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PREMIÈRE SÉRIE

l"® SECTION : Bois. — La collection des bois de la Réunion, par la dimension du plus grand nombre des spécimens qui la composaient, avait un caractère scientifique plutôt qu’industriel. Elle a suffi cependant pour donner une idée de la variété des essences qui peuplent les rivages, les pentes, les montagnes de cette île, située sous le tropique, dans des conditions de climat et de sol éminemment favorables à la végétation forestière. Malheureusement, les nécessités de la culture et les besoins de la consommation domestique ou industrielle ont étendu le défrichement au delà de ses limites naturelles, et amené la destruction plutôt que l’exploitation des bois qui descendaient autrefois des hauteurs sur le rivage, il n’en reste plus qu’une ceinture de 3 à 6 kilomètres de large, entre la zone des cultures et celle des plateaux supérieurs; elle est protégée contre de nouvelles dévastations par l’arrêté du gouvernement local en date du 8 avril 1833. C’est là que croissent naturellement les meilleurs arbres de construction, plus reiparquables pourtant par leurs qualités industrielles que par leurs fortes dimensions.

On peut y relever plus de 80 essences dignes d’attention à divers titres et d’une exploitation , assez facile, tandis que d’autres espèces, moins remarquables, quoique utiles encore, peuplent les rares massifs, çà et là épargnés par la hache, au voisinage des cultures, ainsi que les ravines de l’intérieur et les flancs abrupts des montagnes, jusqu’à la hauteur où cesse toute végétation forestière.

Parmi ces diverses essences, l’exposition permanente possède les suivantes, d’un emploi usuel dans l’industrie (sans parler de celles où dominent des propriétés tinctoriales et médicales) :

Andrèse {Celtis madagascariensis). Charronnage et tour,

Affouche rouge {Ficus cordifolia). Pirogues et lambris, cannes.

Acajou à fruits {Anacardium occidentale). Charpente et menuiserie.

Amer {bois). Bois de tour.

Acacia bernier {Acacia dealbata) de la Nouvelle-Hollande. Charronnage.

Bassin moiré (Blackwellia paniculata). Construction et ébénisterie.

Benjoin {Terminalia mauritiana). Construction, menuiserie, charronnage.

Blanc (Hernandia ovigcra). Planches pour lambris.

Bancoulier {Aleurites triloba). Planches pour lambris.

Balai des bas {Erythroxylon hypericifolium). Charpente. Bananier à petite feuille {Cascaria fragilis). Tables d’harmonie. Bois de l’Inde et de buis {Murraya exotica). Tour, ébénisterie, construction.

Caféier marron {Coffea mauritiana), Cannes.

Café moka {Coffea arabica). Tour.

Cannellier marron {Laurus cupularis). Charpente, planches moyennes, bois de fusil.

Conibava {Citrus aurantium histrix). Ébénisterie.

Camphrier [Laurus camphora). Ébénisterie.

Change-écorce [Ludia heterophylla). Charpente et tonneaux. Cbampac [Michelia champaca). Coffres.

Cœur-bleu [Prockia theiformis). Charronnage.

Cyprès étalé (Cupressus horizontalis). Ébénisterie et charpente. Caoutchouc (Ficus elastica). Menuiserie.

Cèdre de la Jamaïque [Guazuma ulmifolia). Tonnellerie. Condori ou Corail végétal [Adenanthera pavonina).

Chêne blanc.

Cors blanc [Blackwellia paniculata). Construction.

Chirurgien [Olea cernua). Tour, ébénisterie.

Campêche [Hœmatoxylurn campechianum). Meubles, archets. Cerisier du Brésil [Eugenia brasiliensis). Tour.

Cerisier cannelle [Eugenia Michelii), Tour.

Citron doux [Citrus decumana). Ebénisterie.

Cocotier [Cocos nucifera). Poutre; marqueterie (racines).

Évis [Spondias cytherea). Pirogues.

Ébène [Dyospyros ebenium., menalida). Ébénisterie, marqueterie, construction.

Écorce blanc [Fissilia psittacorum). Aissantes, coussinets de meule.

