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CHAPITRE ÎII

climat. — Pluies. — Marées. — Ports. — Phares. — Races. — Statistique de la population. ~ Émigration.

Les Notices publiées par le Ministère de la marine et des colonies donnent sur les diverses questions de notre sommaire les détails qui suivent.

Le climat de Pondichéry est généralement salubre. Pendant les mois de décembre et de janvier, le thermomètre marque, le jour, de 25 à 28° centig., et de mai à septembre (mois durant lesquels règne un vent d'ouest très-brûlant), la température varie de 31° à 41°. Dans les temps ordinaires, la température moyenne est, pendant le jour, de 32°, et pendant la nuit de 26°.

ÉTABLISSEMENTS DANS LMNDE.

Du commencement de janvier jusque vers le 15 octobre règne la saison sèche. Le reste du temps appartient à Thivernage. Les pluies sont généralement fort rares ; il n’en tombe avec quelque fréquence qu’en octobre et novembre.

A la côte de Coromandel, la mousson du S. -O. commence vers le i5 mars et finit vers le 15 octobre, et celle du N.-E. dans les premiers jours de novembre et se prolonge jusqu’en mars. — Les mois de mai, juin, juillet et août sont marqués par une brise variant de l’O. au S. -O., dite vents de terre.

Le climat et les saisons diffèrent peu, à Karikal, de ceux de Pondichéry.

A Yanaon, la température varie de i8 à 22° d’octobre à mars, de 26 à 30° d’avril à juin, et de 22 à 19° de juillet à septembre. — La saison des pluies commence fin juillet et finit en octobre; il se passe souvent quatre à cinq mois sans pluie en été. — La mousson du S. -O. règne de mars à septembre, celle du N.-E. d’octobre à février. — Les vents d’O. régnent de mai à juillet, comme à la côte de Coromandel.

Chandernagor, à raison du grand nombre de bois et d’étangs qui environnent la ville, possède un climat beaucoup plus frais que Calcutta. — D’octobre en mars, la température moyenne est de 22°; elle tombe à 20° en décembre et janvier; elle se maintient généralement entre 20° et 25 en octobre, novembre et février; de mars en octobre, elle est en moyenne de 31°, avec des écarts jusqu’à 37°. — Le mois de mai est le plus chaud de l’année. — En mars et avril les pluies commencent; elles deviennent continues en juin et durent jusqu’à la mi-octobre; au mois d’août, elles sont torrentielles. — Pendant la saison sèche, les vents duS.-E. soufflent généralement; ceux du S. pendant les chaleurs ; ceux du N. -O. au printemps et seulement pendant quelques jours ; le vend du N. règne en hiver. — Le 5 octobre 1854, un ouragan a détruit une grande partie de la ville.

Mahé a un climat salubre. Température plus fraîche et plus régulière que dans lés autres établissements de l’Inde. En janvier, février et mars, elle varie de 22° à 26° ; d’avril à septembre, de 25 à 30°; en octobre, novembre et décembre, de 23° à 27°.

La saison d’hivernage est comprise entre le 15 mai et le 15 octobre; toutefois, la mauvaise saison ne dure que pendant juin, juillet et une partie d’août; en mai, bourrasques qui laissent la mer calme.

D’avril à octobre, mousson du N.-E. ; d’octobre à avril, mousson du S. -O. Les vents de l’O., du N.-E., du N. -O. et du S.-E. sont les plus fréquents.

Les marées indiennes ne sont ni si hautes ni si régulières que sur les côtes de l’Océan en Europe. A Pondichéry, la hauteur de la pleine mer ne dépasse pas habituellement 1 mètre, sauf dans les grandes marées où parfois elle atteint 2“,50 et 2“,60.

A Karikal, elle est, en^ moyenne, aux nouvelles et aux pleines lunes, de 1“,624.

Aux nouvelles et aux pleines lunes, l’heure de la pleine mer est 1*". 30“. à Pondichéry, et 9 heures du matin à Karikal.

