‹ Les colonies francaisesChapitre 3 sur 88 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

démarches. Pendant qu'ils grandissent, nous restons stationnaires. La Russie annexe peu à peu les immenses territoires de l'Asie centrale; l'Allemagne s'arrondit aux dépens de ses voisins; l'Angleterre et les États-Unis s'emparent de tout ce qui leur semble bon à prendre et à garder ; l'Autriche, la Grèce et même l'Italie ont trouvé et trouveront encore des accroissements territoriaux aux dépens de l'empire ottoman. Il faut, de toute nécessité, que la France à son tour augmente son domaine, et elle ne le peut qu'en acquérant de nouvelles colonies.

Aussi bien ces idées de restauration coloniale commencent à faire leur chemin dans l'opinion publique. La grande masse de la nation a donné son approbation pleine et entière aux expéditions de Tunisie, de Dahomey, de Madagascar, et commence à comprendre l'importance de nos possessions indo-chinoises. L'Algérie grandit et se développe de jour en jour. Le Sénégal est en quelque sorte le premier anneau de cette chaîne d'établissements français qui conduisent en plein Soudan nos négociants et nos soldats. L'Ogooué et le Niger sont devenus des fleuves français. Le Congo et le lac Tchad sont parcourus par nos négociants. Nous entrons dans la Guinée si longtemps mystérieuse. Madagascar est à la veille de reprendre le beau nom de France Orientale. Partout s'ouvrent de nouveaux débouchés à notre commerce et à notre industrie. Que tous les partisans de l'expansion coloniale de la France prennent donc bon courage, et le dernier mot ne sera pas dit sur la grandeur et l'avenir de notre patrie!

Paul GAFFAREL.

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