‹ Les ComédiesChapitre 308 sur 405 · ACTE III, SCÈNR XIV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNR XIV

cette façon? Vous pleurez déjà mon père!... Or çà , combien pariez-vous qu'il sera enchanté ?

DON LUIS

Que dis-tu ? Est-ce que ta raison t'abandonne ?

DON CLAUDE

Je parle eu parfaite connaissance de cause, et je suis fatigué de m'entendre traiter de parricide pour une vétille. Mon père ! mais je mettrais ma main et ma tête au feu qu'il me donnera son approbation complète, et sa bénédiction par-dessus le marché ! Dieu me pardonne aussi. Mais ces messieurs ont l'air de me tancer comme un gamin. Écoutez ! tant que les choses marchent convenablement, je suis doux comme un mouton ; mais dès qu'elles se gâtent , la thèse change ! Vous vous imaginez peutêtre que je vais faire amende honorable, et vous implorer à deux genoux ? Ah bien oui ! Ne diraiton pasj[]ue, depuis que le monde est monde, semblable affaire ne s'est jamais vue?... Mais puisque je l'aime ! Et qu'y a-t-il là de si étrange ? Cela me fait plaisir de l'aimer, tiens ! Elle m'adore de son côté, la demoiselle. Partant nous sommes quittes, messieurs! Y voyez-vous clair maintenant?... La promesse de mariage est déjà rédigée ; et quoique don Martin brûle d'emprisonner sa fille dans un cloître, la jeune enfant ne désire point devenir religieuse. Elle ne veut être ni franciscaine, ni sœur de la Merci , ni dominicaine, ni sœur mendiante ; mais ce qu'elle veut ,

ce qu'elle a toujours voulu, c*est un bon mari, et elle s*e8t mariée avec moi !

DON MARTIN

Comment ! Qu'est-ce que c'est ? Que prétendezvous dire?

DON LUIS

Du calme , mon frère ! laissez-le parler jusqu'à la fin.

PÉDICO.

S'il plait à mon maître de vous débiter des contes bleus ; s'il rêve tout debout ! . . .

DON LUiS.

Tais-toi , drôle , ou je te fais sauter par la fenêtre. Délivre-nous de ta présence !

( Périco se retire d'nn air penand. ) DON CLAUDE.

Oh ! ce n'est que trop manifeste, messieurs. Je ne puis hasarder un pas sans qu'on me critique ou qu'on me cherche querelle. Mais si je vous jure que j'étais là bien tranquille , et que c'est elle qui Ta voulu? Que devais-je donc Éadre? m'endonnir sur le rôti? D'ailleurs, dans tout cela, il n'y a pas de quoi fouetter. . .

DON MARTIN

Mais, traître, je le demande comment...?

DON CLAUDE

Le comment serait beaucoup trop long à vous expliquer. Qu'il vous suffise de savoir que vous êles mon beau-père; car, en deux mots, vous l'êtes ! Et croyez-moi , don Martin , le mieux encore, c'est de

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