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FONCTIONNEMENT DES JURYS DE CLASSE, DE GROUPE ET SUPERIEUR

Le règlement général de l’Exposition universelle avait prévu, pour l’appréciation et le jugement des œuvres et produits exposés, la constitution d’un jury international avec trois degrés de juridiction : jurys de classe, jurys de groupe et jury supérieur (art. 76).

Les jurys de classe devaient se composer de membres titulaires et de membres suppléants, ceux-ci ne dépassant pas le tiers du nombre des premiers. Pour l’ensemble des classes le nombre total des membres titulaires français ou étrangers devait être fixé, au soixantième environ du nombre des exposants (art. 77); de plus, dans chaque classe et pour chaque nationalité, les jurés titulaires devaient être, autant que possible, proportionnels au nombre des exposants et à l’importance des expositions (même article).

Me basant sur ces principes — la Section coloniale se trouvant être assimilée à une section étrangère par suite de son organisation spéciale, — je crus devoir soumettre au Commissariat général une liste de candidats, pour les jurys de classe, proportionnelle au nombre des exposants coloniaux qui se trouvaient inscrits dans les diverses

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classes et suivant la nature de leur exposition. Ces candidats avaient été répartis sur la liste des propositions suivant leur compétence et leur origine, de façon à représenter dans les classes où figuraient le plus d’exposants coloniaux les intérêts de ces derniers et de leur colonie.

La proportion d’un juré titulaire pour 60 exposants aurait donc dû donner normalement à la Section coloniale 5o jurés titulaires et 16 jurés suppléants. Malheureusement, les nominations faites par décret, sur la proposition du Ministre du commerce , ne comprirent que i4 jurés titulaires et 9 suppléants parmi les candidats que j’avais proposés. Cette situation défavorable motiva de ma part de justes réclamations auprès du Commissaire général et du Ministre du commerce, et, lors de la publication d’une liste complémentaire de jurés cjui fut insérée au Journal officiel du 2 3 mai 1900, 2 nouveaux jurés titulaires et 2 suppléants furent pris parmi les candidats coloniaux, ce ([ui porta à 16 titulaires et 1 1 suppléants les membres du jury chargés de faire valoir et de défendre auprès de leurs collègues français et étrangers les produits exposés dans la Section coloniale française W. Malgré celte faible représentation, les exposants coloniaux, grâce à l’excellence et à la variété de leurs produits, obtinrent, ainsi qu’on le verra plus loin, de fort nombreuses récompenses.

Les opérations des jurys de classe ayant commencé dans les premiers jours du mois de juin, je demandai au Directeur général de la section française, M. Dervillé, de

(1) En 1889, les coloniaux furent représentés par 3i jurés titulaires “t 10 suppléants pour un nombre d’exposants de 2,956.

m’aviser, à l’avance, du jour où chaque jury de classe devait passer dans les pavillons coloniaux afin de me permettre d’en informer nos commissaires qui se trouvaient être, en fait, les représentants de la plupart des exposants et, en droit, des comités locaux de leur colonie.

M. Derviilé s’empressa de faire connaître mon désir aux secrétaires des jurys de classe et m’en avisa par lettre du 1 3 juin. Il m’est agréable, à cette occasion, de remercier M. le Directeur général de la Section française et ses chefs de service, MM. Blondel, Masure et Charlon, de l’aimable accueil qu’ils ont toujours réservé à mes collaborateurs et des services nombreux qu’ils n’ont cessé de rendre à la Section coloniale dans les rapports incessants nécessités par mille détails que je ne puis énumérer ici.

Tous les jurys qui annoncèrent leur visite, et ce fut la plupart, trouvèrent dans les pavillons les commissaires et exposants présents à Paris, qui purent ainsi leur fournir les indications utiles pour faire apprécier les productions coloniales.

Un certain nombre de personnes, sans avoir fait la demande réglementaire, avaient fait parvenir des objets qui furent examinés par différents jurys, quoique ne figurant pas sur le catalogue. Mais, pour permettre l’attribution des récompenses à ces exposants de fait, il fallut régulariser leur situation et, ici encore, je trouvai les plus grandes facilités auprès des fonctionnaires de la section française. Un certain nombre de jurys m’adressèrent des questionnaires ou des demandes de renseignements que je lis parvenir aux intéressés et à tous les commissaires. Je dois signaler, notamment, l’initiative prise par le rappor-

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teur de la Classe 39 qui nie fit connaître son désir de recevoir des commissaires coloniaux des notes sur les produits alimentaires d’origine végétale de leur colonie, ajoutant qu’il les utiliserait avec plaisir dans son rapport pour faire ressortir les points spéciaux intéressant chacune d’elles.

Par contre, le Président du jury de la Classe 115 se refusa longtemps à faire examiner par ce jury les produits ressortissant à cette classe qui n’étaient pas exposés dans la galerie affectée spécialement à ces produits, et il fallut mon recours à l’intervention du Commissaire général pour faire revenir ce président sur son interprétation erronée du Règlement général et qui ne tendait à rien moins, en l’appliquant aux autres classes, qu’à laisser sans examen, et par suite sans récompense possible, tous les objets exposés dans la Section coloniale.