Fer [Sideroxylum cinereum., borbonicum). Construction.

Figuier marron [Dombeya species). Panneaux.

APPENDICE

Filao {Casuarina lateri folia). Construction.

Fandamane {Prockia theiformis). Charpente et douveiHes. Gaulette blanc ou bâtard (Cupania borbonica alternifolia). Charpente, tour, engrenage, mâtures.

Gaulette rouge {Melicocca diver si folia). Charpente.

Gaulette marron [Cupania levis). Charpente.

Giroflier [Caryophyllus aromaticus) . Menuiserie, ébénisterie. Goyavier à fruit blanc [Psidium pyriferum). Petite charpente, avirons, douvelles.

Goyavier sauvage [Prokia theiformis). Charpente,- tonnellerie. Goyavier marron rouge [Ludia sessiliflora). Charpente, avirons. Goyavier du pays à fruit rouge [Psidium pomiferum). Menuiserie.

Hipé [Bassia longifolia). Charpente.

Judas [Cossignia borbonica). Charpente, tour.

Jaune à grandes feuilles [Ochrosia borbonica). Charpente, ébénisterie, tour.

Jamrosa [Jambosa vulgaris). Construction.

Jacquier [Artocarpus jacca^ integri folia). Ébénisterie, charronnage, tour.

Jamlong [Syzygium caryophyllum, jambolanum?]. Chevrons, avirons.

Jujubier [Zizyphus jujuba). Menuiserie.

Joli cœur [Senecio undulata). Petite charpente.

Janvier [Poupariia borbonica). Charpente.

Losteau [Antirhœa verticillata). Charpente, menuiserie.

Lait à cœur rouge [Tabernœmontana borbonica). Coffres.

Lilas [Melia azederach). Charpente, charronnage.

Latanier [Latania borbonica). Charpente.

Muscadier [Myristica aromatica). Crayons.

Mahaut [Dombeya punctata). Construction.

Manguier [Mangifera indica). Bourrellerie.

Manguier à grappes [Sorindeia madagascariensis). Menuiserie. Mabolo [Diospyros mabolo). Charpente, tour.

Maigre [Nuxia verticillata). Chevrons.

Mapou blanc [Andromeda pyrifolicf). Planches poür lambris. Millepertuis [Hypericum lanceolatum) . Meubles.

Marlborough blanc [Nuxia verticillata). Bardeaux, charpente. Nattes à petites feuilles [Imbricaria petiolaris). Construction, ébénisterie, carrosserie.

Natte à grandes feuilles {Imhric'aria maxiraa). Ébénisterie, constructions. >

Natte cochon {Gœrtneria vaginata). Ebénisterie.

Nèfle {Jossinia elliptica et rnespiloïdes) . Charpente.

Noir blanc {Acacia lebbeck). Tour, ébénisterie, charronnage. Noir des hauts {Diospyi^os melanida). Charpente, menuiserie. Noir rouge, id. noir [Acacia lebbeck). Charronnage, ébénisterie, engrenages, courbes pour chaloupes.

Oiseau (bois d’) {Geniostoma borbonicum). Construction.

Olivier blanc (O/ea lancea). Tour, ébénisterie, menuiserie. Olivier noir {Olea chrysophylla). Tour, ébénisterie.

Oranger Ébénisterie.

Orangine {Eriphasia aurantiola). Ébénisterie.

Ouatier [Bombax malabaricum). Planches communes.

Palmiste marron {Areca lutescens). Parasolerie. Pamplemoussier {Citrus aurantium pampelmos). Marqueterie. Patte-de-poule {Toddalia paniculata). Planches pour lambris. Pêcher {Jossinia colixifolia). Charpente.

Pêcher moxcon {Syzygium /jamcw/afwm). Parasolerie, marqueterie, construction.

Perroquet {Fissilia psittacorum) . Construction.

Pomme {Syzygium glomeratum). Construction.

Puant (bois) {Fœtidia mauritiana borbonica). Construction. Quatre-épices {Myrtus pimenta). Ébénisterie.

