‹ Les ComédiesChapitre 260 sur 405 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LUCIE, DON CLAUDE

LUCIE

Par quelle ruse diabolique elle s'en est tirée !

DON CLAUDE , avançant la tête hors de sa chambre.

La place est-elle libre enfin ?

Oui, il n'y a plus personne, monsieur. Ne le voyez-vous pas ?

DON CLAUDE

Et on en sont les affaires ?

LUCIE

Dona Clara est parvenue à donner le change au vieux avec tant de succès , que le papa exhale toute sa fiireur contre la chère cousine , qu'il croit la vraie coupable.

DON CLAUDE

Quelle présence d'esprit elle a , ta maîtresse ! Oh ? c'est une petite gaillarde. . . Mais, dis un peu, comment faudra-t-il nous y prendre pour nous parler de nouveau et débattre nos graves intérêts ? Hélas ! Lucie , je crains horriblement de ne pas arriver au port.

LUCIE

En ce qui me concerne , monsieur, si je puis vous être de quelque utilité. . .

DON CLAUDE

Informe dona Clara que moi d*abord je suis prêt à tout. Qu'elle agisse donc. . . comme elle Tentendra! Tu dois ajouter qu'il est nécessaire de nous revoir, de nous communiquer nos idées...

LUCIE

Fort bien.

DON CLAUDE

En effet, ce sera très-bien ainsi.

Mais regardez une fois ce fichu : est-il assez déchiré? Que dites-vous de cette loque?

DON CLAUDE

Franchement, ton fichu pom-rait être plus neuf.

LUCIE

Vous êtes bien assuré au moins que je vous servirai avec zèle et sollicitude.

DON CLAUDE

J'en suis persuadé.

LUCIE

Vous comptez que je m'emploierai toujours avec la même ardeur pour votre amour ?

DON CLAUDE

J'y compte tout à fait.

LUCIE

Et que je garderai le secret?

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