ACTE m, SCÈNE X. Mi
sainte Thérèse en terre cuite, et finalement un couteau de poche ' .
DON CLAUDE
C'est très-bien... Mais que t'en senible, Périco? Faudra-t-il demain matin nous mettre en route ?
PÉRICO.
Oh ! mille fois non !
DON CLAUDE
Et si don Luis nous pousse Tépée dans les reins ?
PÉRICO.
On riposte par de bonnes paroles. On lui dit que c'est charmant, que l'idée est admirable , et que, ne l'eùt-il pas ordonné , on s'y serait préparé de soimême; bref, qu'aux premiers rayons de l'aurore on videra la maison.
Et après ?
PÉRICO.
Et après vous soupez ; vous souhaitez une excellente nuit à chacun, et vous gagnez votre couche. Mais , au moment où la famille entière est plongée dans le plus profond sommeil, vous vous trouvez subitement oppressé; vous êtes en transpiration, vous êtes pris de bâillements, de frissons, de nausées.
* Navaja, couteau pliant. — Les navajca^ dont ladimendoD varie depuis quelques pouces jusqu'à plusieurs pieds, portent également des devises. Une des plus fameuses est celle-ci :
Cuando esta vivora pica , Ao hay remédie en la boHca.
Vous qu*a piqués cette vipère.
Ne cherchez point d*apothlcaire.
( Voy. Théoph Gaotier, Foyage en Espagne.)
44>i LA FAUSSE DÉVOTE.
Alors je me lève, j'allume un bout de chandelleje fais un tapage infernal , et soudain toute la maison est en émoi. Que peut»il avoir? sont-ce des vapeurs? sont*ce des coliques? est-ce la fièvre tierce? Puis, aussitôt que Dieu aura permis au jour de poindre... c'est-à-dire sur les onze heures sonnées, vous vous sentez un peu mieux , vous mangez moins que rien, du bout des lèvres , et vous parlez d'une voix chevrotante. Là-dessus vous faites une bonne sieste; et enfin vous vous relevez , comme si le tout n'avait été qu'un jeu.
Périco, lorsque tu es là, je ne crains aucun danger.
PÉRICO.
Si cela vous est égal, tâchez donc de vous montrer aussi brave lorsque je serai parti ; car, il n'y a pas à plaisanter, il faut que je prenne la poste.
DON CLAUDE
Tant de hâte , mon bon I
PÉRICO.
De grandissime matin , c'est irrévocable. Rgurezvous, monsieur, que ce maudit commissionnaire du clottre me coupe le passage à chaque ruelle. Dame! s'il fait une seconde apparition céans, et me trouve au gtte , notre compte est réglé. Tout à rhcurc encore , je l'ai vu déboucher ici au coin. Le gaillard voulait déjà s'acheminer vers notre demeure : mais j'ai pu obtenir (et Dieu sait par quels frais d'éloquence et de mensonge) qu'il disparût en tournant les