Pondichéry possède un phare à feu fixe d’une portée de 12 à 15 milles. Il est établi sur une tour voisine du rivage et élevée de 90 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer.

Karikal a un feu fixe d’une portée de 8 à 10 milles. Il est établi sur le mAt des signaux à l’embouchure de la rivière et élevé de 34 pieds anglais.

La population des établissements français dans l’Inde se compose de trois principaux éléments :

1° D’Européens et de descendants d’Européens;

2® De Topas ou gens à chapeau, population mixte ;

3° D’Indous ou indigènes.

La population indigène se divise en deux classes : les Indous et les Musulmans, chacune ayant son langage, ses mœurs, sa religion et ses coutumes.

Les Indous se subdivisent en une foule de castes qui varient dans chacun de nos établissements, mais dans lesquelles on retrouve toujours les quatre classes principales, savoir : la caste sacerdotale ou celle des Brahmes ; la caste militaire et royale ou des Kchatryas; la caste agricole et commerçante ou des Vaicyas ; enfin la caste servile ou des Soûdras. — Les Parias, que l’on trouve partout, ne sont dAucune caste.

Les Indous appartiennent par les traits du visage à la race eaucasique. Ils sont d’une couleur noir clair. Beaucoup sont petits, faibles, mais agiles dans leurs mouvements ; les muscles sont grêles, le système nerveux peu développé. Leurs cheveux sont noirs, touffus, rudes au toucher. Les populations de la côte de Malabar sont généralement plus vigoureuses que celles des côtes de Coromandel et du Bengale.

Les Musulmans, moins nombreux que les Indous, ont sur

eux une supériorité intellectuelle et physique. La teinte de leur peau est moins foncée que celle des races indiennes. Les traits mâles de leur visage, leur taille élevée, leur barbe noire et bien fournie, leur constitution robuste et nerveuse rappellent la race arabe.

Les Topas ou gens à chapeau sont issus des Européens, généralement des Portugais, alliés aux femmes indigènes. Ils sont d’une couleur de peau moins foncée que celle des Indous. Le sang qui coule dans leurs veines les rattache à la population européenne, dont ils ont pris l’habillement.

Dans nos établissements, les Européens s’adonnent généralement au commerce, les Topas à quelques industries de ville ou à la domesticité, les indigènes à l’exploitation des terres, à la filature du coton, au tissage au métier et à la teinture en bleu des toiles de coton.

La population totale de nos établissements de l’Inde s’élevait, au 1®^ janvier 1862, à 220,478 individus, ainsi répartis :

Pondichéry .

Blancs 989

Topas l,36ï

Indous 123,642

Karikal,

Blancs 212

Indous 52,431

Chandernagor.

Blancs 239

Topas 160

Indous 28,113

Yanaon.

Blancs , 39

• Topas 35

Indous 6,385

Mahé.

Blancs 13

Indous.... , 6,859

Dans le chiffre des blancs, on ne comprend pas la garnison européenne qui s’élevait, au l®"" janvier 1863, à 143 sous-officiers et soldats; on y comprend les fonctionnaires au nombre de 852.

Au l®*" janvier 1864, la population de nos établissements de ITnde présentait le chiffre de 229,057 individus.

En i 861, les cinq établissements ont compté 8,341 naissances, 8,105 décès et 2,714 mariages, c’est-à-dire 1 naissance par 26 individus, 1 décès sur 27 et 1 mariage sur 81.

De 1848 à 1863, les émigrants indiens partis de Pondichéry et ' Karikal pour plusieurs de nos colonies (Réunion, Martinique, Guadeloupe et Guyane) ont atteint le chiffre de 70,000.

La société d’émigration établie à Pondichéry n’existe plus. Elle a été renversée par la convention du 1®^ juillet 1861, conclue avec le gouvernement anglais, par laquelle tous les ports de l’Inde anglaise sont ouverts à nos recrutements. Dans chaque centre de recrutement (Calcutta, Yanaon, Madras, Pondichéry, Karikal, Mahé, Bombay), le gouvernement français a un agent de son choix qui reçoit une sorte d’exéquatur du gouvernement britannique.

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