MONUMENT DE WOLFF ET DE MONTCALM
ter ses cendres en France. Les fêtes de Versailles le préoccupaient beaucoup plus que les faits d'armes
dont le Canada avait été le théâtre. En revanche, le peuple du Canada etles sauvages des Grands-Lacs et des bords de l'Ohio gardèrent religieusement le souvenir du héros français qui avait excité leur admiration par son courage et son génie, et qui s'était attiré leur amour par sa générosité et par la bonté de son cœur. Au moment de la guerre d'Amérique, quand les troupes francaises se présentèrent dans le Nouveau- Monde pour délivrer de la domination britannique les compatriotes de Washington, elles reçurent des témoignages d'attachement de plusieurs hordes de sauvages. Ces peuplades de Peaux-Rouges connaissaient toutes l’histoire de Montcalm et demandaient aux officiers français des nouvelles de la famille du « grand chef » tombé dans les champs d'Abraham en défendant Québec: « Si son fils n'a point de service, disaient-ils, nous le mettrons à notre tête. » Il y avait alors vingt ans que Montcalm était mort. Quoi de plus frappant que ce témoignage d’admiration et de respect pour la mémoire du général français venant de ces Indiens aux mœurs primitives?
En 1827, le comte de Dalhousie, gouverneur des possessions anglaises dans l'Amérique septentrionale, eut la noble idée de bâtir un monument en l'honneur de Montcalm et de Wolff, ces deux vaillants soldats qui avaient vécu de la même vie et qui, en combattant l’un contre l’autre, avaient été frappés de la même mort. Il convoqua au château Saint-Louis, à Québec, une assemblée des notables de la ville, qui nomma un comité chargé d'accomplir l'œuvre qu'il avait méditée. Bientôt après le monument fut construit. C’est un obélisque de pierre de vingt-deux mètres de hauteur qui s'élève dans le jardin public
de Québec, dominant toute la rade. Sur la façade principale, on lit cette inscription : « Leur valeur a
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