Rempart {Monimia myrtifolia). Construction.

Rivière {Leucothoe saliei folia). Ébénisterie.

Ronde {Erythroxylon longi folium). Construction.

Rouge oriental {Elœodendron orientale). Construction, chaloupes, pirogues.

Sabine [Thuya orientalis). Tour.

Sable {Sideroxylon cinereum). Pirogues.

SB-ïiàaX {Poupartia borbonica). Tour.- Schinus terebinthaceus. Menuiserie.

Senteur h\Q\i{Assoniapopidnea). Chevrons, outils de menuiserie. Senteur galet {Olea cernua). Ébénisterie, tour, construction. Strophantus aurantiacus . Tabletterie.

Tacamahaca blanc {Calophyllum spuydum). Constructions, charronnage.

Tacamahaca rouge {Calophyllum niophyllum). Charronnage, constructions maritimes.

APPENDICE

Tamarinier [Tamarindus indica). Charronnage, courbes d’embarcations.

Tamarinier dés hauts [Acacia heterophylla) . Charronnage, courbes d’embarcations, aissantes.

Tan rouge {Weinmanniamacrostachya). Charronnage, constructions maritimes.

Tanghin venemfera). Menuiserie, ébénisterie.

Teck d’Arabie {Cardia amplifolia). Planches.

Tourtour de Mozambique (Rhinocarpus longifolius). Ébénisterie.

Yache (bois de) {Leucothoe pyrifolia) . Constructions.

Cet aperçu des richesses forestières de la Réunion indique tout au moins les ressources qu’y trouveront, à défaut de l’exportation que ne permet guère le peu d’importance des massifs boisés, les diverses industries locales qui emploient le bois; il signale en même temps au pays l’utilité des mesures protectrices qui substituent un aménagement régulier à des abatages inintelligents.

Le jury a décerné une médaille d’argent à MM. Deshayes et compagnie, à Saint-Pierre, pour les pièces de charronnage qu’ils ont exposées, et qui sortent de leur établissement, où ils débitent mécaniquement les bois du pays.

Il a décerné une médaille de bronze, pour le concours qu’ils ont prêté au commissaire du gouvernement chargé de former la collection des bois à :

MM. Desaifres, inspecteur des eaux et forêts à Saint-Denis;

Dierx, directeur de l’établissement de M. LoricourtDebeaulme, à Saint-Denis ;

René Pouget, propriétaire à Saint-Pierre.

,2® SECTION : Textiles autres que le coton et la soie. — Les colonies françaises possèdent un grand nombre de végétaux dont les tiges, les écorces, les feuilles, contiennent des fibres résistantes qui, après les préparations convenables, se prêtent aux mêmes emplois que les textiles les plus estimés : fils, tissus, cordages, paniers, corbeilles, hamacs, sacs, nattes, filets, chapeaux, parures, vêtements, cuir végétal, etc. Les essais tentés en Algérie sur Valfa, le dis et le palmier nain, les emplois déjà connus du mûrier à papier constatent les ressources que- ces textiles offriraient pour la fabrication des cartons et des papiers.

. Parmi les objets destinés au concours général, le jury a distingué la belle collection des matières fibreuses de la Réunion,

envoyée par M. Manès; et, lui tenant compte de ses nombreux et persévérants essais pour découvrir des emplois industriels et fructueux à ces ressources du sol généralement peu appréciées, ainsi que de l’ensemble de sa participation au concours, il lui a décerné une médaille d'or. Les échantillons de M. Manès comprennent surtout des agave, des bananiers, de la bourre de coco, du crin végétal de palmiers, du vacoa (Pandanus utilis), etc., etc.

Une pareille médaille a été décernée à M. Richard, directeur du jardin botanique de Saint-Denis, à la Réunion, qui avait exposé en son nom quelques libres textiles d’un intérêt particulier [Sanseviera latifolia et S. cylindrica, Urtica nivea), et avait, en outre, par ses soins personnels et par les cultures du jardin botanique, concouru aux nombreux envois de l’administration locale. Le jury a voulu honorer, par cette récompense, une longue carrière, tout entière consacrée aux sciences appliquées à la culture? et qui compte, parmi ses titres les plus méritoires, la création au Sénégal d’un jardin d’essai {Richard 7b//), il y a près de quarante ans.

