‹ Les colonies françaises; (volume 4)Chapitre 17 sur 30 · MILITAIRES ET FONCTIONNAIRES · texte numérisé non relu

MILITAIRES ET FONCTIONNAIRES

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Chargeurs

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Communications télégraphiques '\ ■— Le Sénégal est relié à la métropole par deux câbles, dont Tun atterrit successivement à Lisbonne et à Bordeaux (c'est la voie normale) et l'autre à Barcelone et à Marseille. Le tarif est de 2 fr. 50 par mot par la voie normale, de 2 fr. 70 par la voie Barcelone-Marseille ; pour l'Algérie ou la Tunisie, 10 centimes en plus par mot. Le prix du mot de bureau à bureau dans toute la Sénégambie française (de Dakar à Saint-Louis, par exemple, ou à l'un des postes du fleuve ou du Soudan) est de 1 fr., de un à dix mots et, par mot en sus, de 10 centimes. Enfin le tarif du mot pour les autres points de la Côte occidentale est fixé comme suit :

1. Pour plus de détails sur la ligne de la Côte occidentale d'Afrique (Chargeurs réunis et Compagnie Fraissinet). voir le fascicule relatif au Congo français.

2. Après le départ de France des paquebots, il peut encore être envoyé des télégrammes à ceux d'entre eux qui viennent de Bordeaux et touchent à Lisbonne j l'adresse doit alors être libellée ainsi : Consul France Lisbonne pour X..., passager (ici le nom du bâtiment : Brésil, Equateur ou autre), ligne BrésiL

SÉNÉGAL ET RIVIÈRES DU SUD

Sainte-Marie de Bathursl ^ 2 15 Kotonou 6 25

Konakry 4 » Lagos 8 35

Sierra-Leone 4 05 San ïhomé 6 70

Graud-Bassam 4 75 Gabon 6 25

Conclusion. — De tout ce qui vient d'être dit, tant dans ce chapitre que dans les précédents, il résulte que la France est encore loin d'avoir tiré du Sénégal tout ce qu'il est possible d'en obtenir. C'est surtout au point de vue agricole et industriel que cette colonie mérite d'être exploitée; sous le rapport commercial, il est certain qu'elle donne des résultats qui sont déjà fort appréciables, mais qui seraient beaucoup plus importants s'il existait dans le pays de vastes entreprises, exploitées ou dirigées par des Européens. Le Sénégal est avant tout une colonie agricole et justement les grands domaines agricoles n'y existent pas; le fait est d'autant plus regrettable que leur existence faciliterait singulièrement la création et le développement d'industries de toute nature. Avec des capitaux suffisants, un peu de

hardiesse et beaucoup de ténacité, il y a des fortunes considérables à faire en ces contrées.

Palmier rônier.

1. Les mots en italique indiquent les points soumis au régime extra-européen; pour ces destinations, les mots comprenant plus de 10 lettres sont comptés pour 2 mots; pour les autres, on reçoit pour 1 seul mot les mots contenant jusqu'à 15 caractères inclusivement.

Malheureusement la mauvaise réputation faite à tort à cette colonie, l'insuccès de certaines entreprises hasardeuses, mal conçues ou mal dirigées, ont singulièrement nui aux tentatives ultérieures et pourraient nuire encore à l'occasion.

Il a été dit, dans un des chapitres de cette notice, que le Français ne pouvait être que chef d'atelier, d'équipe ou de culture et qu'il lui était impossible d'être ouvrier ou colon. On se trouve donc forcé, en quelque sorte, de ne tenter, au point de vue industriel ou agricole, que des entreprises d'une certaine importance. Mais, jusqu'ici, ces tentatives (du moins celles qui ont été sérieuses) ont été rares parce qu'elles n'ont pu réunir encore les trois conditions indispensables à leur existence et à leur prospérité, c'està-dire : des capitaux assez considérables, des voies de communication d'un accès facile et un programme économique bien établi.

Une des objections qui vient naturellement à l'esprit est qu'il serait difficile de se procurer les bras nécessaires à l'exploitation de tout le pays : cette objection est assez juste. Aussi ne peut-il être question de mettre cette contrée en exploitation tout d'un coup !

Les populations qui, il n'y a pas vingt ans encore, étaient exposées à des guerres, des invasions, des chasses à l'esclave, sont, il est vrai, assez clairsemées et leur accroissement dépend de leur état de tranquillité. Mais, au fur et à mesure que le pays, en s'exploitant progressivement, permettra de nourrir un plus grand nombre d'individus, que certaines parties de la contrée se trouveront assainies, que le réseau des voies de communication s'étendra, on verra en quelques années la population s'accroître dans des proportions considérables. Le nègre a généralement beaucoup d'enfants et la précocité des femmes, qui sont mères à quinze ou seize ans, permet d'espérer un accroissement de population en rapport avec le degré de richesse du pays.

