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Nous ne saurions revenir sur tous ces points. Rôle des médecins, règlement général, conditions d’admission et vie quotidienne des malades, choix du placement et des nourriciers, sont semblables à Aïinay et à Dun. ie
Ainay-le-Château, petite ville de 1532 habitants, département de l'Allier, canton de Cérilly, a conservé aujourd’hui le même aspect qu’au moment de lPinstallation de la colonie. Elle est située sur le versant nord-set d’une colline peu élevée d’où l’on domine la campagne environnante qui est verte et riante. On aperçoit au sud la magnifique forêt de Tronçais, distante seulement de 3 kilomètres, et dont l’étendue couvre une partie du territoire de huit communes.
La ville est traversée par la route nationale de Moulins à Bourges. Au pied de la colline, coule une petite rivière sinueuse : la Sologne. Le chemin de fer de Saint-Amand à Sancoins dessert la contrée par une gare, Laugère, placée à 3 kilomètres.
En arrivant en ville, on est frappé par l’aspect vietilot des rues et des maisons. De nombreux vestiges d’un riche passé d'histoire frappent le visiteur et lui donnent l’impression d’être reporté plusieurs siècles en arrière, au milieu d’une place forte du moyen àge.
Ainay a conservé une partie de ses remparts, quelques-unes de ses tours, dont la porte de l'Horloge, la tour du château, son église.
La partie des remparts du côté de la Sologne est
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conservée intégralement, elle soutient la ville qui domine ainsi la rivière. De l’autre côté, les anciens fossés ont été comblés en grande partie ; sur leur emplacement on trouve la place actuelle de la Mairie, les tours de ce côté sont incluses dans les maisons et habitées.
La porte de l’Horloge constitue la portion la mieux conservée de l’ancienne enceinte. Elle surplombe de sa masse les maisons qui l’entourent, la rue principale du pays passe sous sa voûte.
L'Eglise Saint-Etienne remonte au xi® et au xr1e siècle. Son portail est de la Renaissance.
Ce qu’on appelle le « château » est une maison avec tours du xv® et xvi® siècle qui a servi de résidence aux régisseurs des Princes de Condé.
La petite Chapelle Saint-Roch, de l’autre côté de la Sologne, remonte au début du xvrr® siècle.
Ainay-le-Château forme avec les communes de Vahigny, Isle et Bardais, Braise, Saint-Bonnet, une petite région qui à toujours été, au cours de l’histoire, disputée entre le Berry et le Bourbonnais.
La ville d’Ainay se trouvait sur l’embranchement de la
voie romaine allant de Dunum à Aquae Borbonis (Bourbon P Archambault).
* Le territoire d’Ainay faisait partie du Berry, et ainsi de la vieille Aquitaine, puis du royaume de Bourgogne et rattachée à la fin du XIIe siècle à la baronnie de Bourbon en 1256. 5e
En 1147, c’est d’Ainay qu’Archambault V part avec le roi Louis le Jeune pour la seconde croisade.
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Ainay était un des lieux de séjour des seigneurs de Bourbon. Toute la Châtellenie d’Ainay se couvre au XIVe et au XVe siècle de manoirs, castels, hostels forts de vassaux des sires de Bourbon.
Cependant, les seigneurs de Dun devenaient les vassaux du vicomte de Bourges, lui-même vassal du roi de France.
De 1360 à 1366, la région est ravagée par la guerre de cent ans. |
Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, passe à Ainay et y couche le 15 novembre 1373. Le dauphin (le futur Charles VIT) allant de Bourges en Languedoc combattre le comte de Foix, passe à Ainay le 22 ou le 23 décembre 1419.
Le 19 août 1463, Jean IT, duc de Bourbon, vend la Châtellenie d’Ainay à Patrice Foucart écuyer, capitaine d’Ainay. La Châtellenie lui revint en juin 1475.
Lors du procès du Connétable de Bourbon, instruit par le Parlement sur l’ordre de François [er, la Châtellenie d’Ainay avec les autres biens féodaux du connétable, revinrent à la Couronne de France. Elle devient une des 17 Châtellenies royales de la province du Bourbonnais.
Les guerres de religion dévastent Ainay. En Janvier 1568 l'armée protestante pénètre dans Ainay. La peste fait une incursion en 1581. En novembre 1590, les troupes royales y mettent le siège, et François des Barres vend la place par la convention du 19 août 1590, signée à Hérisson. En 1595, un capitaine nommé Villars, rançonne Ainay. Le pays est ruiné.