Une médaille d’or a été également décernée à M. Perrottet..., qui revendique l’honneur d’avoir doté de la vanille l’île de la Réunion....

Une mention honorable a été accordée à mademoiselle Céleste Rivière, de la Réunion, pour ses chapeaux 'de latanier, remarquables par une légèreté souple qui n’exclut point la solidité. Cette industrie occupe utilement les loisirs de certaines familles de la colonie, et, bien qu’elle n’ait pas de grandes chances d’entrer dans le courant des exportations, elle est un bon élément du travail local.

Sans décerner aucun prix aux sacs à sucre en feuilles de vacoa {Pandanus utilis), parce qu’aucun des objets exposés ne lui a paru marquer un progrès dans la fabrication, le jury a néanmoins examiné, avec intérêt, les produits d’une industrie domestique, qui assure aux pauvres du pain et la monnaie de tous les jours, et qui, après avoir satisfait aux demandes des usines, fournit un excédant que l’on exporte à Maurice.

3® SECTION : Cotons. — Des mentions honorables ont été attribuées à M. Desprez, ainsi qu’à M. Torris, de la Réunion, dont les cotons étaient supérieurs aux autres de même provenance, géné% râlement un peu laineux et grossiers, non sans doute par la faute

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du sol ni du climat, mais par le mauvais choix des graines et rinsuffîsance des soins.

4® SECTION : Ouates et soies végétales. — ... Le jury a remarqué encore des fleurs artificielles, réunissant l’éclat à la fraîcheur et à la légèreté, fabriquées avec les aigrettes plumeuses des graines du Beaumontia grandiflora^ arbrisseau sarmenteux qui croît à la Martinique et à la Réunion. La mode parisienne pourrait peutêtre trouver dans cette plante une matière nouvelle pour ses parures.

5® SECTION : Matières tinetoriales et tannantes. — ... Le bois noir {Acacia lebbeck) de la Réunion a été signalé par le jury.

6® SECTION : Matières oléagineuses et savonneuses. — ... A la Réunion, on possède une huile de badamier précieuse pour l’horlogerie, et une autre pour les outils d’acier, que fournit une espèce de chardon....

Deux médailles d’argent ont été accordées, l’une à M. Grelot, de la Réunion, pour ses savons à l’huile d’illipé, l’autre à M. Vinchant, de la même colonie, pour une belle collection d’huiles de graines de cucurbitacées.

Deux médailles ont été accordées à ilf. Rouman, de la Réunion, pour son huile de hancoul, et àflf. Toulorge, de la même île, pour cette même sorte d’huile et pour celle de pignon d’Inde.

Une mention honorable a été accordée à M. Vireslier, de la Réunion, pour produits analogues.

7® SECTION : Farines et Fécules.

Médaille d’argent à madame veuve des Étangs, de la Réunion, pour la collection des produits de cet ordre qu’elle a exposés et qui donnent une idée de l’important commerce qu’elle a organisé à Tusage des navires qui ont à faire des approvisionnements : ses tapiocas granulés ont été particulièrement remarqués.

Mention honorable à M. Levasseur, de la Réunion, pour sa fécule de mangues.

8® SECTION : Sucres. — ... En présence des lots nombreux qui figuraient au concours, le jury a cru devoir établir trois catégories, suivant les procédés industriels plus ou moins perfectionnés qui ont servi à leur préparation.

Les producteurs français emploient, en effet, trois systèmes de fabrication qui représentent en quelque sorte les trois âges du progrès industriel. Le plus ancien, celui qui est fondé sur une tradition séculaire, consiste à évaporer et à cuire le vesou (jus de la

canne) dans des chaudières, généralement en fonte, liées entre elles : c’est ce qu’on appelle le système à feu nu, presque seul usité encore dans les Antilles, mais à peu près abandonné à la Réunion.

