‹ Les ComédiesChapitre 220 sur 405 · DON LUIS, DON MARTIN · texte numérisé non relu

DON LUIS, DON MARTIN

DON MARTIN

Écoutez Y mon frère : si vous ne voulez point que nous ayons une querelle très-sérieuse, ne parlons plus de cette affaire. Laissons cela.

DON LUIS

Vous vous tourmentez aussi pour un rien ! Du moment que les choses ne vont pas selon vos idées, vous vous emportez, vous criez ! . . .

DON MARTIN

Et comment supporter de sang-froid ce qui se passe? Comment surtout y donner mon approbation ?. . . N'est-elle pas ma nièce ? n'fttes-vous point mon frère?

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DON LUIS

Nul ne conteste le fait. Mais puisque le rôle du père ici m'appartient ^ puisque ma fille de trouve à ma charge et sous ma tutelle , laissez-moi le soin de la gouverner.

DON MARTIN

C'est juste... Oh! vous la gouvernez d'une façon admirable ! A quoi bon , je vous prie , ces délais et ce respect minutieux des convenances? Don Claude est arrivé à Tolède ; nos deux: jeunes gens se sont aperçus : eh bien ! qu'attendez-vous? Mariez-les!

DON LUIS

Permettez , mon frère. Dans ptaâeurs lettres déjà, don Pèdre avait insisté auprès de moi en faveur de cette union ; il exaltait jusqu'aux unes les qualités brillantes de son héritier. Pour mon compte , je me souvenais à peine d'avoir vu don Claude tout enfant. Aussi cherchais-je à recevoir d'Ocana ' certaines informations qui devaient me dicter une réponse décisive , lorsque mon vieil ami , aVec son impatience habituelle, envoya, sans autres préliminaires, le jeune homme lui-même frapper à ma porte. Bien entendu, je fus obligé de Théberger. Toutefois je jugeai convenable de laisser ignorer à Inès le véritable but de cette démarche. I^es premiers jours , je remarquai qu'elle traitait notre visiteur avec une courtoisie assez indifférente : « Oh ! me disais-je , à

' PetiltMilledo la Non vcllo-Ca'^tille, située à neuf lieues de Tolède.

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