L'INDE DORE C
Et il s'indigne ; ces lenteurs et c£s hésitations le mettent hors de lui, sans toutefois le décourager. Il travaille sans relâche, idmirable de foi et de tenacité, jusqu'à ce qus ses forces physi-
ues épuisées le réduisent à l'inactivité, Accablé
anxiété et d'ennemis, tacassé, brisé, par un travail incessant de corps et d'esprit, il succombe enfin à la maladie, qui l’étend sur un lit de souffrance, dont il ne se relèvera que lorsqu'un beau jour du mois d'avril on vient lui annoncer que Labourdonnais avec son escadre est en vue de Pondichéry. Alors force, courage, espoir, tout revient à la fois; faiblesse ét douleur sont oubliées dans la joie de cette arrivée.
Dupleix accueille son illustre compatriote avec une che et sincère amitié. Il lui expose nettement la situation des deux Compagnies, lui fait part de ses vues et projets, et ces deux hommes éminents se trouvent d'accord sur lés moyens à employer pour la réussite de cette grande entreprise. $
Les Anglais jetaient déjà les piliers d'un vaste pont qui devait enveloppe l'Inde. Ils s'étaient établis tout autour de la Péninsule, sur la côte: Orientale comme sur la côte Occidentale ; Calcutta, Madras, Bombay, St-David, et d'autres points encore existaient déjà. Mais ces comptoirs encore fort éloignés les uns des autres étaient en eux-mêmes peu redoutables. Pour qu'ils puissent se donner la main, s'entr'aider et faire cause commune, il fallait une flotte. Le premier, le grand point pour Dupleix sera donc la destruction de cette flotte ; on verra ensuite à se rendre
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-avait fait perdre Ge grands avantages. A la suite
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maître de Madras, le plus important des établissements anglais. Quant aux autres comptoirs faibles et isolés, ils tomberont inévitablement et sans difficulté.
Voilà le plan de Dupleix que Labourdonnais approuva en tous points.
Il se mit à étudier avec zèle tout ce qui touchait à l'expédition projetée, et se disposait à
‘quitter Pondichéry pour rechercher et combattre
l'escadre anglaise, lorsque tout d’un coup, pris de quelque étrange accès de jalousie vaniteuse, s'imaginant que Dupieix empiétait sur ses prérogatives comme chef d'escadre, et voulait lui dicter sa conduite, il change d’avis. Et alors é entre le désir de se montrer absolument indépendant, et celui de la réussite de l’entreprise, il hésite, recule, perd du temps, adopte tantôt un plan, tantôt un autre, aujourd’hui projetant l'attaque de Madras, demain voulant poursuivre la flotte anglaise, Dupleix le supplie de prendre un parti et d'agir, car plus d'une fois son irrésolution lui
de certaines manœuvres malheureuses il lui écrit : « J'avais tout lieu d'espérer que vous seriez venu à bout de détruire ou de dissiper l'escadre anglaise ; mais le parti que vous avez pris de ia laisser subsister et fuir dans son entier m'a plong dans un mortel chagrin. »
Très blessé de ce langage, Labourdonnai répond « qu'il connaît la guerre, qu'il n’app tient pas à des marchands de lui en remontrer, lui, qui est du militaire, et qu'on doit laisser
plus important des étasant aux autres comptoirs omberont inévitablement
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avec zèle tout ce qui touprojetée, et se disposait à ur rechercher et combattre sque tout d’un coup, pris -cès de jalousie vaniteuse, ix empiétait sur ses prérod'escadre, et voulait lui | change d'avis. Et alors de se montrer absolument de la réussite de l’entre- >, perd du temps, adopte tôt un autre, aujourd'hui : Madras, demain voulant iglaise. :
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e langage, Labourdonnais ât la guerre, qu'il n'appar- 1ands de lui en remontrer, à ire, et qu'on doit laisser la
conduite des opérations à ceux qui exposent leur vie. » À la vérité cet homme illustre avec son grand et incontestable talent se conduit alors comme un enfant e et ingouvernable.
Un beau jour cependant il se décide l'attaque de Madras, et une fois la décision Bien et définitivement prise, nous retrouvons Labourdonnais, chef incomparable. L'énergie, le coup d'œil, la promptitude dans la pensée et dans l'action, tout ce qui fait de lui un grand capitaine, un homme de guerre se réveille, et Madras bien que vaillamment défendu ne peut résister. Le 10 novembre 1746 les Anglais, vaincus, capitulent. Malheureusement ce brillant fait d'armes est terni par une conduite fort regrettable à tous les points de vue.
