ACTE IV, SCÈNE VII
FRIVOLIS.
Oui , c’est vrai... vous m’avez résisté... longtemps... Quelle comédie! Et je vous ai épousée... Quel drame I Donc, je suis votre mari, hélas! vous êtes ma femme I... vous ne devez vivre qu’avec moi, toujours avec moi !
Jl'LIBT'l E, à part.
Ce serait gai! (Haut.) Monsieur Frivolin, si c’est une tragédie que vous avez voulu jouer, je vous préviens que vous avez fait four. Est-ce que vous croyez me faire peur avec vos grands mots et vos grands gestes? Le Code... Qu’est-cé que j’ai à faire avec le Code? je ne suis pas une criminelle.
Je le désire !
JULIETTE
Qu’est-ce donc que vous me reprochez ? d’être un peu légère, un peu coquette... d’aimer à souper ? Après?.. J’étais tout cela, j’aimais tout cela avant d’être votre femme, et vous le trouviez charmant. IngTat! vous .adoriez mes défauts et vous ne songiez qu’à les épouser.
FRIVOLIN.
Mais pas du tout! j’espérais bien que tout cela changerait.
JULIETTE
Et pourquoi donc? Est-ce que je vous demande de changer ? Est-ce que je me plains que vous soyez ridicule et mal venu? Vous l’étiez avant, vous avez le droit de l’être après. Ne soyez pas plus exigeant pour moi que je ne le suis 'pour vous. Je sou perai ce soir aux Frères, parce que cest mon plaisir; vous m’attendrez sur les deux oreilles, c’est votre droit, et je vous rapporterai des macarons, c’est mon devoir.
FRIVOLIN.
Eh bien! je tiens ma vengeance!., puisque vous le prenez sur ce ton, le musicien reprend son droit ; je ressaisis mon archet ! je reparais à mon pupitre; je nargue l’opinion... je vous accompagne sur la corde de la perfidie., et vous chanterez faux!... et vous détonnerez !... Le public, qui a l'oreille juste, fera le reste !
JULIETTE
Allez, allez, la musique! — Le public me connaît et me vengera ! .