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TAHITI

Tahiti, ce doux pays de printemps éternél, avec ses frais ombrages et ses clairs ruisseaux, est merveilleuse de beauté, puissante et gracieuse à la fois. La nature y a partout semé des splen-

- deurs, dans ses grands bois superbes de vigueur, dans ses vallées où la brise vous apporte des parfums de lotus et de gardenias, et où les toufes d'Eibiscus rouges ressemblent à des étoiles de feu.

Les Tahitiens sont grands et bien faits, les femmes sont jolies et d'ure grâce très sédui-

sante, Et ce peuplé d'enfants se laisse vivre au milieu de cette splendeur, jouissant du soleil, révant à l'ombre, n'ayant qu'à tendre la main pour cueillir la banane, la noix de coco, ou le fruit de l'arbre à pain dont il se nourrit. Ils parlent une langue mélodieuse, presque sans consonnes ; leur caractère est doux, et les Européens qui ont vécu parmi eux parlent tous avec enthousiasme de ce pays enchanteur et de son peuple naïf et gracieux.

Découverte au commencement du xvir* siècle .

par l'Espagnol Quiros, dit-on, explorée très certainement en 1767 Mi l'Anglais Wallis, Tahiti, fut plus tard visitée par Bougainville, puis par Cook, qui tous deux firent de ce pays charmant les récits les plus enthousiastes.

En 1797, la Société des Missions de Londres envoya là-bas une trentaine de missionnaires avec leurs familles. Ils furent bien accueillis et ne tardèrent pas à acquérir une grande influence. Vingt ans s'étaient à peine écoulés qu'ils étaient les véritables maîtres du pays, dictant leurs volontés aux souverains et régissant tout à leur guise,

En 1842, deux prêtres catholiques, des Français, arrivent à leur tour ; mais les protestants, craignant pour leur œuvre et pour leurs pra intérêts, persuadent la reine de s'opposer à leur | débarquement, et on emploie tous les moyens pour éloigner ces nouveaux arrivants. Pendant ces difficultés, un navire de guerre français, commandé pe l'amiral Dupetit-Thouars, paraît en rade de Papeete, chef-lieu de l’île; aussitôt,

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les deux prêtres, en leur qualité de compatriotes, réclament la protection de l'amiral. it- : Thouars l'accorde avec empressement et déclare qué tous nos nationaux ont le droit de débar-

. quer, de circuler et de s'établir dans l'île comme

tous les autres ét

rangers.

Déjà un consul des Etats-Unis, M. Mœurenhout, !

très favorable à notre cause, avait habilement entamé des négociations avec la reine Po-

maré, et l'avait presque persuadée de se met-! tre sous notre protectorat. Nos relations avec.

elle étaient donc fort amicales, malgré cet incident de débarquement, et on espérait mener à bonne fin la transaction si heureuse

ment commencée. La chose n'aurait pas présenté ! des difficultés sérieuses sans l'intervention active | et violente du missionnaire Pritchard, lequel !

fort irrité de la tournure-que prenaient les affai res nous suscita partout des troubles et de graves ennuis.

Une Convention fut néanmoins signée le 9.

septembre 1842, par laquelle la reine Pomaré et

les chefs du royaume plaçaient Tahiti sous

le protectorat de la France.

is cette Convention ne devait pas mettre un terme au conflit. Après le départ de l'amiral

Dupetit-Thouars de nouveaux troubles éclatent, |

les Anglais entourent la reine et la décident - à ne pas hisser le pavillon français. Au reçu de cette nouvelle, Dupetit-Thouars revient et prie la reine de remplacer immédiatement son pavillon

“oyal par celui du Protectorat comme il avait été - convenu, — La reine refuse. — Pritchard amène

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le pavillon britannique et invité la reine à se de sur un bâtiment anglais. La situation se tend de plus en plus ; Pritchard prêche partout la révolte, des bandes armées parcourent le pays, : et enfin les choses arrivent à tel point, qu'il n'y a d'autre moyen de les arranger que jar les armes. !

Et Tahiti, avec son doux ciel, devient le ‘héâtre de luttes sanglantes. La prise de Fataua par les Français, le r7 septembre 1846, mit fin à cette guerre, et l’année suivante, un article fut ajouté à la Convention de 1842 donnant à l'autorité française le droit d'intervenir dans toutes les mesures prises à l’égaré des Indigènes et stipulant qu'aucune chose les concernant n'aurait force de loi sans le consentement du gouvernement français. À partir de ce moment la paixn'a plus été troublée. dns

Au mois de décembre 1865, la reine Fomaré fit encore plus pour l'autorité française; elle décida que désormais tout coupable serait jugé … devant des tribunaux français et d'après nos | codes. C'était mettre entre nos mains la justice, l'attribut par excellence de la souveraineté, $

Lorsque la reine Pomaré mourut, en 1877, son fils aîné fut reconnu roi. Deux ans auparavant il avait sé une jeune métisse, fille d’un résident anglais, et cette circonstance fit craindre au gouvernement que l'Angleterre ne cherchât, ‘ par son intermédiaire, à ébranler notre influence.

Il était possible que le nouveau roi ne reconnût * pas le Traité de protectorat de 1842; il fallait

donc que cette question fût définitivement et

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solidairement réglée. Elle le fut, à la satisfaction ! de tous, le 29 juin 1880, lorsque notre commandant, M. Chessé, signa avec le roi et les chefs Tabhitiens, un Traité par :equel, moyennant une indemnité d'argent, Sa Majesté Pomaré V transmit à la France, absolument et pour toujours, le

vernement de ses Etats, ainsi que tous ses

its et pouvoirs sur les fes de la Société et dépendances.

Cette fois, Tahiti et ses annexes étaient bien

“et définitivement nôtres.

Tahiti est formé de deux presqu'îles, réunies par un isthme large de deux kilomètres à peu près. Presque partout un récif de corail les entoure. D’assez hautes montagnes les couvrent en tous sens ; deux sommets, l'Orokéna et l'Aora, dépassent 2,000 mètres. Les plaines du littoral sont fertiles et propres à presque toutes les cultures, mais on n’en fait aucune en . Les principales sont celles du coton, de la canne à sucre et du cocotier.

Il n'y a pas de grandes industries : quelques usines à sucre, trois usines à égrener le coton, une pour la fécule de coco, et voiià à peu près tout.

Tahiti est arrosé de nombreux cours d'eau dont le principal, la Fataua, se jette à la mer non loin de Papeete, chef-lieu de Tahiti, ainsi que de tous nos établissements de l'Océanie. Son port est vaste, profond et sûr ; c’est d'ailleurs le siège d'un commerce important quoiqu'il ne compte que 3,200 habitants, La population de T'île entière est de 9,200.

Il n'existe qu'une seule et unique route, appe-

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lée route de ceinture, vu qu'eile fait le tour des deux presqu'îles. On songe à établir un tramway à vapeur sur cette route.

Il y a un service postal hebdomadaire entre Tahiti et l'île Moore ; à l'intérieur, ce service. se fait d'une façon très élémentaire. Les communications avec les autres parties du monde sont rares et pour la plupart irrégulières. On communique avec la France par voie de San-Francisco, et iln'ya pas de ligne à vapeur; le service mensuel se fait par 3 navires à voiles, chacun faisant 4 voyages par an. C'est la seule de nos Colonies qui ne soit pas reliée à la France par un service à vapeur.

Il n'existe pas de service iélégraphique dans nos établissements de l'Océanie.

Le pouvoir suprême est exercé par un Gowverneur aidé d'un Conseil privé. Un délégué représente notre Colonie au Conseil supérieur des Colonies. ji

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