‹ Les comediennes comedie en quatre actesChapitre 67 sur 85 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

MAROT

Tandis que moi... je ne demandais qu’à mourir à la peine! J’aurais passé ma vie à me rouler à vos pieds... Si vous aviez quitté le théâtre pour moi, comme vous vouliez le quitter pour lui... je vous aurais épousée... vous seriez aujourd’hui madame Marotet compagnie... Vous auriez une fabrique et trois cents ouvriers, vous mèneriez une existence cousue d’or et de soie, vous seriez la reine des canuts !

Si j’ai fait une faute, Jeanne en a profité. Après tout, elle est gentille, cette petite Jeanne.

MAROT, piteusement.

C’est possible; je n’en sais rien.

FERNANDE

Elle a l’air de vous aimer.

MAROT

C’est plus que je ne lui en demande.

FERNANDE

Vous ne l’aimez donc pas, vous?

MAROT

C’est mademoiselle Fernande qui me fait une pareille question ! Vous me croyez un cœur bien banal?..

(On frappe k la cloison.)

FERNANDE

On s’impatiente...

MAROT, à Jeanne, à travers la cloison.

C’est boni c’est bon! (a Fernande.) Vous croyez qu’un homme qui aurait tout donné...

JEANNE, au dehors.

Marot.. . le rouge!

FERNANDE

Vous serez cause qu’elle ne sera pas prête.

MAROT

Me voilà... me voilà... (a part.) Elle me fait encore tout oublier.

(Il sort.)

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