Le second système consiste à évaporer le vesou jusqu’à la densité de 28° à 30° (à l’aréomètre de Baumé) dans une loatterie de huit chaudières qui, du nom de son inventeur, est appelée batterie Gimard ; après quoi la cuisson s’opère à l’air libre, dans les chaudières à basse température, dites Wetzelles. Ce procédé n’est guère employé qu’à la Réunion.

Le troisième système consiste à évaporer le vesou jusqu’à la densité de 30° (aréom, de Baumé) et à en achever la cuisson dans des chaudières Howard, dont le principe est le vide; et qui sortent généralement de la maison Derosne et Cail.

En outre de ces grandes divisions, qui constituent autant de systèmes, il existe de nombreuses différences secondaires dans les pratiques. Ainsi, dans certaines usines, le sirop, après sa cuisson dans les chaudières et son refroidissement dans de grands réservoirs en bois ou en bitume, vulgairement appelés tables^ est déposé dans des caissons où il se purge, tandis que, ailleurs, le sucre cristallisé est puisé dans les tables et port^ dans les turbines, admirables machines à force centrifuge qui , en un clin d’œil, purgent le sucre', suppriment en conséquence les caissons, foyer permanent de fermentation, et n’exigent en outre qu’un modeste local. Certains fabricants turbinent le sucre, sans adjonction d’eau ni même de clairce, et les sucres de sirop se trouvent mélangés dans la qualité moyenne de la fabrication ; certains autres recourent à beau et à la clairce. Mais, sans s’arrêter à ces pratiques, le jury n’a établi des types distincts de second ordre que dans le système de cuisson dans le vide, suivant que les spécimens se présentaient sons forme de gros grains, obtenus par une cuite à charges successives, ou en grains fins provenant de cuites par charges simultanées.

A. Première catégorie. — Sucres cuits dans le vide, avec ou sans appareils centrifuges.

Premier type. — Sucre à gros grains.

Médailles d’or : MM. Adam (Réunion), sucre tant du premier que du second jet, sec et nerveux ; Deshayes (Théodore), de la Réunion, sucres blancs et d’une brillante cristallisation; Viguerie

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(Réunion), sucres secs, de nuance et de qualité régulières sur une fabrication de 1,500,000 kilogr.

Médailles d’argent : MM. Guy de Ferrières (Réunion) et Thomy- Lory (Réunion) : sucres à gros grains bien détachés, mais de nuances inférieures aux précédents.

B. Deuxième catégorie. — Sucres préparés par le "système mixte dit Gimart et Wetzelle.

Médailles d’argent : MM. Duboisé; Hibon et Gboppy; Y® Sicre de Fontbrune ; Benjamin Yergoz, de la Réunion ; la Société des Comores (Mayotte).

Médailles de bronze : MM. Barbe et Rétout ; Charles Robin ; Yalmyre Riquebourg ; Wetley, de la Réunion.

C. Troisième catégorie. — Cuisson à Pair libre. Procédé traditionnel.

Médailles de bronze : M. Lagourgue, de la Réunion; Thomas (Mayotte).

Mentions honorables : MM. AnicetOrré; Joseph Lelièvre, de la Réunion.

Les sucres de Mayotte, qui ont figuré au concours, sont un précieux spécimen des richesses de cet ordre que peut fournir cette colonie française; elle paraît au jury l’une des plus douées d’avenir malgré son peu d’étendue, l’une des plus assurées d’une prochainé et haute prospérité, si des communications régulières la rattachaient à la Réunion, centre du commerce et de la politique française dans les parages de Madagascar, autre plus vaste théâtre ouvert à nos entreprises sous la protection de notre droit.

9® SECTION : Alcools, liqueurs, conserves, huiles essentielles.

Médaille d’argent : M. Louis Élie, à la Réunion, pour son rhum.

Médailles de bronze : MM. André Féry, à la Réunion, pour son rhum; Géringer, à la Réunion, pour son curaçao.

Mention honorable : M. Deguigné, à la Réunion, pour son rhum.

