‹ Les ComédiesChapitre 270 sur 405 · ACTE II, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X

monsieur qui possède à fond le catalogue de ses fredaines. 11 m'a affirmé d'abord que Tolède enlière ne renfermait pas un étoumeau pareil. Il m'a dit ensuite que les danses , les jeux , les fines collations au bord de l'eau , et plus encore les orgies et les excès quotidiens , avaient conduit don Claude à dissiper toute la fortune qu'il avait , et même celle qu'il n'avait pas. Enfin , votre jeune homme a été saigné jusqu'au blanc par les maquignons, les cabaretiers, les proxénètes et les donzelles. Que vous semble de ce rapport ?

DON LUIS

Oh ! j'y crois. Le gaillard est capable de tout.

DON MARTIN

Ma foi, j'admire votre sérénité.

Que voulez-vous ! Faut-il sonner le tocsin dans la maison?

DON MARTIN

Non; mais cependant. . .

DON LUIS

Jamais, mon frère, rien de ce qui m'arrive ne me surprend à l'improviste. Si c'est un bien, je m'en réjouis; si c'est un mal, j'en cherche le remède; et si le remède ne se découvre pas, je sais souffrir, et je souffre sans murmurer.

DON MARTIN

Des sentences, et encore des sentences! C'est le comble de l'érudition et de la sottise. Mais voici votre

418 LA FAUSSE DÉVOTK.

chère fille, la gentille Inès, Torgueil de son père!... Adieu !

( Il va pour sortir. }

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