Puis la Châtellenie d’Ainay est détachée du Bourbonnais et concédée à des seigneurs qui ne font qu'y encaisser les redevances.
Le 25 mai 1619 est créé à Ainay un couvent des Pères Récollets, qu’on commence à construire en 1621. La peste ravage une deuxième fois le pays, et on édifie là CRDERS Saint-Roch autour de 1629.
Thèse Bobé 7
Les tanneries prennent un grand développement à Ainay au début du xvre siècle.
Pendant la Fronde, Ainay prend le parti du Roi, mais le marquis de Persan, résolut de s'emparer d’Ainay qui lui semblait une place forte importante. Obligé de se retirer, une première fois, il revient avec des canons, entre à Ainay, fait pendre le gouverneur de Beaugé, et impose un lourd tribut aux habitants, en 1652.
C’est là que commence la décadence d’Ainayÿ. Sous Louis XIV, diminution de natalité, émigration des habitants, et Cérilly va se développer au détriment d’Ainay.
De 1661 à la fin du xvini® siècle, les princes de Condé sont les seigneurs d’Ainav-le-Château.
À la révolution, Ainay restera attaché au Bourbonnais, faisant partie du département de l'Allier. Les habitants d’Ainay demandèrent que la ville devint un chef-lieu de district. [ls ne purent l’obtenir, et Ainay ne fut qu’un des huit chefs-lieux de canton du district de Cérilly.
Les Récollets, au nombre de 2 Pères et un Frère convers, se soumirent à la constitution civile du clergé, le couvent fut néanmoins vendu comme bien national le 25 août 1792. Il n’en reste que quelques ruines à côté desquelles on a construit le bâtiment qui abrita les premiers temps de la colonie,
Ainay-le-Château prend le nom d’Ainay-sur-Sologne. Il v a à Ainay 895 habitants en 1793.
Le 3 brumaire an X, la répartition administrative de l'Allier était modifiée, le chef-lieu d'arrondissement transporté à Montluçon, Ainay n’était plus qu’une commune du canton de Cérilly.
La réunion au département du Cher, d’Ainay et de son canton demandée en 1790-1791 et 1819, répond à une nécessité géographique : son débouché est sur le Cher, dans la direction de Charenton de Saint-Amand. La forêt
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de Tronçais longue de 18 kilomètres, large de 8 kilomètres forme la limite naturelle du département de l’Allier.
L'industrie comprenait à Ainay dans le milieu du x1x® siècle une poterie, des tanneries, une fabrique de draps, un gros commerce de bas de laine, et de bois. La vie économique très active donnait lieu à 11 foires par an, et un marché tous les samedis. Il y avait dans la région des industries métallurgiques : les forges de Tronçais ; enfin une porcelainerie s’est installée à Aïinay (emplacement actuel de la colonie).
Cette prospérité n’a été que passagère ; elle déchina rapidement, surtout à partir de la décadence des forges de Tronçais, usine qui n’occupe plus qu’une . centaine d’ouvriers. La porcelainerie a été abandonnée en 1900.
C’est au moment où le pays allait se trouver dépourvu de toutes ressources, que le département de la Seine décida d’y amener des aliénés hommes. Les affaires périchtaient de plus en plus. Nombreux étaient les logements disponibles par suite du départ des ouvriers.
Pour des raisons d’ordre économique, la population devait faire bon accueil à l’établissement de la colonie familiale, source de revenus inattendus pour elle.
Les Castellainaisiens sont propres, d’un tempérament calme et d’un commercé agréable, toutes conditions requises pour le choix de bons nourriciers.
Le pays est sain à cause de sa situation relativement élevée et de la nature de son sous-sol. Le voisinage de la forêt de Tronçais apporte au climat un ‘élément modérateur:
Débuts et développement
Le Docteur Lwofj, chargé d’organiser la colonie des hommes, prit son poste le 1€T juin:1900. IL trouva en arrivant à Ainay qui était alors annexe de Dun, 29 pensionnaires femmes et 1 homme.
Pour des considérations d'ordre économique, l’administration autorisa à garder 15 femmes, afin d'installer avec leur aide, un'atelier de couture. Les 14 autres femmes furent renvoyées à Dun. La présence d'hommes et de femmes n’a jamais donné lieu à aucun incident.