Labourdonnais, vainqueur, prétend i ses volontés à Dupleix et à tout le Conseil de Pondichéry. Il veut, moyennant une rançon par lui stipulée,rendre la ville de Madras aux Anglais. Et sans prendre conseil de , dépassant très certainement son mandat de chef d'escadre, il négocie avec eux, et signe un traité qui stipule le retour de Madras aux Anglais.
Dupleix raisonne, conjure, menace, persuade.
Mais prières cemme menaces sont inutiles. Labourdonnais reste inflexible ; av lieu de céder, : s'entête de plus en plus et refuse obstinément De son côté Dupleix, d'accord avec tout. le Conseil de Pondichéry, refuse de ratifier le traité. Et Labourdonnais, blessé dans son amour-propre, mécontent de lui-même .et des autres, criant à
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l'injustice, quitte l'Inde, laissant Dupleix seul aux prises avec des difficultés qui auraient fait pâlir tout autre que lui.
De flotte, il n'en avait point, tandis que l’escadre anglaise restait intacte; son allié Anakverdikan,Nabab du Carnate, celui-là même dont l'intervention avait une fois sauvé Pondichéry, l'avait abandonné pour embrasser la cause anglaise, et mettait sur pied une armée formidable ; quelques-uns des siens même, découragés, désespérant avec leurs faibles ressources d’avoir raison de forces si supérieures, taxaient le Gouverneurd'imprudence, et voyaient avec regret ét un peu d'effroi ia prolongation de la lutte, Tout bas, quelquefois tout haut, ils réclamaient la paix, pensant qu'ils marchaient vers la ruine et la défaite. ù
Dupleix cependant ne faiblissait point, il les laissait dire et poursuivait son œuvre sans se troubler, avec une activité, une énergie et un sang-froid admirables. Il sentait qu'il ne fallait qu'une victoire pour relever les courages, pour raffermir les esprits abattus et inquiets, et cette victoire il la devinait, il la préparait.
Il apprend que l'armée d’Anakverdikan doit entreprendre le siège de Madras, armée redoutable par son nombre, son équipement et aussi par son chef, habile et brave. Il faut, coûte que
-coûte, la détruire, s'en débarrasser, se relever par une action d'éclat et recouvrer son prestige devant les Indiens. Et Dupleix travaille, travaille sans relâche. Toutes les forces de son esprit sont concentrées sur cette seule idée de victoire.
NÇAISES < +
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, tandis que l’esca- >n allié Anakverdi- | même dont l'inter- Pondichéry, l'avait la cause anglaise, mée formidable ; découragés, désesressources d’avoir eures, taxaient le voyaient avec regret ion de la lutte. Tout ils réclamaient la ent vers la ruine et
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l'Anakverdikan doit tras, armée redoutapement et aussi par 1 faut, coûte que arrasser, se relever ouvrer son prestige ix travaille, travaille »s de son esprit sont lée de victoire.
Il confie le commandement des troupes à ün homme brave et sûr, mais en réalité c'est luimême qui dirige la Ra re Au courant de tout, connaissant dans le détail tous les mouvements de l'ennemi, igné sur les projets de son chef, sur les surprises qu'il doit tenter et la route qu'il doit suivre, c’est lui, sans quitter Pondichéry, en tête à tête constante avec ses cartes et ses espions de guerre, qui calcule, combine, et fait mouvoir le tout.
L'habilèté du Gouverneur, servie par le courage . admirable du soldat, produisit bien le résultat voulu. Les troupes d'Anakverdikan, repoussées une première fois sous les murs de S, essuyèrent une seconde et terrible défaite à. Saint-Thomé. La paix fut conclue avec Anakverdikan, et Dupleix soulagé put se donner tout entier à la lutte contre les Anglais. ,
Le premier acte de cette lutte fut l' ue du fort Saint-David, alors quartier général des Anglais. Malheureusement les circonstances obligtrent Dupleix à confier le commandement à un homme vieux, sans énergie et'sans valeur, et l'expédition, malconduite, échoua complètement. Une seconde tentative ne fut pas plus heureuse. Dupleix s'acharnait encore à réparer ces échecs, lorsque des dépêches de France lui annoncèrent qu'une flotte formidable composée d’une vingtaine de bâtiments, sous les ordres de l'amiral Boscawen cinglait déjà vers Pondichéry, et lui ariverait presqu'en même temps que cette annonce, En fait de renforts, la Compagnie lui
envoyait forces recommandations et paroles encourageantes.