La métropole a donc intérêt à se préoccuper sérieusement de cette belle colonie, Tune de celles qui ont le plus d'avenir parmi toutes les possessions françaises. L'étendue de notre territoire sur la côte occidentale d'Afrique, l'extension de notre influence et de notre domination vers l'est, la possibilité de relier quelque jour entre eux l'Algérie, le Soudan, le Sénégal et la Guinée, pour former à nos portes mêmes un riche et immense empire colonial, donne une importance particulière à tout ce qui a trait à ces différentes questions.

En ce qui concerne seulement le Sénégal ou les Rivières du Sud, il convient d'attirer plus spécialement l'attention, sur la question des travaux publics, car le Sénégal est une des colonies où ces travaux sont les plus nécessaires. En examinant, l'une après l'autre, les quatre parties de la contrée dont il a été traité dans cette étude, c'est-à-dire la côte maure, le littoral sénégalais, le bassin du fleuve, et les Rivières du Sud, on voit que les principaux points sur lesquels la métropole ou le gouvernement de la colonie devront porter leurs eff'orts sont :

Sur la côte maure, la création d'un établissement à Arguin : forages artésiens^ plantations d'arbres, etc..

Sur le littoral sénégalais, la disparition de la barre, déjà étudiée par M. Bouquet de la Grye; en ce qui concerne spécialement Saint -Louis, la mise à exécution de l'un des différents projets relatifs à l'aménagement des deux bras ou seulement de l'un des bras du fleuve devant la ville, et le pavage des rues, actuellement recouvertes d'une poussière de sable qui, en entrant constamment dans les yeux ou dans les poumons, influe de la façon la plus fâcheuse sur l'état sanitaire général ^

Ce projet consistait à exécuter progressivement et mé-

1. Il faut rappeler ici, pour mémoire, le gigantesque projet de l'ingénieur américain J. K. A. Winney qui eût fait de Saint-Louis un des plus beaux ports de l'océan Atlantique.

thodiquement une succession de travaux qui eussent modifié comme suit les dispositions actuelles du port de Saint-Louis et la situation du fleuve.

Le petit bras, peu à peu comblé, était supprimé; la langue de Barbarie était coupée au nord de Saint-Louis et les sables maintenus au moyen de travaux; la barre était supprimée par un travail à peu près analogue à celui de M. Bouquet de la Grye. Pendant ce temps, ce qui est aujourd'hui le grand bras du fleuve était barré un peu au sud de Saint-Louis et son lit comblé jusqu'à la mer ou tout au moins le long de la mer, à Tembouchure actuelle. De la sorte le cours du fleuve était détourné ; la partie du grand bras qui longe aujourd'hui Saint-Louis devenait un bassin magnifique de 3 kilomètres de long sur 600 mètres de large, garanti des ensablements par des travaux spéciaux, et la ville, n'étant plus sur une île, s'étendait dès lors tout autour de ce bassin.

Le côté intéressant du projet Winney était que, d'après son auteur, on pouvait l'exécuter progressivement.

En ce qui concerne Dakar, l'assainissement des environs de cette ville et l'amélioration du port au point de vue des facilités de toute sorte à offrir aux -navires ;

Dans le bassin du fleuve, les études nécessaires pour s'assurer si réellement le Sénégal peut être aménagé de manière à rendre la navigation facile et possible pendant toute l'année ;

La création d'une voie de communication et de puits artésiens à travers le Ferlo, quel que soit l'itinéraire choisi, aussi bien, par exemple, celui de Thiès à Bakel par Oga et Samba-Doguel, que celui de Thiès à Kayes par Kaolack et Sénoudébou ;

Enfin, dans les Rivières du Sud, la création d'un port à Konakry, et l'établissement de routes de pénétraiion vers l'intérieur.

Mais, en dehors des travaux publics, il est encore d'autres questions importantes dont la résolution est de-

SÉNÉGAL

ET RIVIÈRES DU SUD

mandée par la métropole ou par la colonie elle-même, et nous devons citer, parmi ces dernières :

La propagation de la langue française chez les indigènes;

L'obligation pour les missionnaires étrangers (principalement dans les Rivières du Sud) d'enseigner exclusivement le français (et non l'anglais, comme ils le font actuellement, au grand profit des négociants de Sierra-Leone et de Liberia), sous peine d'être mis en demeure de quitter le pays;

Le remaniement des tarifs douaniers en ce qui concerne les guinées et le classement de cet article de commerce à la troisième classe du tarif des Messageries maritimes et du chemin de fer de Dakar à Saint-Louis;

Une nouvelle étude du littoral des Rivières du Sud, pour la création des droits de douane à l'importation, avec tarifs différentiels;

En dernier lieu, l'établissement au Sénégal et dans les Rivières du Sud de jardins coloniaux qui servent à la fois de champs d'expériences et d'acclimatation pour les plantes de la métropole et d'écoles pour former parmi les indigènes des moniteurs de culture à répartir ensuite sur différents points du pays.

Telles sont, formulées dans un résumé rapide, les différentes améliorations qui ont plus ou moins été indiquées en détail dans le cours de cette notice et qui feraient de notre Sénégal une colonie plus belle et plus riche encore qu'elle ne Test actuellement.

SÉNÉGAL ET RIVIÈRES DU SUD. 177 Renseignements statistiques.

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