‹ Les colonies françaises (volume 2)Chapitre 51 sur 60 · LES TUAMOTU ET GAMBIER · texte numérisé non relu

LES TUAMOTU ET GAMBIER

Haraikij Anuanuraro, Marutea, Taenga, Reitoru, Nukutipipi^ Nihiru^ Rikuern, Tekokoto, Raroia^ MarukaUy Ravahere^ Takume^ Nengonengo^ Rekareka, Tauere^ Tetopoto^ Manuhangi^ Napuka^ Angatau, Hao^ Aamann^ Paroa^ Tematangiy Pinaki, FakakinOy Pukararo, Pukarunga, Akiaki, Vanavana, Vairaated, Pukapuka, VaHtaïy Nukutavake, Ahunuit Vahitai, Tatatoroa, Tureia, Jetakotepoto, Anaaiti^ Morane, Pukaruka^ Tenararo, MaturevavaOf Nomia, Natupe, Tenarunga^ Maria^ Merutea et Timoe. La plus importante est Anaa. Viennent ensuite Rairoo, Pakarava, Raroia, Hao et Vairaatea. Les autres ne sont que des îlots sans importance ; plusieurs d'entre elles sont même inhabitées. Elles s'étendent sur une longueur de 2000 kilomètres et une largeur de i,200. Les Gambier sont au nombre de six. Cinq d'entre elles : Mangarewa, Aukena^ Okamaruy Akakawitaï et Ta-' rawaï, forment comme un cercle qui circonscrit un lagon intérieur de 18,000 hectares. La sixième, l'île Crescenty est en dehors du groupe.

Ces deux archipels appartenaient jadis à un continent que les feux souterrains submergèrent en partie sous les eaux. Les îles, qu'épargna le cataclysme, étaient sans doute les sommets des montagnes de cette terre disparue. Aucune d'elles n'est importante comme superficie. On dirait des cratères dont la crête émerge seule au-dessus des eaux, mais qui sont battus des deux côtés par les flots de la mer : en effet, elles présentent d'ordinaire une forme circulaire et entourent un lagon intérieur. Escarpées et inabordables du côté de la mer, elles n'offrent aucun mouillage, tandis qu'elles s'abaissent en pente douce du côté du lagon, ce qui semblerait indiquer un affaissement dans celte direction. De temps à autre se dresse encore une haute cime, comme par exemple le mont Du/fk Mangarewa ; mais ces derniers vestiges de l'ancien continent s'effondrent peu à peu et disparaîtront un jour ou l'autre. Presque toutes ces îles sont protégées au large par un récif madréporique qui forme comme une digue continue. De temps à autre, ces murailles de corail offrent des passes praticables pour les navires de toute grandeur. D'autres donnent accès seulement à de petits navires. Plusieurs îles n'ont pas de passes même pour les embarcations, qu'on est alors obligé de porter sur le récif afin de les faire pénétrer dans le lagon intérieur, opéra-

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tion toujours difficile à cause de la violence des vagues. Ces récifs extérieurs se reconnaissent de loin à la blanche nappe d'écume qui bouillonne dans les brisants. La nuit, le roulement sinistre de la vague les annonce. D'impétueux courants y précipitent les navires. Dans ces parages difQciles, on ne peut avancer qu'avec la plus grande précaution et la sonde à la

main.

Les Tuamotu et les Gambier sont infertiles. Les seuls arbres qui s'y développent en toute liberté sont les cocotiers et les pandanus, qui, par leur végétation active et touffue, constituent d'impénétrables fourrés. Les cocotiers ont un redoutable ennemi, un crabe terrestre, muni de fortes pinces, et très friand de noix. Ces noix servent de base à la nourriture des insulaires. Ils en extraient de Thuile, mais par des procédés très primitifs, en râpant les noix avec des lames de fer dentelées, puis en pressant avec la main les pulpes, qui ont, au préalable, fermenté deux ou trois semaines dans des réservoirs spéciaux. Les tourteaux sont utilisés pour la nourriture du bétail ou de petits chiens comestibles : on les convertit encore en engrais.

Avec l'huile de coco et la pêche, la seule industrie de l'archipel est celle de la nacre et des perles. Sur les rochers qui entourent l'archipel vivent et se développent de nombreuses huîtres perlières; on les nomme des pintadines; leurs coquilles produisent une belle nacre fort estimée. Les insulaires vont les chercher en plongeant jusqu'à vingt et trente mètres sous l'eau. €omme elles adhèrent fortement au roc ou sont enfoncées dans le sable, plusieurs plongeons sont nécessaires pour les détacher. On les pêche de janvier à avril. On a soin d'exploiter les bancs les uns après les autres, pour laisser aux coquilles le temps de grossir. Sept années sont nécessaires pour atteindre leur entier développement. Les perles obtenues se divisent en quatre catégories : la première comprend les perles régulières et sans tache, la seconde les perles rouges et blanches, la troisième les perles baroques, avec taches, et la quatrième les chicots de perles.

Les Tuamotu et les Gambier n'ont, à vrai dire, pas d*his« toire. Les Tuamotu dépendaient autrefois de Talti, et ont reconnu notre protectorat, quand nous l'avons imposé à la reine Pomaré. En 1836, des missionnaires de Picpus avaient débarqué

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