniaux de l’Empire, 18.830 habitaient l’Afrique du Sud-Ouest, 5.336 en Afrique Orientale, 2.000 le territoire de Kiao-Tchéou, 1.8-15 au Cameroun et 1.100 la Nouvelle-Guinée.

D’une manière générale, on peut dire que le climat des colonies allemandes est nettement défavorable à tout essai de colonisation. En effet, ce n’est ni au Togoland, ni au Cameroun, ni même en Nouvelle-Guinée, qu’il y a lieu de songera constituer un peuplement européen stable; seuls quelques blancs peuvent y faire de courts séjours, soit pour remplir certaines fonctions administratives, soit pour se livrer au commerce. A ce sujet, M. Paul Adam déclare dans son ouvrage sur la colonisation allemande que : « Le climat tropical n’est pas favorable à la race blanche et ces colonies ne peuvent être que des colonies commerciales et de plantation.» Par contre, à Samoa, grâce au climat relativement tempéré de cet archipel, on a pu

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penser qu’il serait possible d’y attirer des colons germaniques et des efforts avaient été faits dans ce but par l’administration coloniale. On comptait dans ces îles en 1911 un peuplement européen de près de 2.000 personnes européennes, fonctionnaires et colons.

En Afrique Orientale, la population blanche est assez considérable, grâce à l’existence d’uné zone montagneuse où le climat se trouve en raison de l’altitude infiniment plus salubre que celui de la côté. D’après le rapport annuel sur les colonies allemandes publié par le Kolonialment en 1913, le nombre des Européens qui habitaient l’Afrique Orientale allemande, était de plus de 5.000 âmes.

Par contre un véritable peuplement allemand était en voie de formation dans la colonie du Sud-Ouest Africain dont le climat offre beaucoup d’analogie avec celui du Transvaal. La proximité de l’x\frique du Sud a attiré dans cette possession un grand nombre de Boers et d’Afrikanders, qui, joints à 12.290 Allemands, forment une masse de 14.830 Européens. La progression de ce peuplement est du reste remarquable, si l’on songe qu’en 1902, les Européens étaient dans cette possession au nombre de 7.000 environ. La cause principale de cet accroissement de population blanche est le climat tempéré dont jouit le Sud-Ouest Africain allemand permettant les cultures du tabac, de la vigne et des arbres fruitiers. Le nombre des fermes allemandes, c’est-à-dire des colons à demeure venus dans la colonie pour y travailler, fonder un établissement durable et un foyer allemand était passé de 276, représentant une superficie de 443.866 hectares, à 1.245 en 1912, représentant une superficie de 13 millions d’hectares. Aussi le Gouvernement impérial fondait les plus légitimes espoirs sur cette possession d’outre-mer que viennent de lui ravir les troupes sudafricaines du généra] Botha.

Le territoire de Kiao-Tchéou aurait été une colonie de peuplement tout à fait privilégiée, si ce n’avait été la densité de la population chinoise, 192.000 âmes pour une superficie de 551 kilomètres carrés. « Kiao-Tchéou est situé sous la même latitude que l’Asie Mineure; l’hiver y est froid et sec (température hivernale de la Haute- Italie), surtout quand règne le vent du nord-ouest; l’hiver dure de décembre à mars; l’été est chaud et humide. La température maximum est de 4* 32°, en juillet et de 11° en janvier. Le

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climat est en moyenne favorable aux Européens et sain.» (1). En 1913, la population européenne était de 4.470 personnes, chiffre relativement faible, mais largement suffisant pour constituer un groupement assez fort destiné à prendre la direction des masses chinoises, assez amorphes par elles-mêmes et dont le « rendement économique» est si remarquable lorsqu’il est bien dirigé.

En définitive il apparaît que les territoires qui constituaient les colonies allemandes ne sont pas susceptibles, à part le Sud-Ouest Africain et les parties élevées de l’Ouest Africain, d’attirer un peuplement européen, et, en conséquence ne peuvent à ce point de vue avoir la valeur de nos possessions de l’Afrique du Nord ou des Dominions britanniques. Mais les populations indigènes de ces diverses possessions sont pour la plupart des' plus intéressantes et susceptibles de se développer et de mettre en valeur, sous une habile direction, les terres par elles habitées. Les ressources de toute nature qu’offre une population de plus de 12 millions, les capacités d’achat de ces indigènes, développées en raison même de la mise en valeur des térres habitées par eux, sont loin d’être négligeables.

Les productions de l’Afrique Orientale Allemande

L’Afrique Orientale allemande est située dans une région climatérique tropicale. Cette colonie confine, au sud, à la Mozambique portugaise; à l’est, aux rives de l’Océan Indien, du cap Delgado à l’embouchure du fleuve Umbé; au. nord, au massif du Kilimandjaro et au lac Victoria Nyanza ; et enfin, à l’ouest, la colonie' est bornée par le Tanganika, par le Nyassa et par une ligne reliant ces deux lacs, en suivant un affluent du Tanganika, puis une ligne artificielle et enfin la Sougué, affluent du Nyassa.

