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CHAPITRE II

Le Grand-Bassam. — Assinie. — Dabou. — Saisons. —Ras de marée. —

Indigènes.

L'établissement français du Grand-Bassam , disent les Notices, s'élève sur une langue de sable marécageuse située para0 11' 40" de latitude N. et 6° 3' 4" de longitude 0., à la pointe occidentale d'entrée de la rivière Costa ou de Grand-Bassam.

Larivièreaune largeur variable de 200 à 250 met. à son embouchure; elle est barrée par des fonds qui oscillent entre 10 et 15 pieds. La barre est dangereuse, surtout en juin, juillet, août et septembre. Des bâtiments à voiles, calant 3 met. à3m,50, peuvent la franchir, mais avec précaution, en décembre et janvier.

Une fois la barre passée, la rivière devient profonde, et l'on y trouve depuis 8 met. jusqu'à 10 met. de fond ; elle s'élargit aussi considérablement et à 1 mille de son embouchure, on trouve une petite île, l'île Boët, qui la divise en deux.

Un peu au delà de cette île, une vaste lagune sans courant remonte vers le N.-N.-O. pour s'étendre ensuite à l'O. jusqu'à la rivière de Lahou. Quant à la rivière de Grand-Bassam, elle se dirige vers l'est, prend alors le nom d'Akba, et traverse le pays d'Aka qu'elle sépare du Potou et du territoire d'Alepé plus au nord, direction générale que prend l'Akba devant les villages de Yalou et d'Impérié.

Le village de Grand-Bassam se trouve en face de l'Akba, sur la rive droite de la lagune, à 2 milles environ de la barre ; c'est la résidence du roi des Bassamans.

En dépassant ce village, fort étendu sur la rive, la lagune se partage en deux bras dont le principal remonte au nord et sépare le pays de Potou de celui d'Ébrié ; l'autre bras va rejoindre la lagune plus à l'ouest, formant de grandes îles habitées qui dépendent de Grand-Bassam.

Le bras de Potou, ainsi que la lagune et la rivière Akba jusqu'au barrage d'Alépé, est navigable d'un bout à l'autre pour des bâtiments calant au plus 8 pieds chargés. La langue de terre qui sépare la lagune de la mer est habitée par les courtiers indigènes connus sous le nom de Jack-Jacks.

Dabou se trouve à 50 milles environ à l'ouest de Grand-Bassam.

Le poste français s'élève sur la rive septentrionale de la lagune, au fond de la baie qu'il commande, ainsi que plusieurs villages voisins.

Assinie est séparé du pays de Grand-Bassam par le pays d'Aka. Il est à 27 milles à l'est de Grand-Bassam, à 8 kilomètres de l'embouchure de la rivière d'Assinie, sorte de canal par où les lagunes d'Ahy et d'Ehy versent à la mer les eaux qu'elles reçoivent des rivières de Krinjabo (Bia) et de Tansé.

Le comptoir actuel d'Assinie s'élève sur la rive droite, à 9 milles de l'embouchure et à 4 mille du village d'Assinie. Le fort commande la rivière. — L'embouchure de l'Assinie présente une barre tournante fort dangereuse, impraticable aux bâtiments à voiles. Les avisos à vapeur de 20 à 30 chevaux ont pu seuls y pénétrer jusqu'ici.

La résidence du roi d'Assinie ou d'Amatifoux, le grand village de Krinjabo, est à 24 milles, sur la rive gauche de l'Assinie.

Le territoire de Grand-Bassam et d'Assinie avec ses lagunes aux eaux stagnantes est extrêmement malsain, surtout à l'intérieur. Nos postes, rapprochés de la mer, dont ils reçoivent les brises, subissent moins l'influence funeste de cet état de choses.

La marée a lieu à 4 heures 20 minutes. Elle se fait sentir peu régulièrement, et à 2 ou 3 milles de terre.

On compte deux saisons pluvieuses. La première se prolonge de la fin d'octobre aux premiers jours de décembre ; c'est la saison des lièvres. La seconde commence à la fin de mars et dure jusqu'à la fin de juin; c'est l'époque des tornades et des ras de marée. La belle saison règne du milieu de décembre à la mi-mars. A l'ombre, on a 30 à 32° centigrades, et au soleil 66°. — De juillet à octobre, la température descend à 25°. Des pluies fines et rares distinguent cette saison.

Les indigènes de Grand-Bassam et d'Assinie, peu nombreux, ont le teint généralement noir, parfois cuivré comme les Peuls du Sénégal; leurs traits grossiers, leur nez épaté, sont rachetés par leur taille qui est grande et bien prise, par leur peau qui est fine, mais ils seraient rendus plus disgracieuxencore, s'il était possible, parla manière dont ils se tressent les cheveux en carrés ou en losanges. Astucieux, pillards, paresseux, féroces jusqu'à l'anthropophagie, dont notre contact les a pourtant à peu près corrigés, ils vivent de pêche, de larcins, d'ignames et de manioc.

Ils sont fétichistes. Dans leurs cases, se trouve un réduit où

trône le monstre fantastique, en bois peint et grossièrement sculpté, sous la protection duquel est placée la famille. Ce culte leur suffit ; ils sont, paraît-il, réfractaires à tout autre.

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