Au reçu de cette nouvelle foudroyante Dupleix ne perdit ni énergie ni sang-froid. Son esprit clair et précis trouva du premier coup le point faible de l'ennemi, et avec cette promptitude d'action qui était une de ses forces, il se mit à l'œuvre.
Les Anglais ne possédaient sur toute la côte qu'un seul point de débarquement, Gondelour, pas très éloigné de Pondichéry. Arriver les premiers, chasser la garnison anglaise, co de la sorte leurs communications avec’ St-David et empêcher le débarquement des troupes ennemies, voilà son idée ; et en toute hâte il envoie tous les hommes dont il peut disposer, Mais cette fois encore la fortune lui est contraire. Son plan, parfaitement conçu, mais mal exécuté, éihoue piteusement. Les nôtres se laissent prendre à une ruse des Anglais et rentrent à Pondichéry en grand désordre, démoralisés et effarés.
À la vue des fuyards une ombre de découragement passa sur l'âme de Dupleix, mais cela dura peu : bientôt il était debout, vaillant et fort comme auparavant, encourageant et rassurant les siens, organisant les travaux du siège, veillant à toutes choses pour la défense de la ville, car il entendait la défendre jusqu’à la dernière extré mité. Nous la sauverons ou nous mourrons, disait-il.
Pondichéry n'était encore que médiocrement fortifiée, malgré les soins de Dupleix qui avait fait élever autour de la forteresse, à une assez
ANÇAISES
ations et paroles en-
le foudroyante Duni sang-froid. Son du premier coup le avec cette prompti- . de ses forces, il se
ent sur toute la côte quement, Gondelour, éry. Arriver les pre-
inglaise, co! de la ns avec St-David et des troupes ennemies,
e hâte il pd 2 disposer. Mais cette t contraire. Son plan, mal exécuté, échoue se laissent prendre à entrent à Pondichéry lisés et effarés.
Le ombre de décourale Dupleix, mais cela lebout, vaillant et fort -et rassurant vaux du siège, veillant fense de la ville, car il qu’à la dernière extré ou nous mourrons, di-
re que médiocrement de Dupleix qui avait orteresse, à une ass?
grande distance, tout une ceinture de petits for.
tins. ses extérieures avec la plus grande énergie, disputer chaque pouce de terrain, avec cela faire des sorties, harceler inces-
samment l'ennemi, et ne se retirer dans la ville qu'après l’avoir lassé et épuisé ; puis une fois les positions extérieures prises, laisser l'ennemi se heurter encore à la forteresse intacte et recommencer un siège: Voilà comment Dupleix entendait la défense.
Il sera là cette fois lui-même pour tout diriger . et tout soutenir, général en chef, ingénieur, ad-
ministrateur, Partout où l’on aura besoin d'aide
et de conseil, partout où il y aura difficulté ou danger, on le trouvera, rassurant les uns, poussant les autres, superbe toujours d'énergie et de prévoyance. -
Le 4 août, les navires anglais apparaissent
. en rade de Pondichéry, mais on était prêt, on
les attendait. — Pendant 9 longues semaines on lutta avec acharnement. Aux ressources immenses de l’Angleterre Dupleix opposait son génie, et la valeur de sa petite troupe, qui auprès de lui avait retrouvé espoir et confiance, et qui sous ses yeux se battait comme savent se battre des. Français. EN
Aussi bien le 14 octobre les Anglais vaincus, laissant 1,500 cadavres devant la place, se repliaient vers Saint-David. :
C'était une brillante et glorieuse victoire qui eut un retentissement immense dans toute l'Inde. Nababs et Soubabs, princes indiens, jusqu’au Grand Mogol lui-même, envoyèrent des félici»
tations au vainqueur, qui avait en vérité retrouvé son prestige devant les Hindous émerveillés.
Peu de temps après, un Traité de paix fut conclu entte la France et l'Angleterre, traité qui stipula le retour de Madras aux Anglais, il est , vrai, mais qui au moins leur Ôta toute idée d’hostilité immédiate, et laissa à Dupleix le loisir et la tranquillité pour s'occuper enfin de son grand projet, la conquête de l'Inde par les Français. Son premier souci fut de trouver une occasion favorable pour intervenir dans les révolutions du ys, et l’occasion ne se fit pas attendre.
Ce fut d'abord Chauda Saïb, chassé de la Nababie du Carnate, qui vint demander alliance et secours au Grand Nabab de Pondichéry.
