PROLOGUE
\ i ce qui est faict ettoit à faire^ asseurez-vons , Mesiiews, que seriez auj<mrd*hui spectateurs d'une autre comédie q%e ceste-<y^ par ce que les eseol"
» tiers dent elle est nommée ne sont tant jaloux de leur nom quHls ne coffnoissent bien que ce ne leur est grand komteur publier leurs follies devant une si paisible assistance et aux yeux de tant de jeunes gentilshommes à qui la cour a apris un autre style que celuy qui s'enseigne aux universitez , car leurs propos sont sans fard , simples^ communs et ordinal' res à nouveaux apprentis au mestier amoureux, Toutesfois, fose dire qu'encores qu'ils soient jeunes , qu'ils ont neantmoins Je ne sçay quoy de gentil , ne s'oublient point, et se font cognoisire pour tels qu'ils sont, sans desguyser leur nue volonté d^une flatteresse apparence, introduire par aucuns à ceste seule fin de tromper ceux qui s'y fient. Aussi , pour vous en dire la vérité , ils ne fkrent jamais autres qu'escoliers. Bien est vrai qu'ieeux, adjoustans foy aux promesses de plusieurs qui désirent leur advancementy lesquels, pour les encourager, leur faisoient croire qu'ils estaient les plus habiles hommes du monde , se sont présentez sur ce teatre. Qui me faict penser qu'ils n^en sçauroient r'emporter, pour guerdon de leur trop sotie outreeuydance, qu'un scandale et blasme étemel, me semblant en oyr desjà quelques uns disons qu'ils sont trop téméraires, et feraient mieux de feuilleter leurs livres que s'amuser à divul-guerles faveurs qu'ils ontreceues des dames. Mais cela n'est
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9i08ant pour leur faire oublier leurentrepritue, car ils ont aiduré d'avantage soubs la verge de leur regens, et ne s* en sptU pourtant courrwssez. Joint que, sesouvenans quHl n*y ûsi pè^ Ut serpent qui ne porte son venin et que le moindre formy. s-enr fie souvent de colère , ils ne veulleht tant s'abaisser quUls ne se haussent un peu en audace , et vous disent qu*ils»ne sont si petits compagnons que^ quand ils le voudront entreprendre, ils ne se facent mieux paroistre que ceux qui les veullent braver. Mais Je laisseray cela, mes dames, pour vous supplier, au nom d'eux, que, s'Us ne vous sont desplaisans , il vous plaise les escouter, laissant causer ces friquenelles et gens de peu qui , mettons leur nez par tout, se meslent de blasmer un chacun, comme s'ils estoient seuls censeurs du labeur d'autruy, et sçavoient quelque chose d'avantage que ceste paisible compagnie , qw, desjà s' accommodant , se dispose pour nous escouter, et vous prier avec nous, prester quelque bénigne audience.