Le 15 juin de la: même année, le premier convoi de 12 malades hommes arriva à Ainay. D’autres trans: ferts allaient suivre, quand une grande épidémie de typhoïde éclata dans le pays: et on fut obligé: pour des raisons d’ordre sanitaire de suspendre l’envoi des pensionnaires. Le médecin dela colonie, se consacra tout entier à. aider les autorités locales à: enrayer cette épidémie qui se montrait, assez, meurtrière: La population fut favorablement impressionnée par l'intérêt. que les nouveaux venus. voulaient bien lui perter.
Aucun malade de la colonie naissante ne fut:atteint
parle mal. Le deuxième convoi de malades arriva au mois de septembre.
Dans les premiers ‘temps, le DT Lwoff éprouva de grandes diffreultés. Il'usa de tact et de délicatesse.
La population semontrait inquiète, hostile même à l'idée que des fous allaient venir parmi élle. Les protestations, au début, furent nombreuses. On craigmait ‘les hommes, on les croyait peu maniables, violents, dangereux. Il semblait notamment qu’il serait tout:à’fait impossible de les placer chez des veuves.
Le Dr Lwoff, choisit parmi les candidates nourrieières, deux veuves ‘plus intelligentes et ayant plus d'initiative que les autres. Après de longs pourpar- Jers “et de véritables conférences sur les aliénés, il
put les décider à prendre à titre d’essai, un malade homme. Une ‘fois lexpérience faite, ‘toutes les craïntes se dissipèrent. À la fin de l’année 1900, il y avait parmi les nourriciers, 19 veuves avec ou sans enfants.
Un revirement complet se produisit dans l'esprit de la population et au bout de 2 ou 3 mois, tout le monde demandait des hommes.
Les femmes devenaient d’un placement beaucoup plus difficile. On leur reprochaït d’être tracassières, intéressées, difficiles à contenter, indiscrètes, se mêlant des affaires du ménage.
La population tombait d'accord avec les aliémistes:qu savent tous combien un service de femmes “est :plus absorbant, plus difficile, qu’un service d'hommes.
Rapidement la population se montra favorable à la création de la colonie d’hommes.
Les premiers malades envoyés devaient être tranquilles, ne devaient pas être âgés de moins de 60 ans. C'était là une mesure prudente. Tout devait être fait pour rassurer les habitants : c’était le facteur essentiel pour assurer la réussite de cette tentative.
A la fin de l’année 1900, 100 malades avaient été assistés en placement familial, et 162 à la fin de 1901.
Le personnel du début était très réduit et comprenait :
19 Le Directeur-Médecin, chargé de l’organisation et de la surveillance médicale et administrative de la colonie, de la visite des pensionnaires, au moins tous les huit jours.
20 Un médecin assistant, dont le rôle était de visiter tous les jours un certain nombre de malades à domicile. Les visites étaient arrangées de façon à voir tous les pensionnaires au moins une fois par semaine.
Cet assistant ne fut nommé qu’en 1901.
30 Le Régisseur-comptable de la colonie de Dun était chargé de gérer la comptabilité.
40 Un employé aux écritures, secrétaire de Direction.
59 Deux garde-sections visitaient les placements tous les deux ou trois jours.
Un d’eux était plus spécialement attaché à la salle de coiffure où 1l travaillait le matin et visitait les placements dans l’après-midi.
L'autre s’occupait surtout de l’infirmerie et faisait ses visites quand son service le laissait hbre.
Les garde-sections notaient tout ce qu'ils avaient constaté dans la journée chez les nourriciers et rédigeaient un rapport journalier.
60 La femme du garde-section EVE à l’infirmerie faisait la cuisine pour les malades.
7e La surveillante en Chef du vestiaire était chargée de la direction générale de l’Infirmerie.
8 Deux tailleurs, qui faute de place dans le centre de la Colomie, avaient établi chez eux un atelier et confectionnaient des vêtements pour le vestiaire. Un atelier de cordonnerie fonctionnait dans les mêmes conditions.
90 Enfin, il nous reste à noter qu’on avait choisi parmi les malades, deux infirmiers-auxiliaires, dont un restait à la colonie, tandis que l’autre était chargé de s’occuper des malades du dehors. Un malade, ancien coiffeur, faisait la barbe et coupait les cheveux, sous la direction du surveillant-coiffeur. Enfin, un horloger et un peintre en bâtiments, malades également, travaillaient pour la colonie.
Si nous avons donné quelques détails sur le personnel à la vérité rudimentaire, c’est pour montrer combien le DT Lwoff a dû utiliser les capacités et la bonne volonté de chacun pour assurer le succès de l'institution qu’on lui avait confiée.