Presqu'en même temps, le Soubab du Dékan mourut déshéritant son fils, en faveur de son petit-fils, et c'est encore à Dupleix que le prince ! déshérité vint réclamer justice et appui. ° *. Malgré le désir très grand qu'eut eu Dupleix de prendre part aux affaires de la péninsule, il ne se jeta pas à la légère dans cette guerre indienne. Il étudia et pesa consciencieusement le pour et le contre, se rendit compte des difficultés et des dangers pour les opposer aux avantages qu'il urrait en retirer, puis enfin se décida pour intervention.
Les résultats de cette intervention furent qu'au bout de trois années Dupleix se trouva maître du Dékan, cette immense et magnifique contrée ui s'étend depuis le Nerbuddah au nord jusqu’au ap Comorin au sud ; le Carnate aussi le recon-
it en vérité retrouvé ous émerveillés.
Traité de paix fut ngleterre, traité qui
aux Anglais, il est bta toute idée d'hos- Jupleix le loisir et la enfin de son grand par les Français.
rouver une OCCasion ns les révolutions du pas attendre.
Saïb, chassé de la
it demander alliance ab de Pondichéry.
» Soubab du Dékan
, en faveur de son :
Jupleix que le prince ce et appui.
d qu'eut eu Dupleix |
de la péninsule, il ne ette guerre indienne.
ieusement le pour et des difficultés et des aux avantages qu il nfin se décida pour
rvention furent qu'au eix se trouva Lab et magnifique contr
ddah au nord PS au arnate aussi le récon-
naissait comme souverain, Du nord au midi le nom Français fut ae autant qu'aimé, Voilà ce qu'avait fait Dupleix sans argent et presque sans troupes. Il avait subjugué pour la France une vaste et admirable contrée, entouré son nom de respect et de gloire, jeté en un mot. les fondements d'un empire français dans l'Inde. En 17 ju. toutes les difficultés semblaient
aplanies. Les Anglais vaincus, se tenaient tranquilles, ét excepté un seul, Méhémet-Ali, les princes indiens étaient tous soumis et heureux. .
Celui-ci résistait encore, refusant de remplir les conditions d'un traité conclu quelques mois auparavant, et d'évacuer la ville de Trichinapaly. À force de ruse et de roupies * Méhémet-Ali obtint l'appui des Anglais qui envoyèrent des troupes pour la défense de Trichinapaly.
Dupleix résolut d'en finir et d'entreprendre
le siège de la place. Il y expédia des forces
suffisantes, mais fut obligé de confier le commandement à un général vieux et malade qui
conduisit mollement les choses et se vit forcé de | demander son rappel Il fut remplacé par Law, .:
neveu du grand financier, homme dont l'inca:
pacité déplorable, les lenteurs et l’entêternént :
seront funestes pour la cause de Dupleix et de
la France. à ; Dupleix voulait. procéder par un coup de
vigueur, énlever la place de vive force, mais
Law hésitait, doutait, restait dans l'inaction, puis se laissa battre par Clive, adversaire vedou-
* Roupie, monnaie des Indes, qui vaut 2 francs environ,
table, intelligent, très supérieur, et d'un patriotisme ardent. Dupleix le rencontrera plus d'une fois. Mais tancis que Clive sentira lui l'Angleterre prête à le soutenir avec ses armées
et ses millions, Dupleix verra se dresser devant | lui, comme un ennemi, cette France pour la- ( quelle il a travaillé et vaincu. j
Dupleix tâcha de sauver la situation -par une - diversion qui échoua. Quant à Law, après avoir ë stupidement laissé entrer un convoi de vivres à ] ‘Trichinapaly, il se retire à Shérigham malgré l les ordres contraires du Gouverneur, s'y laisse I bloquer, ne s'inquiète pas du tout d'en sortir, te immobilise inutilement un millier d'hommes, re laisse anéantir de gaieté de cœur et sans lever un
igt pour le secourir un corps français que Dupleix envoyait pour le débloquer. Finalement, il capitule honteusement ; 811 soldats français rendent les armes à 400 soldats anglais ; 41 canons sont livrés.