Je dois aussi rappeler ici que, malgré l’entente intervenue entre la Direction des beaux-arts, le Commissaire général et moi, le jury de la Classe 7 (peinture) se refusa à venir dans la plupart de nos pavillons apprécier quelques œuvres de réelle valeur qu’un certain nombre d’artistes coloniaux avaient exposées, après accomplissement par eux des formalités spéciales imposées au groupe Beaux-Arts.

Ce traitement rigoureux causa une véritable déception aux intéressés qui ne pouvaient s’attendre à cette sorte d’ostracisme, et qui, en exposant leurs toiles dans le pavillon de la colonie qu’ils représentaient, n’avaient pensé qu’à lui rendre service en donnant à son exposition la note artistique qui plaît et qui instruit.

Dès que les jurys de classe eurent terminé leurs visites et fait leurs propositions, les jurys de groupe se réunirent à leur tour et examinèrent un certain nombre de réclamations cà la plupart desquelles ils donnèrent satisfaction.

Enfin, le jury supérieur se constitua et opéra une révision générale des propositions de récompenses, notamment au point de vue de leur répartition entre les différentes classes.

Je reçus, à cette occasion, plusieurs demandes de réparation d’omission ou d’élévation de récompense et, comme j’avais l’honneur de faire partie du jury supérieur, j’eus la satisfaction de les faire agréer toutes, sauf celles se rapportant à une classe, j’ai nommé la Classe 7 (peinture).

En résumé, la Section coloniale a pu être appréciée, dans son ensemble, d’une façon fort avantageuse par les jurys qui l’ont visitée , et on en trouve la preuve dans les rapports des jurys de classe qui ont eu à examiner les productions du sol et du sous-sol et même certains produits industriels.

RÉCOMPENSES

En vertu de l’article 8 8 du Règlement général , les récompenses attribuées aux exposants et à leurs collaborateurs comprirent les cinq catégories suivantes :

Diplômes de grand prix ;

Diplômes de médaille d’or ;

Diplômes de médaille d’argent;

Diplômes de médaille de bronze ;

Diplômes de mention honrable.

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De plus, les exposants classés hors concours, par suite de leurs fonctions de juré, reçurent un diplôme mentionnant cette mise hors de concours.

Une première liste des récompenses fut publiée, à l’occasion de la cérémonie de la distribution des récompenses, dans le Journal officiel du 18 août 1900. Mais cette publication de circonstance, faite en toute bâte, loin de fournir au public une liste définitive, ne lui livra qu’un travail rempli d’erreurs et d’omissions et ne servit guère qu’à compliquer et à allonger le travail du jury supérieur et ensuite de sa commission permanente, en donnant matière à une quantité de réclamations plus ou moins justifiées que celle-ci eut à examiner.

La tâche en fut si complexe que ce n’est que dix-huit mois après la publication de l 'Officiel qu’une liste définitive put être livrée au public par l’Imprimerie nationale, liste annulant la première.

J’eus, en ce cpii concerne les exposants coloniaux, de nombreuses rectifications ou corrections à demander au Commissariat général, et j’ai toujours trouvé auprès de M. Delaunay-Belleville , directeur général de l’Exploitation, et de son collaborateur, M. Girard, chef du Service du catalogue, des diplômes et des médailles, le plus gracieux accueil et le concours le plus empressé; je leur en exprime toute ma reconnaissance au nom des exposants dont j’avais à sauvegarder les intérêts.

De la liste générale des récompenses, établie par classe, dans chaque classe par catégorie de récompense , et dans cl laque catégorie par ordre alphabétique (chaque classe étant elle-même divisée en deux parties, les exposants et

les collaborateurs) , je dus extraire tout ce qui concerne la Section coloniale.

Un premier travail consista à établir d’après les premières épreuves du palmarès un relevé nominatif des exposants et collaborateurs coloniaux par classe, quelle que fût la colonie à laquelle ils appartinssent, de façon à pouvoir vérifier les noms, adresses et catégories de récompenses, et de demander les corrections nécessaires avant le tirage de la liste générale.

Mais pour connaître exactement dans quelle mesure chaque colonie avait été récompensée et afin de me permettre de diriger utilement les diplômes et les médailles que j étais chargé de faire parvenir à tous les intéressés de la Section coloniale, aux quatre coins du monde, ]e fis dresser la liste nominative des exposants et collaborateurs pour chaque colonie, par catégorie de récompenses et par ordre de classes (exposants et collaborateurs pris séparément).

De celte liste — qui se trouve aux annexes et que je fais imprimer pour l’adresser à tous les intéressés, c’està-dire à nos possessions d’outre-mer — il ressort que chacune de nos colonies, suivant son importance économique, a obtenu un véritable succès auprès du jury international de 1 900.

Le tableau suivant établit, numériquement , pour chaque colonie, le nombre et la catégorie des récompenses obtenues par ses exposants et collaborateurs.

RAPPORT GENERAL

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