En 1900, le centre de la colonie ne disposait que d’une petite maison à un étage, avec façade sur la
rue des Récolletset à peine quelques:mètres deterrain pour jardin ;les locaux comprenatent :
À) Aurrez-de-chaussée : |
40 L'Infirmerie, avec un seul dortoir de sept hts, dont trois ou quatre presque constamment occupés par les malades somatiques.
20 Le bureau médical et la pharmacie.
30 Une salle de réunion, :petite pièee ‘unique qui servait aussi de réfeetoire et de salle de jour ‘pour les malades excités «et malpropres. Elle était ‘peu fréquentée. |
B) Au premier -étage, le vestiaire et un atelier de couture qui fonctionnaient réguhèrement à l’æde de malades femmes qui y venaient travailler tous Les Jours.
Les bains étaient installés dans ‘une maison en location sur la Sologne. Le service en était régulier. Une salle de coiffure était.annexée à la salle de‘bains.
Le médecin était logé en dehors de l'établissement.
En ‘présence de l’exiguité de cette installation ‘et du développement que prenait la colonie, l'A dmumistration se décida à faire Pacquisition ‘d'un emplacement et de bâtiments plus spacieux.
Au cours de l’année 4901 fut achetée une aneïenne porcelainerie abandonnée, située au mulieu d’un terrain de 8.000 mètres carré-et dont les vastes: corps de bâtiments pouvaient être appropriés aux besoins nouveaux. Les travaux d’appropriation commencèrent au mois de juin 1901 et se terminèrent à la fin de l’année 1902.
‘Ce-centre nouveau de la colonteétait amsi composé :
19 Un grand bâtiment central.
20 Un autre bâtiment perpendiculaire au premier, composé de plusieurs locaux indépendants.
30 Une petite maison d'habitation.
Dans le rez-de-chaussée du grand bâtiment étaient situés : le bureau du Médecin-directeur, le bureau du médecin-adjoint, le laboratoire, avec cabinet noir pour la photographie et le bureau du régisseur et une grande salle d'attente :pour les nourriciers. Plus loin, toujours au rez-de-chaussée, se trouvait un vaste réfectoire, avec cuisine et office.
Au:premuier étage, un dortoir de 12 lits. Une antichambre où étaient installés les lavabos et les waterclosets, séparait ce dortoir d’un autre de cinq lits.
Quatre chambres de 1 et 2 lits, destinées aux malades dont l’état nécessite l’isolement et aux infrmuers, donnaient également sur cette antichambre.
Le deuxième étage, mansardé, contenait un ‘assez grand atelier de couture, des magasins pour le vestaire, une petite -salle d’attente et une chambre de réception et d'habillement.
Le deuxième corps de bâtiment présentait trois parties bien distinctes «et séparées quoique contiguës.
La première contenait le quartier d’isolement au rez-de-chaussée :et le logement du ménage d’infirmier au premier. Le quartier d’isolement se camposait d’une grande pièce au milieu et de deux chambres plus petites de chaque côté. La grande pièce cen-
trale servait de salle de jour aux malades placés dans les chambres.
La deuxième servait d’atelier aux tailleurs et aux cordonniers. Au premier au-dessus de ces ateliers se trouvait le logement de la Surveillante en Chef du vestiaire qui était aussi la surveillante de l’Infirmerie,
La dernière partie, vaste pièce de 10 mètres de longueur, sur 11 mètres de largeur et 5 mètres de hauteur, servait de salle de réunion permanente avec bibliothèque.
Dans l’angle nord-est de la propriété, on construisit l’amphithéâtre avec une salle des morts et une salle d’autopsie.
Dans l’angle sud-est se trouvait une petite maison destinée au médecin-directeur.
L’Infirmerie était alimentée en eau par un puits et une citerne. Cette eau était amenée par une pompe à manève.
Le service des bains, toujours situé au bord de la Sologne, comprenait quatre baignoires. Les malades devaient se baigner deux fois par mois. Un bain gratuit par mois était assuré aux nourriciers. Enfin un jour fixe par semaine était réservé aux habitants qui moyennant (0 fr. 30 pouvaient se faire préparer un bain.
Un salle de coiffure était annexée à l’établissement de bains. Un surveillant coiffeur $secondé par un pensionnaire, faisait la barbe des malades une fois par semaine et les cheveux une fois par mois.