De tous côtés par la faute de ses généraux, où plutôt faute de généraux, Dupleix rencontre des revers, Arcate fut perdu, d'autres conquêtes <ncore; son armée restait prisonnière des An- Le ge one on parlait de révolte dans le
; les murmures, les accusations recom- d -mencèrent ; on eut peur, et on réclamait la paix à grands cris. Les directeurs de la Compagnie P écrivaient « qu'ilsattendaientavec Ja plus grande pi impatience d'apprendre que la paix règne sur la S «côte de Coromandel. » ù
Mais Dupleix n'était pas homme à quitter la lutte pendant qu'il restait une ombre d'espoir, et LE s
bloquer. , :
8x soldats français
soldats anglais; 41 |
s homme à quitter la ine ombre d'espoir, et
il sentait encore chez lui de ces ressources in sables du génie. « Quelques joursencore et j'aurai reconstitué une armée, dit-il. Je n'ai pas été battu parce que mes plans sont mauvais ; ma politique n'est ni chimérique ni téméraire. Mon prestige est compromis, non détruit. Je puis le reprendre, si j'ai un général et quelques succès.
« La seüle alternative redoutable, c’est une marche dé Méhémet-Ali sur Pondichéry ; mais les Anglais n'oseront pas violer le territoire de la Compagnie alors que la France et la Gran Bretagne sont en paix, et, seul, le Nabab ne teñtera jamaïs l'attaque d'une place dont les canons ont repoussé Boscawen. Ve
« Enfin, il y a d’autres obstacles plus sérieux: encore pour arrêter Méhémet-Ali. Le premier, plus fort, c'est la discorde qui va éclater dans: camp ennemi. Je connais les Hindous, is sûr que le dissolvant le plus certain de leurs be
calitions c'est la victoire ! Voilà
por agi sur les esprits des mécontents. Elle | | Se sieurs princes indiens, et fit pli
allié hindous, mais bloqués par eux à Trichina à l'habil qe proqree, |
et à resserrer ses relations avec les | D où D qu foi dans le
L de ses travaux de reconstitution et le on lui annonce que le Dé.
4 À en 8e M rar gp «à C'est
son lieutenan
; et sur ] quel Dupieix “pr | | sur com comme sur ‘même, "
‘* Un instant, il se sentit éomme frappé au : car lui aussi si douat, Mas ce mouvement
erneur età l'habileté ‘encore
relations il avait foi dans ke |
de reconstitution et
annonce que le Dé- |
mille hommes. C'est
ouragé au point de | le
à la suite de ces troubles rendait les Français « maîtres des grands domaines en étendue et en valeur qui eussent jamais été possédés par des Européens. » *
En France, cependant, malgré ces conquêtes et ces résultats vraiment prodigieux, Dupleix n'était : gr ans On le traitait bear hs y de tyran, de fou dangereux ; on lui repr son orgueil, son ambition et son avidité. Les directeurs en avaient assez, et même trop de ses conquêtes. Toute cette politique et ces guerres devaient nuire au dividende, et la Compagnie l'avait envoyé là-bas pour gagner de l’argent,non pour fonder un empire français.
Au commencement de 1752 les directeurs lui écrivaient : « Il est temps: de borner l'étendue de nos concessions dans l'Inde. La Compagnie craint toute augmentation de domaine, Son objet n'est pas de devenir une puissance de terre. »
Dupleix, qui se préoccupe de l'honneur et de:la gloire du roi, et des avantages de la natios, « demeure stupide » devant ces déclarations inouies. Assurément on ne sait pas clairement de quoi il s’agit, il y a eu quelque malentendu.
Il faut que sans retard le Roi et la Compagnie soient informés fidèlement, et à cette fin, « pour représenter le vrai des choses et le nécessaire, » ie à Versailles un de ses officiers, d'Au theuil.
En attendant le résultat de la mission, Dupleix
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A ————————————— L % * Un essai d'Empire français dans l'Inde au 18° siècle, par Tibulle: Hamont, :
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PR ee LE ne en sie na. SES
continue à travailler et à lutter avec une énergie superbe, n'ayant cependant que des troupes détestables, ses dernières recrues étant comme il dit lui-même « un ramassis de la plus vile canaille », des officiers d'une incapacité notoire, et point d'argent. Méconnu, abandonné, il ne désespère encore pas, et ne quittera la lutte que lorsque la patrie elle-même le frappera.
D'Autheuil s'acquitta dignement et consciencieusement de sa mission auprès du Roi. Il plaida avec ardeur et éloquence la cause de Dupleix, — qui était celle de la France, — exposa clairement les vues et projets de Dupleix, démontra qu'il n'y avait rien de chimérique dans cette grande idée d'un empire français qui s’étendrait aux portes mêmes de Delhi. Il parla de l'œuvre déjà accomplie, des victoires brillantes, et des conquêtes merveilleuses obtenues avec rien, et puis des conséquences de ces conquêtes qui seraient pour la France la gloire, la richesse et une puissance immense, et encore cette expansion de la race française en Orient qui serait d'une importance si grande pour le pays.
