‹ Les combattants de 1870-71Chapitre 37 sur 262 · Général Derrècagaix, loc. cit., pu^io 3S · texte numérisé non relu

Général Derrècagaix, loc. cit., pu^io 3S

LA .MOMII.ISATIO.N 103

inenl par \o colonol Stittïcl. allaehr niilitaiiv à l'aniliassadi' Iraneaiso de Hei-lin, en 1111 résume' qiiP vniii :

« Sentiniriit profuml v{ saliilairr que le priiiciiic du service militaire obligatoire répand dans l'armée, qui renferme toute la partie virile, toutes les intelligences, toutes les forces vives du pays, et qui se regarde comme la nation en armes ;

« Le niveau intellectuel de l'armée plus élevé que dans aucun pays, grâce à une instrucliun générale répandue dans tontes les classes du peuple;

« A tous les degrés de la hiérarchie, le senlimenl du devoir beaucoup plus développé qu'en France ' ;

« Services spéciaux (compagnies de chemins de l'ei', compagnies de porteurs de lilessés, télégraphie) organisés à deineure, avec le |»iiis grand soin, et sans diminution du nombre des combattants ;

« Feux d'infanterie plus redoutables, grâce au tempérament partindiei' aux Allemands du Xord et aux soins extrêmes apportés à l'instruction du tir :

« Matériel d'artillerie de camiiagne bien supéi'ieui' au nôtre comme justesse, portée et rapidité du tir.

« Mais de tous les éléments de supériorité duiit la l'i'iisse tirerait avantage dans une guerre prochaine, le plus grand, le plus incontestable sans contredit, lui serait acquis par la composition de son corps d'officiers d'état-major. Il faut le proclamer bien haut, eominc iiiic vérité éclatante ; réiat-niajor prussien est le ju'emier de rp'.urope "... »

Ft pour (jue le lablcau soit complet, le cnlonel Stoffcl y ajoutait cette esquisse signitîcati\(' :

« D'une part, une luUiou pleiue de sève et d'énergie, instruite comme aucune autre en Fiirope, privée à la vérité de toute qualité aimable ou généreuse, mais douée des qualités les plus solides, ambitieuse à l'excès, sans scrupules, audacieuse, façonnée tout entière au régime militaire ; d'autre part, un homme qui pendant vingt ans comme prince, et pendant dix ans comme régent ou comme l'oi, a donné Inus ses soins à rarmée avec une sollicitude, une passion, une bonne humeur telles, qu'il en a fait un instrument redoutable. C'est cette armée qui a vaincu à Kieniggra'tz '. »

Notre attaché militaire termiiiail par cet avertissement prophétiqui' :

« Ce spectacle est tellement saisissant (|u'on ne |K'ut qu'accuser d'aberration ou d'une coupable légèreté les étrangers (pi'il aurait dû frapper bien avant ISBlj... Fu Prusse, nation et armée révèlent un es|irit, une énergie, une discipline, une ius- IruetioM qui (Ml léi-(uit pour nous, le cas échéant, les |)lus redoutables adversaires '... »

1. Ces;! l;i une (i|iiniiir] i|iii nous j)ai'iiit trop al)solue. Le sentiment du devoir n'avait rc(;u dans i'aimop iiaiii;ais(' aucnno atti-into, et soldats et officiers on ont donné la preuve par leur bravoure adiniraljlo et leur dévonemont al)solii. Mais les caractores s'étaient certainement abaissés, sous l'iniUience dissolvante du relâclieinent des mœurs ijubliques, et la vigueur du commandement devait particulièrement s'en ressentir.

2. Colonel baron Stoffkl, Rapports milita/rcx (h-rits de Uctiin. (Raiiinirt du 2."! avril ISSCi.)

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