Médaille de bronze : M. Périchon, de Sainte-Marie, pour conserves et fécules.

Médaille d’or : M. Deler, de la Réunion, pour son essence de cannelle.

11® SECTION : Cafés. — Le café jouait autrefois, dans la production et le commerce des colonies françaises, un rôle dont il est

bien déchu pour diverses causes : la concurrence déplus en plus triomphante de la canne à sucre, les maladies qui ont frappé à la Réunion le bois noir {Acacia lebbeck), lequel sert d’abri aux jeunes caféiers, et enfin, aux Antilles, l’épuisement des terres et les ravages d’un insecte {elachysta coffeola) qui dévore le parenchyme des feuilles. Malgré ces échecs, cette feuille tient encore le second rang dans l’économie rurale de nos colonies, quoique à grande distance du sucre ; dans presque toutes, de sérieux efforts sont tentés pour la remettre en honneur.

C’est à la Réunion que cette renaissance est le plus manifeste. Là, le moka, originaire de l’Arabie et renouvelé à la soure même, il y a une trentaine d’années, n’a rien perdu de son arôme exquis ; l’arbre pèche seulement sous le rapport de la longévité ; trop souvent il périt après avoir donné une belle récolte. Diverses espèces ou variétés lui disputent la faveur publique ; la variété dite Zeroy, du nom du capitaine qui en fut l’introducteur, compensant une saveur moins agréable par une plus grande rusticité des sujets; le myrte^ qui approche du moka par le goût, et le dépasse par la longévité ; Véden, café à très-petits grains, ainsi nommé de la plantation où il prospère le mieux ; le marron ou sauvage^ indigène à Rourbon et à Maurice, de peu d’arome, mais d’une saveur amère et forte qui relève agréablement la délicatesse des autres. Les quatre premières sortes ne sont que des variétés du coffea arabica, la quatrième constitue l’espèce appelée coffea mauritiara.

A l’occasion des beaux cafés exposés par M. de Floris, de la Réunion, le jury a décerné à ce planteur une grande médaille d’or, spécialement pour ce produit, et généralement pour l’ensemble de ses lots, témoignage des efforts aussi persévérants qu’intelligents qu’il ne cesse de faire pour le maintien et la propagation des cultures secondaires ; c’est à ses exemples et à ses instructions que la Réunion doit la popularité dont y jouit la vanille.

Médailles d’argent : MM. Alphonse Frappier, de la Réunion, pour un café décortiqué par un procédé dont il est l’inventeur, et qui, sur les marchés, assure à ses cafés un prix inférieur de dix pour cent au prix des similaires préparés par les méthodes ordinaires; M. Jean Keur, de Nossi-Ré ; madame veuve Lossandière, de la Réunion, pour son moka.

Médaille de bronze: M. de Villèle, de la Réunion.

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12® SECTION : Cacaos. — Dans toutes nos colonies à culture, les cacaos prospèrent, et dans plusieurs ils rivalisent d’importance avec les cafés.

Médaille d’argent : M. Bellier-Montrose, de la Réunion.

Médailles de bronze : MM, Jaillet, de la Réunion, pour son beurre de cacao ; Manlius, de la Ptéunion, pour ses cacaos en grains.

13® SECTION : Épices^ condiments, aromates. — Dans cette section figuraient ces dons si variés de la nature tropicale qui ne sont que des accessoires dans l’alimentation et les industries de l’Europe, mais que les habitudes raffinées de la civilisation font de plus en plus apprécier, et qui de tout temps ont compté parmi les éléments de la fortune commerciale des peuples navigateurs. L’assortiment presque entier de ces matières figurait au concours : la vanille, la cannelle, le poivre, la muscade, le girofle, le gingembre, le piment, le patchouly, le vétiver, la fève tonka, le bétel, et une foule d’autres moins connues : l’ambrette ou ketmie odorante, le cardamome, la malaguette, le vampi, le carvi, le canang odorant, etc. Le thé seul manque à la production aromatique de nos colonies (1).

