‹ Les ComédiesChapitre 315 sur 405 · DON DIÈGUE, SIMON · texte numérisé non relu

DON DIÈGUE, SIMON

( Don Diëgue sort de sa chambre. Simon, qui est assis sur une chaise, se lève à Taspect de son maître. )

Ëh bien ! ces dames ne. sont pas encore de retour ?

SIMON

Non, monsieur.

Elles ne se montrent guère avares de leurs moments.

SIMON

C'est que cette tante aime la petite d'un tel amour, à ce qu'il parait!... Et puis, la brave femme n'a pas vu sa nièce depuis l'époque où mademoiselle fut emmenée à Guadalaxara.

iOi LE OUI DES JEUNES FILLES.

DON DliGUE.

Sans doute. Je ne prétends nullement qu'il ne falliH point aller chez la tante en question; mais, avec une demi-heure de visite et quatre larmes, raffaire aurait pu être terminée.

SIMON

Il faut dire aussi ^ monsieur, que c*a été une singulière détermination de votre part , de vous enfermer comme cela pendant deux grands jours , sans sortir de Tauberge. Or, on se fatigue de lire, on salasse de dormir; mais ce qui fatigue encore bien plos, c'est la malpropreté des chambres , les chaises disloquées, les estampes de TEnfant prodigue, le bruit des clochettes et des grelots, Tharmonieuse conversation des charretiers et des campagnards; enfin , tout ce brouhaha qui ne vous laisse pas un instant de repos!

Ce que j'ai fait, mon garçon, je l'ai cru nécessaire. Ici tout le monde me connaît , et précisément je veux que nul ne m'aperçoive.

SIMON

Je cherche en vain le motif qui vous porte a vous cacher ainsi. Mais, monsieur, dans quelle entreprise êtes- vous donc lancé , si ce n'est que vous avez accompagné dona Irène jusqu'à Guadalaxara pour l'aider à tirer du couvent mademoiselle sa fille, et que maintenant nous sommes en train de les reconduire toutes deux à Madrid ?

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