CHAPITRE VIII
Industrie : sucre ;— rhums ; — tafias ; — poteries ; — chaufourneries ; — pêche. — Commerce. — Exportation. — Importation — Marchandises importées. — Marchandises exportées. — Entrepôts. — Navigation. — Douanes. — Communications.
Les industries sont peu nombreuses à la Martinique.
On s'y livre particulièrement à la fabrication du sucre.
Les lois de 1860 et de 1861, l'une sur le régime des sucres, l'autre sur l'exportation des produits coloniaux à l'étranger, ont imprimé à l'industrie sucrière de l'île une impulsion remarquable. Pour rivaliser avec l'étranger, on a dû abandonner les vieux errements et adopter les nouveaux systèmes.
Après la fabrication du sucre, vient celle des rhums et tafias qui s'y rattache. La qualité de ces spiritueux, qui laissait à dé-
sirer, a, depuis quelques années, atteint un haut degré de perfection. En 1861, la fabrication de ces produits a été mise en ferme et a rapporté en 1862, dans les diverses communes de l'île, une somme de 602,560 fr.
La Martinique possède 11 poteries et 78 chaufourneries. Les madrépores et les coquillages servent à la fabrication de la chaux.
La pêche a lieu au moyen de canots ou de pirogues non pontées.
La marine locale présentait, en 1858, l'état suivant :
Bateaux à vapeur 4
Goélettes 8
Bateaux à voiles.... 32
Gros bois, pirogues et autres embarcations 1,421
Antérieurement à la loi de 1861, le commerce de la Martinique était régi par la loi du 29 avril 1845.
On peut ainsi résumer ce régime antérieur.
Fermeture des marchés étrangers aux produits coloniaux, les sirops et tafias exceptés ; traitement de faveur accordé aux produits coloniaux sur les marchés français ; réserve du marché colonial aux produits français, sauf quelques exceptions ; privilège du pavillon national pour les transports entre la France et les colonies, et réciproquement de colonie à colonie.
Depuis la loi du 3 juillet 1861, promulguée à la Martinique le 6 août de la même année, la colonie est libre d'exporter ses produits à l'étranger et de recevoir les marchandises étrangères sous tout pavillon. La franchise douanière a été, par le décret du 6 octobre 1862, accordée aux produits exportés de France aux colonies, fabriqués avec les marchandises étrangères admises temporairement en France.
La Martinique a cinq ports ouverts au commerce :
Saint-Pierre, Fort-de-France, la Trinité, le Marin, et le port du François (celui-ci à titre provisoire).
Le mouvement du commerce de la colonie, soit avec la France, soit avec l'étranger et les autres colonies, depuis le dix-huitième siècle jusqu'à nos jours, est intéressant à observer.
Voici le relevé de ce mouvement depuis 1736 (avec la France, et depuis 1790 avec l'étranger).
Commerce de la colonie avec la France.
Importations (marchandises françaises) » fr.
Exportations J 6,000,000
Importations 14,707,035 fr.
Exportations 21,683,741
importations 19,690,530 fr.
Exportations 23,229,339
Importations 10,442,137 fr.
Exportations 30,246,286
Importations 9,186,808 fr.
Exportations , 15,4 1 2,567
Importations 19,573,626 fr.
Exportations 1 7,157,827
Exportations 19,833,27 7
Importations 16,658,898 fr.
Exportations 16,244,450
ISIO
Importations 20,869,159 fr.
Exportations 15,390,374
Importations 19,791,920 fr.
Exportations 21 ,7 29,591
Importations 18,644,189 fr.
Exportations 10,01 8,952
Importations 18,720,054 fr.
Exportations 14,262,768
Importations 21,108,444 fr.
Exportations 21,322,225
Importations „ 22,343,8G1 fr.
Exportations 19,400,937
Importations 20,074,822 fr.
Exportations 19,983,953
Commerce de la Martinique avec V étranger et les autres colonies françaises.
Importations (1) 2,090,359 fr.
Exportations 1 ,218,757
Importations 3,756,744 fr.
Exportations 1 ,990,399