Médaille d’or: M. Turpin-Demorel, de la Réunion, pour sa vanille longue, plate, givrée. — C’est une culture qui, depuis quelques années, fait dans l’île les plus grands progrès. Les qualités supérieures de la vanille, ses prix élevés (75 à 100 fr. le demikilogr.), quoique bien inférieurs à ce qu’ils étaient au début (150 et 200 fr.), lui assurent, pour longtemps sans doute, une juste et croissante popularité. Elle est une précieuse ressource pour la petite propriété, qui trouve dans cette culture facile, agréable et lucrative, un point d’appui contre les offres qui tendent chaque jour à l’absorber dans la grande. Elle défierait peutêtre toute concurrence, si les cultivateurs de la Réunion connaissaient, comme au Mexique, l’art de la préparer, sans la tremper dans l’eau chaude. 11 en résulte une moins-value dans l’estimation du commerce français, et néanmoins on est réduit à cette pratique, parce que, si on la néglige, la vanille casse, et elle est encore plus dépréciée. Il existe aussi sur cette plante une maladie dont le caractère et le traitement ne sont pas bien connus.

(l) Depuis ce rapport de M. Duval, la cuiture du thé a été introduite à la Réunion.

Médailles d’argent: MM. Hubert-Delisle (Réunion), pour ses muscades et macis, et pour son beurre de muscade; Patu de Rosemond (Réunion), pour sa vanille ; Ferréol-Lepervenclie (Réunion), pour sa vanille.

Médaille de bronze : M. Ferrand (Réunion), pour son cardamome.

14® SECTION : Matières médicinales. — Le jury a décerné une médaille d’argent à M. Mute), adjoint au maire de Saint- Paul (Réunion), pour l’aide qu’il a prêtée à M. ïmhaus, délégué de cette colonie, dans la formation des lots destinés au concours et spécialement ceux des substances médicinales.

15® SECTION : Graines alimentaires. — Le riz, d’un emploi beaucoup plus général (que les mils), est cultivé daRs la plupart de nos colonies, à la Réunion, à Nossi-Bé, à Madagascar....

Dans les lots de haricots et de pois, aux couleurs capricieuses, on distinguait le pois noir de Mascate {Mucuna melanosperma) qui, importé à la Réunion, y est devenu un fourrage précieux par l’épaisseur de la couche végétale dont ses feuilles couvrent le sol, et un engrais servant à l’assolement si on l’enterre en vert à la manière des lupins.

Quelques échantillons de blé et d’orge rappelaient les traces d’anciennes cultures à la Réunion....

Médailles de bronze : MM. de Lanux, Pierre Alexis et Thiébault, delà Réunion, pour leurs collections de haricots et doliques de la Réunion.

16® SECTION : Tabacs. — Les tabacs, qui furent au dix-septième siècle dans nos colonies les premiers articles d’échange et la première monnaie, qui acquirent même à la Martinique, dans le cru de Macouba, un renom qui a survécu aux cultures, les tabacs, après avoir été longtemps délaissés et presque oubliés comme produits d’exportation, ont reparu avec honneur au concours de 1860, et une juste faveur les y a accueillis.

C’est à la Réunion surtout qu’en revient l'honneur. MM, YalentinetMorange présentaient des tahacs de la variété vanille, qui ne laissaient rien à désirer pour la finesse de la feuille, la délicatesse de l’arome, la ténuité des nervures, la combustibilité, et par tous ces mérites se recommandaient pour robes de cigares. Le jury a décerné à ces producteurs une médaille d’argent.

Médailles de bronze : MM. Ducasse, pour ses cigares ; Hou-

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reau, pour ses carottes ; Ed. Lacaussade, id, / Langlois, id, ; Louis Élie, id. (de la Réunion).

Mayotte avait aussi envoyé des produits qui, sans obtenir de récompense, ont attiré l’attention du jury.

17® SECTION : Spécimens de la flore coloniale. — Médaille d’argent : M. Bernier (Réunion), pour l’herbier cryptogamique de cette colonie, prélude de travaux plus considérables auxquels ce botaniste s’était voué, lorsqu’une mort prématurée est venue l’enlever à la science et au pays.

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