Louis XV et M"° de Pompadour avec leur cortège de beaux courtisans se moquèrent bien un peu de ce pauvre brave homme qui prenait souci de la grandeur de la France, et puis les directeurs craignaient pour leur dividende et réclamaient la paix à n'importe quel prix, les actionnaires de leur côté craignaient pour le: actions, et D'AILLEURS LES ANGLAIS ÉTAIENT MÉCONTENTS DE LA CONDUITE DE DuPLeix | On envoya donc une ambassade à Londres pour
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er avec une énergie t que des troupes ecrues étant comme ssis de la plus vile 1e incapacité notoire, u, abandonné, il ne quittera la lutte que le frappera.
nement et COnsCienprès du Roi. Il plaida a cause de Dupleix, nce, — exposa clairee Dupleix, démontra imérique dans cette ançais qui s'étendrait i. Il parla de l’œuvre ires brillantes, et des btenues avec rien, et e ces conquêtes qui , gloire, la richesse et t encore cette expanen Orient qui serait e pour le pays.
Pompadour avec leur ns se moquèrent bien re homme qui prenait la France, et puis les ur leur dividende et importe quel prix, les craignaient pour let:
LES ANGLAIS ÉTAIENT UITE DE Dupceix | On sade à Londres pour
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NRA OM EN MR tive . F4 V IN à
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régler ces affaires coloniales ! Il fallait à la longue en finir avec ces histoires de l'Inde ; il devenait gênant, ce Dupleix |
Les a accueillirent avec joie ces envoyés de la cour française et on entama les négociations, Le cabinet britannique déclara que la guerre avait eu pour seule cause l’orgueil et l'ambition toute personnelle de Dupleix, et que le seul moyen de faire cesser les troubles était de le sacrifier.
Ils appréciaient et redoutaient le génie de cet homme, ils sentaient que, tant qu’il resterait dans l'Inde, l'Angleterre n'y aurait pas la première place. Donc, rappeler Dupleix, ou soutenir la guerre avec l'Angleterre, la France, pouvait choisir. Et Louis XV choisit avec uneindifférence cynique et une ingratitude parfaite. Un Traité fut conclu avec l'Angleterre, stipulant le rappel des deux Gouverneurs, français et anglais, et leur remplacement par deux commissaires,
Le successeur de Dupleix était un nommé Godeheu, nature bassement hypocrite et vile, ' et intelligence bornée. Il s'embarqua avec une suite de 2,000 hommes ; la moitié aurait suffi à Dupleix pour faire un empire.
Il avait en poche l’ordre suivant : « Il ést ordonné au sieur Godeheu, commissaire de Sa Majesté et commandant général des établissements français aux Indes orientales, et en cas de décès au chevalier Godeheu, de faire arrêter le sieur Dupleix et de le faire constituer sous bonne | et sûré garde, dans tel lieu qu'il jugera conve-
nable, et de le faire embarquer sur le premier vaisseau qui partira pour France, Fait à Fontainebleau, le 22 octobre 1753: Signé : Louis, contresigné : Rouillé, »
De ce pays magnifique. qu'il avait conquis pour la France, on le chassait honteusement comme un misérable malfaiteur.
Lorsque Dupleix apprit l’arrivée des. navires français, il s'empressa d'aller au-devant de ses compatriotes, et franchement il souhaitait la bienvenue à celui qu'il appelait encore son: aai,
. lorsque brusquement Godeheu. lui. mit en main
son ordre de rappel signé du, roi. — Dupleix le lut avéc calme, et dit simplement « qu’il ne savait qu'obéir au roi et se-soumettre, à, tout, » Un:instant après il pria Godeheu « de luiremettre d'autres ordres, s'il en. avait à lui intimer, en l'assurant qu'il les recevrait avec la même constance que les premiers, »
De suite on, réunit. le conseil, car. Godeheu eut hâte de prendre, possession et de:se montrer maître, Il lut alors lui-même les. ordres de la
‘ Compagnie et du Roi. On. l’écouta froidement
sans daigner l’interrompre,et,lorsqu'il eutachevé, personne ne bougea, chacun. parut atterré, consterné. Ce fut Dupleix qui rompit ce silence devenu pénible, presque effrayant. Il se leva, et gravement, d'une voix sonore, il s’écria : « Vive le Roi, »
Cette attitude digne exaspéra. Godeheu, Il aurait voulu que Dupleix fit quelque acte de violence, et qu'il se révoltât contre les rdres du, Roi, Auprès de: lui d’ailleurs: il se sentit retit e
barquer sur le premier ane ue Fait à Fonbre 1753: Signé : Louis,
que. qu'il avait conquis "4 mn honteusement alfaiteur. :
prit l’arrivée des. nawires d'aller au-devant de ses chement il souhaitait la | appelait encore son: asal, Godeheu. lui. mit en main gné du roi. — Dupleix le t simplement « qu’il ne et se soumettre. à tout, »
.Godeheu « de luiremettre n avait à lui intimer, en evrait avec la même cons 3, »
. le conseil, car. Godeheu ossession et de.se. montrer ui-même les. ordres de la ji, On l’écouta froidement npre;et,lorsqu'il eutachevé, chacun. parut atterré, Cons ix qui rompit ce silence que effrayant. Il se leva, et x sonore, il s'écria : « Vive
e exaspéra. Godeheu.
