‹ Les ComédiesChapitre 118 sur 405 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

Ah ça ! je crois vraiment que vous prenez la peine de relever ses paroles ! Quelle simplicité ! Puisqu'elle n'entend pas le premier mot du sujet qu'on discute. . . Mais , au milieu de tout cela , quelle heure est-il ?

DON SÉRAPIO.

11 doit être. . . Permettez ! . . . Oui , nous pouvons bien approcher de...

DON HERMOGÈNE

Voici ma montre : la ponctualité en personne! U est trois heures et demie, juste.

DONA AGUSTINA.

Oh! en ce cas, nous avons le temps. Prenons des sièges, d'autant plus qu'il n'y a pas une âme ici.

DON SÉRAPIO.

Quelles âmes voulez-vous qu'il y ait? Dans toute autre circonstance, à la bonne heure. . . Mais aujourd'hui, aujourd'hui, chacun, oui chacun, va à la comédie.

(Ils s*as8eyent tous, à rexoq>tion de don Éleutério.) DONA AGUSTINA.

U théâtre sera plein , on étouffera !

DON SÉRAPIO.

Quand je vous dis, moi, que ce soir des messieurs payeront huit louis une seule stalle d'orchestre.

DON ÉLEUTÉRIO.

C'est tout simple ; comédie nouvelle, auteur nouveau, pièce...

Sans compter qu'on se la sera arrachée pour la

lire, et qu'on aura bien vu ce qu'elle doit valoir. Je gage qu'il n'y aurait pas place pour une épingle, la salle fùt-elle vingt fois plus grande !

DON SÉRAPIO.

Aujourd'hui , les Saucissons ' tremblent de froid et de frayeur. Hier, fort tard encore, j'ai offert de parier, avec le mari de la première soubrette, six onces d'or que ce soir ils n'auraient pas c^nt réaux dans toute T enceinte.

DON ÉLEUTÉRIO.

Et vous avez obtenu que le pari s'effectuât, n'est-ce pas, mon cher?

DON SÉRAPIO.

La chose n'a pu s'arranger, parce que je n'avais \dans ma bourse que deux réaux et quelque menue knonnaie de cuivre. Mais comme je les ai fait crever de rage ! comme je les ai aplatis ! . . .

DON ÉLEUTÉRIO.

Je suis à VOUS dans la minute; le temps d'aller ici près à la librairie, et de revenir.

DON A AGUSTINA.

Mais pourquoi cette course ?

DON ÉLEUTÉRIO.

Ne te Tai-je pas dit?... C'est que j'ai donné Tordre qu'on m'y apportât le relevé de la vente, car ce sera toujours...

Oui, bien sûr. Seulement fais vite.

> Chorizos : sobriquet donné aux partisans du théâtre del Pr'mdpe.

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