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VI. Meubles de luxe

Les ouvriers européens établis en Algérie et les fabricants français fournissent le mobilier des Européens. — L’ameublement des indigènes se compose de nattes, tapis, matelas, coussins servant pour le coucher ; de tables-basses {te fou ou midi, suivant la forme), et de coffres {sendouk) en bois de thuya, de pin ou de noyer. Ces coffres, le plus souvent ouvragés, incrustés, peints ou ornés de clous de cuivre, renferment tous les objets précieux du ménage; linge, bijouterie, armes, vêtements, etc.; leur dimension varie ; ils ont au moins un mètre cube. Un coffre ancien indigène, style mosaïque, exposé par M. Bernard Dennery, est estimé 3,000 fr.

Les objets en bois, en marbre et en onyx d^Algérie, exposés par MM. Boutung, Mazaroz-Ribaillé et G'^, A. Donnadieu, de Paris, et G. Coulhon, d’Alger, ont montré tout le parti qu’on pouvait tirer de ces produits pour l’ameublement.

VIL Ouvrages de tapissier et de décorateur.

Ces sortes d’ouvrages sont fort peu connus des Arabes. L’ameublement des riches est peu compliqué ; celui des Arabes de classe inférieure l’est moins encore. Il se réduit à des nattes {hacera) en palmier nain {docem) ou en alfa, à des tapis grossiers sur lesquels on couche la nuit, à des tellü, des reliais et des ouçadus, espèces de sacs qu’on emploie successivement pour renfermer le linge et les objets précieux, et comme traversins. Les indigènes se servent aussi, pour remplacer la couverture et le drap de lit, d’une sorte de haïck en laine {hambel et haouli-boutouil) dont les dimensions sont variables, comme les dispositions et les couleurs. Tous ces objets sont fabriqués sous la tente et par la main des femmes. Un métier droit, composé de quatre perches et d’un peigne en fer à cinq dents, forme tout le matériel de l’ouvrière. — Depuis quelques années, l’industrie s’est emparée d’une plante, qui avait été jusque-là le fléau de l’agriculture algérienne, le palmier-nain {chamœrops humilis), qui est pour les cultures coloniales ce qu’est le chiendent pour les producteurs français. On tire aujourd’hui du palmier-nain, au moyen de certaines préparations, un crin végétal, bien connu dans le commerce parisien. Une seule exploitation de la province d’Alger fabrique annuelle-

APPENDICE

ment 8 à 900,000 kil. de cette matière qu’elle livre au prix de 25 fr, les iOO kilogr.

M. P. Averseng, de Gheragas, province d’Alger, a exposé plusieurs espèces de crins de palmier-nain, et bon nombre d’objets fabriqués avec ce crin végétal.

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