SCÈNE VIII
MADAME G0D1N0T, et MADAME VERDURET, assise à gauche, VERTPIGNON, BOISJOLI, FOLLEVILLE, au piano.
VERTPIGNON, essoufflé; il s’essuie le front avec son mouchoir.
Ne vous impatientez pas, je viens de chez Moreau le costumier. Ah! voilà l’affiche!
BOISJOLI
J’espère qu’on a soigné votre titre.
VERTPIGNON.
Il pourrait être plus gros; enfin ça peut aller: ce diable d’opéra a produit un effet foudroyant l’autre jour chez madame Dufourré, et voilà ce qu’en a dit la chronique des salons que j’ai achetée, par hasard. — Ecoutez donc, Mesdames I (a B oisjoü.) Elles n’écoutent pas! (Haut.) Écoutez donc. Mesdames! (Boisjoli et Folleville se rapprochant, tes femmes restent assises; il lit.) « Un
de ces compositeurs qui ne demandent qu’à être connus pour être célèbres, M. Vertpignon, a écrit sur sesqpropres paroles, car il est poète aussi, une musique délicieuse, fantastique, colorée, voluptueuse, orientale enfin, et rappelant pour la couleur et le caractère l’Herculanum de Félicien David.
MADAME GODINOT
C’est un de vos amis qui a écrit cela?..
VERTPIGNON.
Du toutl
MADAME VERDURET, lias à madame Godinot.
11 aura fait l’article lui-même.
VERTPIGNON.
Vous voyez ce qu’on pense de ma musique. Aussi, je peux dire sans vanité que tout l’attrait de la soirée...
FOLLEVILLE, au piano.
Sera dans mes petites chansonnettes.. .qui empêchent Nadaud de dormir!
MADAME VERDUDET.
Vous n’y êtes pas du tout. Les femmes viendront pour faire voir leurs toilettes; les hommes pour manger des glaces, et tout le monde pour se moquer de nous; voilé pourquoi l’on viendra.