Au point de vue du relief on peut dire que l’Afrique Orientale allemande est composée d’une série de gradins monstrueux qui. partant de la côte, permettent d’atteindre les hauts massifs du Kenia et du Kilimandjaro, dont le sommet atteint 6.000 mètres. De grands ' et larges fleuves, coupés de rapides descendent de ces montagnes

(1) Paul Adam : La Colonisation Allemande, page 426.

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vers l’Océan Indien, ce sont le Pangani, le Rufidji et la Rovouma D’une telle constitution physique, il découle que l’Afrique Orientale allemande possède suivant les altitudes « toutes les zones climatériques de la terre. » Ces conditions géologiques et la présence d’un climat équatorial dans les régions basses produisent une grande diversité dans les cultures ; sur la côte et dans . les parties les moins élevées du pays on cultive le coton, le caoutchouc, le copal, les arbres à écorce, etc... puis à mesure que l’on s’élève, on rencontre des zones analogues, par leur climat et leurs1 productions au sud et au centre de l’Europe jusqu’à ce que l’on atteigne, dans les hauts massifs, la zone des neiges éternelles

Les productions de cette colonie sont donc des plus variées et offrent des perspectives de mise en valeur des plus intéressantes. En premier lieu, un sol si tourmenté devait fatalement renfermer des richesses minières importantes; l’exploration a révélé que cet espoir n’était pas vain. C’est ainsi que des gisements aurifères ont été découverts dans la région nord (zone de Muanza à Môssagga).

Il existe un certain nombre de gfîtes de minerais de fer, de cuivre et de plomb. Leur exploitation, bien que faite avec des moyens réduits, et bien qu’entravée par suite des difficultés de communications, a donné des résultats satisfaisants.

Des mines de charbon et de graphite ont été signalées. Deux produits minéraux donnent lieu à une exploitation très régulière et de plus en plus profitable; ce sont le mica et les grenats.

Les richesses végétales de l’Afrique Oriental^ sont diverses. L’arbre à caoutchouc est des plus répandus et , de /ce fait/ les planteurs de la colonie se sont efforcés d’en développer la culture. En 1902, l’exportation du caoutchouc était évaluée à une somme, de 2 millions de francs; en 1911, le commerce d’exportation de ce produit dépassait 6 millions, soit 218.000 kilogrammes.

Le cocotier est également très répandu sur le territoire de l’Afrique Orientale et son sous-produit, le «coprah» fait l’objet d’un actif commerce qui, en 1902, atteignait une valeur de 875.000 francs, et en 1911, 2.500.000 francs. Parmi les autres cultures indigènes, il faut citer celles du sorgho, du maïs, du riz, du manioc et des patates douces, du sésame. « La canne à sucre se rencontre dans les montagnes du Poré, dans TUssambara, dans les terrains d’alluvion

du Pangani. Dans toutes les parties de la colonie, on rencontre et on cultive l’arachide. Le tabac est cultivé dans toute la colonie » (1;.

A côté de ces productions locales si nombreuses déjà, le Gouvernement allemand a fait de très gros efforts pour développer d’une manière intensive les cultures suivantes : le café, le coton, et sur les hauts plateaux la pomme de terre et les agaves. Ces deux derniers produits ont trouvé des débouchés importants dans la colonie ellemême, au Gap et à Zanzibar, L’Afrique Orientale avait en 1913. envoyé 12.000 balles de coton en Allemagne. Pour le café, la production atteignait près de 500.000 kilogrammes à la veille de la guerre.

La faune de l’Afrique Orientale est également très riche; la chasse aux grands fauves y est pratiquée, et l’ivoire est sur certains points assez abondant. 11 était en 1911 exporté pour 57.000 kilogrammes d’ivoire, 7.590 kilogrammes de cornes de rhinocéros, et 10. C00 kilogrammes de dents de fauves. Depuis quelques années l’élevage de l’autruche donne des résultats de plus en plus heureux. Les colons allemands ont poursuivi également avec succès l’élevage des bovidés.

Les productions du Cameroun

La colonie du Cameroun s’étendait de la côte du golfe de Guinée jusqu’au Tchad, bornée du nord à l’ouest par la Nigeria anglaise et vers le sud, par les territoires français de l’Afrique Équatoriale, dirigeant à travers eux, depuis l’accord du 11 novembre 1911, les deux fameuses antennes dont les pointes atteignaient la rive droite du Congo. Situé dans la zone tropicale, le Cameroun est doté d’un climat humide et chaud et la plus grande partie de son sol est couvert par la forêt équatoriale. Celle-ci au nord, vers le Tchad, s’éclaircit peu à peu, devenant savane avant de se transformer en contrée plus ou moins saharienne.

Les principaux produits de la colonie sont, par suite de la nature du sol, et du climat tropical, des végétaux et plus spécialement des essences forestières, palmiers à huile et palmiers à cocos, dont les dérivés font l’objet d’un très actif commerce d’exportation : huile de palme, coprah. En dehors de ces essences indigènes, les planteurs

(I) Paul Adam, op. cil., page 268.

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allemands se sont efforcés de développer les cultures de cacao et du caoutchouc.

Tableau des principales productions

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