‹ Les comediennes comedie en quatre actesChapitre 80 sur 85 · ACTE IV, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIII

JUSTINE à part.

A quoi pense madame?

(Elle se baisse pour ramasser les fleurs. Fernande l'arrête violemment.) FERNANDE.

Laissez celai...

JUSTINE

Vous ôtes toute tremblante, madame, qu’avez-vous?

FERNANDE, émue.

Ce que j’ai... Il est dans la salle! tranquille, bien heureux, assis à côté de sa maîtresse qui m’a jeté ce bouquet I

JUSTINE

Mais qui donc , madame?

FERNANDE

Je vous disque Maurice est là, dans une loge, avec une femme... et cette femme a eu l’audace de m’applaudir... elle a eu l’infamie de me jeter des fleurs!...

JUSTINE

Madame en est-elle bien sûre?

FERNANDE

J’ai pâli... j’ai chancelé... j'ai failli tomber sur la scène... Comprend-on une pareille lâcheté ! Justine, vous savez si je l’ai aimé... Auriez-vous jamais dit que cet homme viendrait un jour, en plein théâtre, froidement, comme un simple spectateur, me voir jouer la comédie!

(On frappe à la porte de la loge.) FERNANDE, avee un certain trouble.

On a frappé!... tais-loî... ■

JUSTINE, à voix basse.

C’est l’habilleuse, sans doute.

FERNANDE

Non... Est-ce qu’une habilleuse frappe ainsi?

(On frappe de nouveau.

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FERNANDE, très-émue.

C’est singulier !

JUSTINE

Faut-il ouvrir ?

FERNANDE , d’une voix tremblante.

N’ouvrez pas !

(On entr'ouvre la porte, Maurice parait. Il reste au fond du théâtre et s’appuie sur un meuble).

Maurice !

(Elle reste immobile, les yeux fixés sur Maurice. Justine passe derrière la toilette et sort.)

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