‹ Les colonies françaisesChapitre 85 sur 315 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Agriculture. — Huile de palme. — Or. — Ivoire. — Commerce. — Navigation inlérieuie. — Pêcheries.

Le bananier, l’oranger, l’ananas, le manioc, l’igname, le riz, le palmier, le teck, le sandal, le gonalliier, le coton, l’indigofère, etc. ; tels sont les principaux végétaux de Grand-Bassam, d’Assinie et de Dabou.

L’agriculture, néanmoins, est fort loin d’être dans un état florissant. La paresse des indigènes en est la principale cause.

Les rivières des rives du lac Appolonie (à l’est du lac d’Ahy), produisent un riz superbe et d’une blancheur remarquable. On plante en février et mars; on récolte en octobre. Les ignames, plantées en même temps que le riz, se récoltent en juillet et août.

Le palmier fournit l’huile de palme, objet principal du commerce de ces contrées. Les régimes (grappes de fruits du palmier) se récoltent de la mi-février à la mi-mai ; c’est la meilleure et la plus importante récolte. Une seconde, plus faible, a lieu en novembre.

Les femmes des tribus de l’intérieur préparent cette huile et l’apportent aux marchés des villages de la lagune. C’est là que viennent l’acheter les riverains de l’Océan, sorte de courtiers connus sous le nom de Jack-Jacks.

La plupart de ces riverains négligent le travail de la terre. Ils s’approvisionnent des choses indispensables à Agra, à Potou et dans la lagune. Le palmier, sur la rive opposée, vient sans culture. Le coton, complètement dédaigné par les indigènes, y vient à peu près de même.

La poudre d’or, l’ivoire et l’huile de palme sont les principaux articles commerciaux des comptoirs de la côte d’Or.

La poudre d’or de ces comptoirs, d’après les Notices, est la plus pure de la côte ; elle vaut45 francs l’once en marchandises (valeur de France); l’ivoire est beau aussi, mais peu abondant; l’huile est

LE SÉNÉGAL

d’une qualité supérieure; sa valeur moyenne en marchandises (valeur de France) est de 350 francs le tonneau sur place.

Les marchandises les plus propres au commerce d’échange sont : le tabac, l’eau-de-vie, les étoffes et mouchoirs de coton, les verroteries, le corail, la poudre et les armes de traite.

Tout le commerce est entre les mains des Jack-Jacks, qui vont chercher à vil prix, dans leurs pirogues, au delà des lagunes (d’Ébrié et dePotou), les produits qu’ils revendent aux bâtiments européens, échelonnés sur la côte devant les brisants de leurs riches et populeux rivages. On estime à 6 ou 8,000 tonneaux d’huile et à quelques centaines de livres d’or les quantités qui se traitent annuellement par l’intermédiaire des Jack-Jacks.

Le commerce et la navigation intérieurs de nos comptoirs sont réservés à la France.

La navigation et le commerce extérieurs, sauf le cas fort rare de blocus pour cause de guerre, sont entièrement libres devant les villages des courtiers.

En général, les bâtimenls troqueurs descendent la côte de l’ouest à l’est, confient aux chefs des villages riverains une partie d’étoffes et d’objets de traite, nouent leurs affaires, et ne reviennent que plusieurs mois après, à une époque convenue, recueillir l’huile qui doit leur être livrée en échange des marchandises déposées.

Les courtiers se montrent ordinairement très-fidèles à leurs engagements. La traite de l’or se fait au comptant. Dans Tintérieiir des lagunes les factoreries traitent directement sur des bateaux de 5üà 100 tonneaux.. Leurs agents s’établissent souvent dans les villages producteurs en concurrence avec les Jacks Jacks et font descendre leurs produits aux comptoirs, où les navires long-courriers d’Europe viennent charger toute l’année.

Grand-Bassam possède un grand nombre de pêcheries visitées par une centaine de pirogues que les naturels manœuvrent avec la plus grande habileté.

La pirogue du roi, ornée de sculptures, d’une seule pièce, ne mesure pas moins de 25 mètres de long sur 2 de large et l“,50 de creux; elle porte 200 hommes, dont 100 guerriers et 100 rameurs. Celle d’Amatifoux, roi d’Assinie, est encore plus remarquable.

Page 1