CHAPITRE PREMIER
Résumé historique.
La côte d’Or ou d’ivoire, où se trouvent les établissements français dont il va être parlé, est cette partie de l’Afrique occidentale que baignent les eaux du golfe de Guinée.
Elle s’étend vers le 5® degré de latitude N. et le 2® degré de longitude E. et O.
Yoici les principaux faits historiques concernant cette partie du territoire colonial de la France.
1364. Des Dieppois établissent des comptoirs sur la côte occidentale d’Afrique, depuis l’embouchure du Sénégal jusqu’à la rivière de Sierra-Leone.
1382. Les commerçants dieppois, après avoir poussé leurs explorations jusqu’à la côte d’Or, y élèvent le fort de la Mine. — De tous les établissements fondés par eux, il ne restait plus à la fin, du seizième siècle, que ceux du Sénégal.
1700. Pour relever le commerce de la côte d’Or, la Compagnie d’Afrique fonde un comptoir à l’entrée de la rivière d’Assinie.
1707. Abandon de ce comptoir.
1797. Le fort élevé à Whydal (côte des Esclaves) vers 1707, est abandonné.
1838. Expédition de la Malouine, commandée par le lieutenant de vaisseau, E. Bouet-Willaumez . A la suite de cette exploration, on décide la création des établissements d’Assinie, du Grand- Bassam et du Gabon.
no LES COLONIES FRANÇAISES.
1842. Traités conclus entre les rois indigènes et le capitaine de corvette E. Bouet-Willaumez ; par ces traités^ la souveraineté de ces contrées est cédée à la France.
1843. Expédition d’Assinie. Nouveau traité conclu avec Amatifoux, neveu et gendre d’Attacla, roi d’Assinie. La presqu’île où rétablissement est fondé nous est concédée en toute propriété; le pays d’Assinie est, en outre, mis en totalité sous notre protection.
Expédition du Grand -Bassam. Prise de possession. le 28 septembre 4843.
1849. Rébellion des populations de la province d’Aker (entre la rive gauche de la rivière de Grand-Bassam et la rive droite de celle d’Assinie). Le capitaine de vaisseau Bouet-Wiliaumez, contraint à sévir, incendie leur village principal, Yahou, et les oblige à indemniser nos commerçants.
1852. Expédition du capitaine d’infanterie de marine, M. Martin des Pallières, contre les gens de l’Ébrié. Le pavillon français flotte sur tous les villages bordant la lagune et la mer, entre Pctit-Bassam et la rivière de Lahou ; sa suzeraineté est reconnue. Piter, roi du village du Grand-Bassam, qui avait aidé la révolte, est retenu en otage.
1853. Les révoltés de l’Ébrié entraînent les gens de l’Akba, du Potou, du Dabou et du Bouboury. Amatifoux, jusque là notre allié, fait cause commune avec les rebelles et veut ruiner notre comptoir d’Assinie. — Expédition commandée par le capitaine de vaisseau Baudin. — Destruction des villages d’Abatà, d’Éboué et de Dabou; soumission des rebelles. Construction d’un nouveau blockhaus à Dabou (point qui commande, la lagune et plusieurs villages).
Le lieutenant d'infanterie Coquet ramène par la persuasion le roi Amatifoux, et la pacification du Potou est accomplie.
t( Depuis lors, la tranquillité n’a pas cessé de régner dans nos établissements de Grand-Bassam et d’Assinie. Des travaux d’assainissement ont été entrepris par le commandant Bruyas et poursuivis par ses successeurs ; des chaussées ont été ouvertes, des marais comblés. Dans le premier de ces établissements, le blockhaus a été remplacé par une habitation dite Maison modèle ; un hôpital en briques, une poudrière, ont été construits en 1856; l’enceinte fortifiée a été agrandie et refaite en haie vive par le chef de division Protêt, en 1857.
« A Assinie, le blockhaus, construit sur la plage, sur remplace-
LE SÉNÉGAL
ment de l’ancien poste du dix huitième siècle, a été abandonné pour la Maison modèle et les établissements élevés en face de l’autre côté de la rivière. Le pays environnant, habité par les Assiniens, a définitivement reconnu la suzeraineté de la France. )> (Notices^ etc.)
A la place dü blockhaus de Dabou, on asubstitué un établissement régulier en maçonnerie, qu’entourent des murs bastioimés et armés de quatre obusiers de 12 c/m.
Commandants du Grand-Bassam.
1843-1844. Besson, enseigne de vaisseau.
1843-1847. Conjard, sous-lieutenant d’infanterie de marine. 1848 — Pijeon, lieutenant d'infanterie de marine. 1849-1850. Boulay, lieutenant d’infanterie de marine. 1851-1853. Martin des Pallières, lieutenant, puis capitaine d’infanterie de marine.
1851-1854. Chirat, capitaine d’infanterie de marine.
1855 — Mailhetard, lieutenant d’infanterie de marine, commandant les trois comptoirs.
1856 — Bruyas, capitaine d’infanterie de marine.
1857 — Brossard de Corbigny, lieutenant de vaisseau. 1858-1 8G0. Mailhetard, capitaine d’artillerie de marine. 1860-1862. Liébault, chef de bataillon d’artillerie de marine
en retraite.
1862-1863. Alem, capitaine d’infanterie de marine.
1863 — Noyer, chef de bataillon d’infanterie de marine.
Commandants d’Assinie.
^ 1843. Dufour de Mont-Louis, enseigne de vaisseau.
1844. Boyer, lieutenant de vaisseau.
1862. Darré, capitaine d’infanterie de marine.
1863. Viard, capitaine d’infanterie de marine.
Commandants de Dabou.
1861. Bruyas, capitaine d’infanterie de marine.