ui fit quelque acte a révoltât contre les ordres di ailleurs: il se sentit netit et
ridicule, et cette supériorité li étais insupportable, à lui le maître ; aussi, il résolut de s'en venger. Il interrogea les hommes de confiance de Dupleix et les fit parler dans l'espoir de trouver quelque tache, quelque irrégularité dans sa
conduite, mais l'honneur était intact, son nom
pur; partout et toujours Dupleix s'était montré loyal, intègre, bon Français. Ne pouvant ternir son nom il s’attaqua à sa fortune et parvint, en effet, à la ruiner.
Ne recevant point d'argent de France, Dupleix avait avancé pour les affaires publiques toute sa fortune personnelle. Godeheu refuse de
le rembourser, embrouille les choses à plaisir, et :
manœuvre si bien que Dupleix en quittant l'Inde fut obligé de mendier quelques roupies.
De retour en France il pensa bien trouver justice ; il espéra même n'avoir pas quitté l'Inde pour toujours. Mais les semaines et les mois se passèrent sans rien apporter. On le tournait en ridicule ; il se trouvait dans la misère et on le raillaïit. Dans les premiers jours de novembre 1768 il écrivait: « J'ai sacrifié ma jeunesse, ma fortune, ma vie, pout enrichir ma nation en, Asie, D'infortunés amis, de trop faibles parents consacrèrent leurs biens au succès de mes projets. Ils sont maintenant dans le besoin. Je me suis sournis à toutes les formes judiciaires ; j'ai demandé, comme le derniér des créanciers, ce qui m'était dû. Mes services sont traités de febles ; ma demande est dénoncée comme ridicule ; jé suis traité comme l'être le plus vil du genre humain. Je suis dans la plus déplorable
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indigence; la petite propriété qui me restait vient d'être saisie ; je suis contraint de demander une sentence de délai pour éviter d'être traîné en prison. »
Quelques jours après il mourut.
Dans l'Inde les choses allaient vite, tout cela s'écroulait, s'écroulait |. avec une rapidité effrayante.
Par la premiere convention que signa Godeheu, en se félicitant encore de son succès, la France perdait tout droit sur le Carnate. Saint- David, Saint-Georges et Devicotte restaient définitivement aux Anglais. « Elle proposait encore que les villes de Mazulipatam et de Divy appartenant l’une et l’autre aux Français, fussent indivises entre les deux puissances rivales. »
« C'était-là, dit l'Anglais Malleson, des conditions non seulement désavantageuses aux intérêts français, mais encore dégradantes pour l'honneur de la France ». Godeheu n'hésite cependant pas à les accepter, il signe la convention la joie au cœur, et Louis XV avec M"° de Pompadour applaudissent.
Avec Dupleix meurt notre puissance dans l'Inde. Après Godeheu, de triste mémoire, arrive Lally Tollendal, brave et honnête à coup sûr, mais maladroit, ignorant et sans jugement. Il ne connaissait rien de la politique indienne, et ne comprenait pas les grands projets, les larges vues de Dupleix. Il dédaigna les alliances indigènes, et ne tarda pas à s'aliéner les quelques amis
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tre puissance dans iste mémoire, arrive onnête à coup sûr, ans jugement. Il ne que indienne, et ne ojets, les larges vues alliances indigènes, les quelques amis
restés fidèles à la cause française. Les premières opérations néanmoins réussirent ; il prit la forteresse de Cuddalore, puis le fort Saint-David,
agir promptement et avec énergie, expulser les Anglais de toute cette contrée et se rendre maître de Madras, leur capitale, Malheureusement, pour ce faire, Lally aurait eu besoin de ja flotte, et la flotte, sous le commandement d'Aché,
les côtes de Ceylan. D'autre part, les subordonnés de Lally mécontentés par sa maladresse et
Hindous lui tournèrent le dos, et, dans cette extrémité, il rappela Bussy, fort occupé alors à surveiller sa conquête du Dékan, C'était une grave faute qui fit grande joie aux Anglais.
Aussitôt ceux-ci dirigèrent des forces considérables contre Mazulipatam, qui dût se rendre.
Bussy demanda, suppliant, la permission d'y retourner, mais Lally s'entêta à le garder auprès de lui, et la discorde se mit dans les troupes. Il se forma deux partis, d'un côté celui de Lally, de l'autre celui de Bussy.
bloqué à Pondichéry, où il se défendit vaillamment il est vrai, 1nais, le r4 janvier 1761, décimée par la famine, la ville fut obligée de se rendre. Garnison et habitants furent renvoyés en Europe, et Pondichéry détruite de fond en comble. C'était ha dernière place où fiottait le pavillon français.
mais pour profiter de ces victoires il aurait fallu .
homme incapable et insouciant, s'amusait sur
| ses manières hautaines l’abandonnèrent, les
D'échec en échec, le Gouv:rneur se trouva
En 1761, la honteuse paix de Versailles fit
rentrer Pondichéry sous la domination française, et pendant les quinze années de paix qui s'ensuivirent la ville se releva peu à peu de ses ruines, mais ce ne fut que pour retomber de nouveau entre les mains des Anglais, qui se trouvèrent ainsi les seuls maîtres de la péninsule, ou du moins sans rival européen.
Mais alors se réveille l'énergie des peuplades indigènes, Hyder-Ali, roi .de Mysore, brave, entreprenant, d'une haute valeur militaire et admirateur passionné de Dupleix et de la Franc, soulève contre la puissance anglaise une grande partie de l'Hindoustan et pousse ses armes jusque sous les murs de Madras.
À ce moment il aurait fallu le soutenir par dés renforts sérieux.
La France lui envoie quelques centaines de repris de justice, et des chefs choisis avec sollicitude parmi les plus incapables. C'était dérisoire !
A la fin, cependant, le cabinet de Versailles se rend compte de l'énormité de la faute commise. On envoie de France des renforts considérables sous le commandement du bailli de Suffren; mais il était trop tard ; ni les brillantes victoires de cet homme de taïent, ni les efforts de Tippoo- Saïb, fils de Hyder-Ali, qui avait hérité de son père la haine des Anglais, ne purent rétablir notre puissance perdue.
De toutes nos possessions, de tout ce vaste empire conquis et créé par le génie de Dupleix, il ne nous reste plus aujourd'hui que cinq villes
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et quelques comptoirs. Ces villes sont Pond
chéry, Yanaon, Karikal, Chendernagor et Mahé. :
Leur superfcie totale-est de 508 kilomètres carrés, tandis que celle de l'Inde anglaise s'élève à 3.600.000 kilomètres carrés, non compris ‘a Birmanie anglaise. Leur population compte 275.000 âmes, celle de l'Inde Anglaise est de 240 millions. Leur commerce extérieur monte à 30 millions, celui de l'Inde anglaise à plus de 3 milliards et demi.
A coup sûr, les Indiens d'aujourd'hui sont plus heureux que lorsque les bandes de Mahrattes
parcouraient le pays en le ravageant; aussi bien
reconnaissent-ils la sagesse des lois anglaises, néanmoins ils n'éprouvent pour leurs maîtres actuels aucune sympathie. Encore aujourd'hui ils les considèrent comme des conquérants, des étrangers, et non comme des frères aînés venus pour les soutenir et les guider. C’est que l’Anglais se fait craindre. Le Français avec son respect pour le principe des nationalités, avec ses idées de fraternité se serait fait aimer; il aurait fait marcher de front les intérêts moraux et intellectuels avec les intérêts purement maté-
. riels. C'est ainsi, pacifiquement, en s'appuyant
sur l'amitié du peuple annamite, que Paul Bert voulait conquérir notre Tonkin.
N'oublions pas, qu'au point de vue matériel, les Anglais, ces colonisateurs par excellence, n'ont fait que mettre er pratique le système politique de Dupleix, mais n'oublions pas davantage que l'Angleterre a su voter en temps utile
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